Vianney Froment : entreprendre dans les énergies renouvelables au nom du bien commun
Ingénieur de formation devenu entrepreneur, Vianney Froment accompagne les agriculteurs dans la mise en place d’unités de méthanisation. Avec Ténéa Énergies, il transforme déchets agricoles en biogaz et digestat, alliant économie, écologie et réflexion sur le bien commun inspirée par sa foi chrétienne.
Ténéa Energies, un modèle qui allie innovation, économie locale et engagement chrétien pour le bien commun © GrandboutTransformer un coût en ressource, un déchet en énergie, une contrainte en opportunité. Voilà l’équation que Vianney Froment résout avec Ténéa Énergies. Associé de cette jeune entreprise spécialisée dans la méthanisation agricole, il accompagne des exploitants qui souhaitent valoriser effluents d’élevage et résidus de culture pour produire du biogaz et un engrais naturel.
Ténéa Énergies est née du rapprochement entre deux expertises : le photovoltaïque, avec Ténergie, et l’accompagnement du monde agricole, via Homea. L’ambition est claire : bâtir un modèle vertueux, économiquement viable et écologiquement cohérent. Sur chaque exploitation, une unité de méthanisation transforme la matière organique en deux produits : du digestat, réutilisé dans les champs, et du biogaz, injecté dans le réseau ou converti en électricité et chaleur.
"Les agriculteurs que nous accompagnons y voient un levier concret", explique Vianney Froment. Réduction des coûts d’épandage, baisse des achats d’engrais industriels, diversification des revenus : dans un contexte agricole sous tension, la méthanisation offre une bouffée d’oxygène. En février 2026, Ténéa a franchi une étape clé avec l’injection de ses premières molécules de biogaz sur le réseau GRDF. L’entreprise compte aujourd’hui 34 salariés et quatre associés, et s’appuie sur les moyens techniques de Ténergie pour soutenir sa croissance.
Croissance et responsabilité
Ingénieur de formation, Vianney Froment ne se destinait pas aux énergies renouvelables. Attiré par l’industrie mécanique, il bifurque à la fin des années 2000, convaincu qu’un nouveau cycle énergétique s’ouvre. La méthanisation devient son terrain d’action à partir de 2017-2018.
Mais pour ce dirigeant, la performance économique ne suffit pas. Membre des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) depuis plus de dix ans, il revendique une vision de l’entreprise inspirée par la pensée sociale de l’Église : recherche du bien commun, juste rémunération, attention aux personnes et subsidiarité.
"Le rôle d’un dirigeant est de faire grandir ses équipes et de les associer aux décisions au bon niveau", explique-t-il. Déléguer, responsabiliser, faire monter en compétence : un choix managérial exigeant, mais qu’il juge plus fécond à long terme.
L’engagement spirituel ne reste pas théorique. En 2015, confronté à des difficultés sur deux marchés, il doit se résoudre à des licenciements pour sauver l’entreprise. "Une des décisions les plus difficiles de ma vie professionnelle." Les EDC deviennent alors un espace de discernement. "Cela m’a aidé à rester juste, à garder une dimension humaine dans une procédure qui peut être très dure." Sur son bureau, une statue de saint Yves, patron de la justice, rappelle cette quête d’équilibre.
Entreprendre autrement
À l’heure où la transition énergétique s’accélère, Ténéa défend un modèle ancré dans les territoires : énergie locale, circuits courts, soutien au monde agricole. Une économie productive, mais enracinée.
"L’entreprise peut être un outil au service du bien commun", résume Vianney Froment. À condition d’accepter que la réussite ne se mesure pas seulement en mégawatts produits ou en euros, mais aussi en impacts humains et territoriaux.
Entre croissance et conscience, il revendique une ligne de crête : entreprendre, oui, mais pas à n’importe quel prix.


Analyser la vie économique de la région avec les acteurs de terrain, c'est le but de cette émission. Entrepreneurs, associations et organismes professionnels, élus, ils sont tous dans Eco Mag 34. En plus, retrouvez Marie Olivarès et Anne-Sophie Calais chaque quatrième samedi du mois autour d’un entretien inspirant avec un membre des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens Languedoc-Roussillon.





