Antoine-Marie Izoard | Le Carême n'est pas une compétition
LE POINT DE VUE D’ANTOINE-MARIE IZOARD | Le 18 février, Mercredi des Cendres, marquait le début du Carême. À cette occasion, les propositions de parcours sont nombreuses, ce que Antoine-Marie Izoard, directeur de la Rédaction de Famille Chrétienne, appelle la « parcours-mania » !
Antoine-Marie Izoard © DRLes propositions de parcours de Carême pleuvent de partout : des communautés religieuses, des mouvements de spiritualité, des applications de prière, tout le monde s’y est mis ! Plusieurs de nos lecteurs ont réagi à la publication d’un article sur Virtus, un parcours proposé par la Fraternité Saint-Pierre, présenté comme « exigeant », fait d’engagements spirituels, de choix vertueux, d’efforts parfois astreignants. Les avis de nos lecteurs divergent sur le meilleur moyen de vivre le Carême, mais ils sont unanimes pour rappeler que l’on ne vit pas ce temps privilégié pour lui-même. Ces quarante jours ne sont pas un concours de gonflette ou une compétition sportive, mais les résolutions prises, quelles qu’elles soient, doivent permettre de nous rapprocher du Seigneur, et des autres.
« Un véritable programme de conversion »
Pourrions-nous prêter attention à un signe que nous faisons trop machinalement à chaque messe, et qui constitue pourtant un véritable programme de conversion ? Avant la proclamation de l’Évangile, nous marquons notre front, nos lèvres et notre poitrine d’une croix. Nous demandons ainsi à Dieu que sa Parole pénètre notre intelligence pour la comprendre, que notre bouche la proclame et que notre cœur l’aime pour vivre la radicalité évangélique. Alors ne traçons pas ces trois croix mécaniquement. En marquant notre front, puissions-nous nous imprégner des exhortations évangéliques du Christ qui nourrissent notre esprit et notre prière. En marquant nos lèvres, puissions-nous être encouragés à ne laisser sortir de notre bouche que des paroles de paix, pour jeûner de celles qui blessent. C’est ce que suggère Léon XIV dans son message de Carême : « Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies ». Mais il n’y a pas de jeûne sans miséricorde. En marquant notre poitrine, puissions-nous transformer la parole de Dieu en action concrète du cœur. Où peut donc aller notre élan du cœur cette année, tout particulièrement ? Les associations qui viennent en aide aux pauvres, aux personnes vulnérables, aux chrétiens persécutés, touchées par une baisse de la générosité des fidèles, attendent notre offrande, et pourquoi pas nos mains pour servir.
Des choix proches du Seigneur
Efforts de Carême, bonnes résolutions. Choisissons ce qui nous rapproche du Seigneur, avec fidélité, pour goûter à la bonne nouvelle de Pâques. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si, dans la liturgie, le temps de la joie pascale est plus long que celui, exigeant, qui nous mène à la plus grande solennité chrétienne.


Des chroniqueurs d'horizons variés nous livrent leur regard sur l'actualité chaque matin à 7h10, dans la matinale de Pierre-Hugues Dubois :
- Le lundi : Etienne Pépin, directeur de la rédaction de RCF Notre Dame ;
- Le mardi : Madeleine Vatel, journaliste au service foi & spiritualité de RCF ;
- Le mercredi : Laurent Landete, directeur général du Collège des Bernardins ;
- Le jeudi : Isabelle de Gaulmyn, présidente des Semaines sociales de France ;
- Le vendredi : Erwan Cloarec, président du Conseil national des évangéliques de France et Elisabeth Walbaum, déléguée à la vie spirituelle à la Fédération de l'Entraide Protestante.




