Aymeric Christensen | Entre deux canicules, où sont nos priorités ?
LE POINT DE VUE D'AYMERIC CHRISTENSEN - Après de nouveaux records de température en France, la question écologique revient dans le débat. Mais pour combien de temps ? Notre époque semble avoir bien du mal à se concentrer sur les enjeux majeurs pour notre avenir…
Aymeric Christensen ©DROn n’est pas bien, là ? Tranquilles. Dans la fraîcheur d’un entre-deux-canicules… Bientôt les vacances… Le déni nous va si bien ! Mais parlons tout de même de politique. Vous avez remarqué comme il a suffi qu’on étouffe sous la chaleur pour que toute notre impréparation au changement climatique nous saute aux yeux ? Comme, même sans un souffle de vent, les girouettes ont tourné à plein, avec tous ces politiques qui se sont soudain mis à réclamer ce qu’ils fustigeaient encore hier ? Est-ce qu’on s’empressera d’oublier, une fois l’été passé, que les alertes écologiques commencent à avoir des effets concrets, immédiats et mortels ? Ou est-ce qu’on finira enfin par réaliser à quel point cette question est l’un des enjeux majeurs pour notre avenir ?
L'Église en avance sur son temps ?
Force est de constater que, hors des périodes de canicules, l’écologie est rarement au centre du débat et de l’action publique… Et pour cause : sur ce sujet, il n’y a pas de gain politique à espérer à court terme. Et en plus, cela nécessiterait une mobilisation transpartisane. Autant dire qu’il y a peu de chances que ce soit un thème au premier plan de la campagne électorale à venir. Un peu comme – au hasard – l’intelligence artificielle. L’autre grand enjeu civilisationnel de notre temps, dont les conséquences humaines, sociales… et écologiques se font déjà sentir. Or, qui propose aujourd’hui une réflexion structurée, réaliste et à long terme sur cette révolution en cours ? C'est le pape...
Vous aurez noté qu’il n’est candidat à rien ! Cela dit, c’est intéressant : les deux encycliques qui ont eu le plus d’écho ces dernières années sont justement "Laudato si" et "Magnifica humanitas". Une sur la sauvegarde de notre maison commune, l’autre sur la protection de l’humanité à l’ère de l’IA. Pile les problèmes cruciaux de ce premier quart de siècle – la crème de la crème des signes des temps. Pas mal, quand même, pour une Église qu’on aime bien décrire comme déconnectée ou rétrograde !
Le jugement de l'Histoire
Parlons aussi de l’autre événement de la semaine : l’adoption en troisième lecture par l’Assemblée nationale de la loi sur l’euthanasie. L’Histoire retiendra peut-être qu’en ce début d’été 2026, tandis que le pays cuisait sous la canicule, le gouvernement et les parlementaires avaient pour priorité l’examen d’un texte pour légaliser l’administration de la mort. Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas un hasard de l’agenda, c’est bien l’aboutissement de choix politiques et collectifs. Les générations futures porteront certainement un jugement très sévère sur notre époque, qui aime tant elle-même juger les précédentes.


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h20, dans la matinale.
- Le lundi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mardi : Claire des Mesnards, pasteure de l'EPUdF et secrétaire exécutive du réseau européen chrétien pour l’environnement, et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante ;
- Le mercredi : Blanche Streb, essayiste, chroniqueuse, docteur en pharmacie, auteure de "Grâce à l’émerveillement" (éd. Salvator, 2023), "Éclats de vie" (éd. Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018), et Marie Wallaert de Lutte & Contemplation ;
- Le jeudi : Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille chrétienne, et Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de La Vie ;
- Le vendredi : Etienne Pépin, directeur des programmes de RCF et Radio Notre-Dame.




