JavaScript is required
Accueil
Antoine-Marie Izoard | Fin de vie : au Sénat, un coup d’arrêt qui ne dit pas son dernier mot

Antoine-Marie Izoard | Fin de vie : au Sénat, un coup d’arrêt qui ne dit pas son dernier mot

Un article rédigé par Colombe Vissac - RCF, le 22 janvier 2026 - Modifié le 22 janvier 2026
Point de vueAntoine-Marie Izoard | Aide à mourir : le Sénat dit non

Le rejet par le Sénat d’un article clé de la proposition de loi sur la fin de vie a suscité l’espoir chez les défenseurs de la vie. Pour Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille Chrétienne, cette victoire reste toutefois fragile, tant le débat demeure ouvert et les équilibres parlementaires instables.

Antoine-Marie Izoard © DRAntoine-Marie Izoard © DR

Un revers inattendu pour l’« aide à mourir »

Coup de théâtre hier soir au Palais du Luxembourg : les sénateurs ont rejeté l’article 4 de la proposition de loi sur l’aide à mourir qui entérinait le principe d’une euthanasie et d’un suicide assisté. C’est une victoire pour les défenseurs de la vie qui s’opposent à cette rupture anthropologique majeure qui consisterait à installer dans la loi un droit de tuer.

Ce résultat est assez inattendu, d’autant que les sénateurs de la commission préparatoire avaient opéré un tour de passe-passe sémantique, transformant « l’aide à mourir » en « assistance médicale à mourir ». Ils avaient installé une grande confusion car cette formulation assimilait un acte létal à la pratique d’un soin. Or, à l’évidence, tuer, ce n’est pas soigner.

En attendant, ce qui est vraiment mort hier soir, mais provisoirement, c’est la proposition de loi, car ses opposants ont remporté une autre victoire. Ils sont parvenus à faire adopter un amendement sur la reconnaissance explicite d’un droit opposable au meilleur soulagement « sans qu’aucune intervention volontaire ait pour intention de provoquer la mort ».

Une bataille parlementaire et éthique encore ouverte

Pour autant, après ce passage au Sénat, la loi n’a pas dit son dernier mot…

En effet, le rejet hier soir d’un article crucial du projet de loi est bien sûr dû à ses opposants, le plus souvent à droite et au centre de l’échiquier politique… mais cela n’aurait pu advenir sans le vote des socialistes pour qui, bien au contraire, ce texte n’était pas assez permissif, car ils souhaitent ouvrir le suicide assisté et l’euthanasie aux patients « en phase avancée » d’une maladie, avec encore plusieurs mois à vivre, et non seulement en fin de vie. Et puis, le Sénat n’est qu’une étape intermédiaire de la navette parlementaire. Le texte va revenir à l’Assemblée, il sera retravaillé.

Que retenir de cet épisode ?

Cela démontre bien qu’il n’y a pas de consensus sur ce texte, sur un sujet si important. Les lignes peuvent encore bouger.

Les parlementaires entendront-ils les évêques de France pour qui, en parlant « d’aide à mourir », on « détourne les mots de leur véritable sens pour mieux anesthésier les consciences » ? 

Entendront-ils Léon XIV, encore récemment devant l’ensemble du corps diplomatique, demander aux États de proposer « des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs […] plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie » ?

Et puis, parce que certains estimeront toujours que les catholiques sont archaïques et dépassés, entendront-ils l’inquiétude de nombreux médecins qui refusent de devoir un jour réaliser une injection létale alors qu’ils ont prêté serment de sauver des vies, et non de tuer ? 

Entendront-ils tant de personnes malades ou en situation de handicap s’inquiéter d’être seulement considérées comme une charge par une société qui ne leur accorderait plus de place et les pousserait au suicide ?

 Je vous le demande ce matin : qui est prêt à abandonner la loi du plus fort pour écouter la voix du plus faible ?

 

 

©RCF Notre Dame
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Point de vue
©RCF Notre Dame
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.