Blanche Streb | Des cendres pour mieux lever les yeux
LE POINT DE VUE DE BLANCHE STREB | Ce Mercredi des Cendres, Blanche Streb revient sur la signification et les enjeux du Carême. Elle explore les différentes dimensions de ce temps liturgique, à la fois rassurant et rappel de la mortalité.
Blanche Streb © DRJe vois dans ces temps liturgiques du solide, du permanent, du rassurant, face à la déferlante des mauvaises nouvelles et des combats que traverse notre pays. En recevant cette poussière sur le front, on entendra cette parole : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle », ou peut-être celle-là : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ».
Un rappel de la mortalité : « l’espérance, par excellence »
Oui, la poussière nous redit que nous sommes mortels. Mais pas pour désespérer. La conscience de la mort transcende le désir de vivre. La conscience de la vie éternelle transcende le désir de mieux vivre, ou plutôt, de vivre mieux. Être mieux, au sens de meilleur, ici et maintenant. Le Carême, c’est une invitation à contempler notre vie d’aujourd’hui à l’aune de l’éternité. Un temps pour descendre en soi et pour lever les yeux. Pour se rappeler que si nous sommes attendus dans la vie éternelle, c’est bien que nous vivons une vie déjà éternelle. Ce futur qui redonne sens au présent : c’est l’espérance, par excellence.
Un chemin d’ascension, un renfort de l’amitié avec le Christ
Je vois la vie chrétienne comme une forme d’ascension. Faite de progrès, de chutes, de relèvements, d’ombres, de lumières, de joies et de doutes. D’états de grâce, d’états plus arides, voire vides. Mais la vie chrétienne, avant cela, c’est une histoire d’amitié avec le Christ et le Carême, un temps pour prendre soin de cette amitié.
Une privation choisie, un « désir du bien »
C’est surtout un temps pour creuser en nous un espace. Une place. Un temps pour choisir de changer quelque chose dans sa vie, par ces petites décisions intérieures qui peuvent adoucir nos cœurs, par ces manques choisis qui font grandir l’âme en simplicité, par ces petites libérations de ce qui nous encombre, par ce mal qu’on se donne pour faire le bien, par nos actes de résistance pour tenir à distance le futile ou le nuisible qui prend trop de place dans nos vies. Évidemment, sans naïveté, ce Carême ne supprimera pas totalement le mal en nous et autour de nous. Mais il peut fortifier ce qui le combat le mieux : le désir du bien. C’est un temps pour se tourner vers les vrais trésors, ceux qui ne passent pas. Et ça, ce n’est jamais sans joie.
Se tourner vers l’horizon de ces 40 jours et vers Pâques
On se tourne vers cette nouvelle des nouvelles que Jésus est vivant depuis 2026 ans, qu’il habite notre temps. Et qu’il nous appelle « mes amis ».


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h10, dans la matinale de Pierre-Hugues Dubois :
- Le lundi : Etienne Pépin, directeur de la rédaction de RCF Notre Dame ;
- Le mardi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mercredi : Laurent Landete, directeur général du Collège des Bernardins ;
- Le jeudi : Isabelle de Gaulmyn, présidente des Semaines sociales de France ;
- Le vendredi : Erwan Cloarec, président du Conseil national des évangéliques de France et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante.




