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Antoine-Marie Izoard | Léon XIV : l'exigence de la vérité

Antoine-Marie Izoard | Léon XIV : l'exigence de la vérité

Un article rédigé par Antoine-Marie Izoard - RCF, le 16 avril 2026 - Modifié le 16 avril 2026
Point de vueAntoine-Marie Izoard | Léon XIV : l'exigence de la vérité

En pleine tournée africaine, le pape Léon XIV révèle une fermeté nouvelle face aux tensions du monde. Entre appels au pardon en Algérie et à l’intégrité au Cameroun, il s’affirme comme une voix libre, refusant autant les compromissions politiques que les justifications religieuses de la guerre. 

Antoine-Marie Izoard. Crédit: DRAntoine-Marie Izoard. Crédit: DR

Léon XIV, un pape qui sort de sa réserve

Depuis son élection, des observateurs critiquent l’apparente tranquillité de Léon XIV, sommé par les uns de s’inscrire plus résolument dans la réforme du pape François, enjoint par les autres de s’en démarquer radicalement. Son pontificat s’inscrit dans une histoire plus longue, et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa voix particulière s’affirme désormais, dans un contexte mondial tendu.



Arrivant lundi sur le sol algérien, Léon XIV a souhaité que ce grand pays d’Afrique du Nord fasse la paix avec son passé en cultivant le pardon et en guérissant sa mémoire, qu’il fasse la promotion d’une société civile « libre », qu’il trouve une voie entre la violence du fondamentalisme et la sécularisation qui ne nourrit pas. On est loin d’un discours consensuel.



Hier, arrivant au Cameroun, deuxième étape de son périple, il a invité les responsables politiques à « une conduite de vie intègre », dans un pays gangréné par la corruption et les magouilles. Là encore, on est loin de la langue de bois.

Une fermeté qui dérange jusqu’à Washington

La parole du pape est devenue de plus en plus ferme avec la guerre israélo-américaine en Iran. Et puis, le pape a assisté comme nous, parfois médusé, à la rhétorique américaine dans ce conflit. Sans compter cette scène surréaliste : le président Donald Trump, dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, entouré de pasteurs priant pour lui et les troupes américaines déployées au Moyen-Orient.



Alors, de même que Jean-Paul II s’opposa vigoureusement à ceux qui tuaient « au nom de Dieu » lors de l’expansion mondiale du terrorisme islamiste dans les années 1990 et au tournant du millénaire, Léon XIV refuse les justifications religieuses des conflits en cours, d’où qu’elles viennent d’ailleurs.
 Le pape, donc, hausse le ton : le dimanche des Rameaux, il a assuré que « Dieu n’entend pas les prières de ceux qui font la guerre », et cela vaut pour les chefs d’État comme pour les mollahs. Et samedi dernier, lors d’une prière pour la paix au Vatican, il a demandé avec force l’arrêt des conflits au nom de « l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ».


Donald Trump, qui était allé jusqu’à menacer d’anéantir « la civilisation iranienne », n’apprécie guère les rappels à la vérité évangélique lancés par son compatriote assis sur le trône de Pierre. Ces derniers jours, il s’en est pris directement à lui, assurant notamment qu’il n’était « pas un grand fan du pape Léon », qui serait « faible » en matière de lutte contre le crime, et « très progressiste ». Sans compter cette mise en scène incroyable, sur son réseau social, dans laquelle il s’est représenté en Christ sauvant l’humanité…


Le pape ne craint pas de hausser le ton mais refuse d’entrer en polémique. Dans l’avion qui le menait à Alger, il a répondu : « Le message de l’Église, mon message, c’est le message de l’Évangile : “Bienheureux les artisans de paix” ».

Il y a un an, on présentait Léon XIV comme le pape de l’apaisement. 

Cela ne sera certainement pas au détriment de la vérité. « Verum est id quod est », disait saint Augustin : le vrai, c’est ce qui est.
 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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