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Antoine-Marie Izoard | Fin de vie : continuer à convaincre

Antoine-Marie Izoard | Fin de vie : continuer à convaincre

Un article rédigé par Antoine-Marie Izoard - RCF, le 5 mars 2026 - Modifié le 5 mars 2026
Point de vueAntoine-Marie Izoard | Fin de vie : continuer à convaincre

LE POINT DE VUE D’ANTOINE-MARIE IZOARD | Le 25 février dernier, l’Assemblée nationale a voté en seconde lecture les deux volets du projet de loi sur la fin de vie. Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille Chrétienne, revient sur la rupture anthropologique que ce vote implique.

Antoine-Marie Izoard © DRAntoine-Marie Izoard © DR

S’il est bien légitime de s’inquiéter de l’embrasement du Moyen-Orient, il serait grave de passer à côté de la rupture anthropologique en cours dans notre société avec le vote en seconde lecture, la semaine dernière, à l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la fin de vie.

Les Français sont-ils « prêts » à accepter la loi sur la fin de vie ? 

Le risque, c’est d’abord de croire que, comme n’ont de cesse de rabâcher les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, les Français seraient « prêts ». Car, que l’on fasse confiance à un institut de sondage ou à un autre, et selon que l’on pose les questions aux Français en jouant sur l’émotion ou en termes clairs, les résultats ne sont pas du tout les mêmes !

Une prise de conscience en progression ?  

Quant aux parlementaires, ils semblent, eux aussi, de plus en plus partagés. Car si les députés ont bien adopté une proposition de loi très transgressive, c’est avec une majorité relativement ténue. Interpellés par leurs administrés et progressivement conscients de l’enjeu de leurs travaux, les députés sont désormais plus nombreux à s’interroger sur cette loi. En avril 2021, lors de la première proposition de loi, finalement bloquée, près de 80 % d’entre eux souhaitaient une « assistance médicalisée active à mourir ». Désormais, ils sont 53% à être favorables à « l’aide à mourir ».

Un écart de plus en plus faible

Il faut s’interroger devant l’augmentation constante du nombre de députés qui s’opposent à cette loi, dont des abstentionnistes passés dans le camp des opposants. « Une question aussi essentielle, qui engage la conception même de la dignité humaine et du rôle de la médecine, ne peut être tranchée à une majorité aussi fragile sans laisser subsister un malaise démocratique profond », affirment les évêques de France. 

Ce malaise est tenace, notamment parce que les partisans de la loi ont galvaudé le mot « dignité ». Celle-ci se jauge à la façon dont on traite la vie des plus vulnérables, pas à la manière dont on tenterait de les achever. « Notre société a choisi d’organiser la mort plutôt que d’organiser le soin », a déploré sur son compte X Louis Bouffard, cofondateur de l’association Les Éligibles, que l’on retrouve cette semaine dans notre dossier sur les aidants familiaux. Face à la souffrance, nous n’aurions donc plus rien d’autre à proposer que la mort administrée, « c’est un aveu d’échec », déplore encore ce jeune homme atteint d’une maladie dégénérative.

Un dernier espoir ? 

Fort de la fracture de plus en plus grande au sein de l’opinion, il me parait possible de convaincre encore des députés et sénateurs. Le texte reviendra au palais du Luxembourg en seconde lecture fin mars et début avril. Les sénateurs examineront ainsi la loi… en pleine Semaine sainte. Alors que le processus parlementaire, complexe, pourrait faire le jeu des partisans de cette loi mortifère, il faut souhaiter que les sénateurs soient bien inspirés de vider le projet de loi de sa substance en excluant toute forme d’exception à l’interdit de tuer.

©RCF Notre Dame
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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