Urgences vétérinaires : comment expliquer la hausse des consultations au printemps ?
Chien, chat, lapin ou encore poisson, près de 6 français sur 10 possèdent au moins un animal de compagnie, un chiffre en progression. Et lorsque les beaux jours arrivent, les urgences vétérinaires ne désemplissent pas. Reportage dans le plus grand centre hospitalier vétérinaire de la région, celui de Saint-Martin, à Allonzier-la-Caille. Cette structure de pointe, qui s'étend sur 6 000 mètres carrés, est doté d'un service d’urgences opérationnel 24 heures sur 24 et compte 62 vétérinaires.
Au printemps, les urgences vétérinaires à Saint-Martin augmentent de 26% par rapport à l'hiver. ©Anaïs Binghinotto/ RCF Savoie Mont-BlancLe bruit du téléphone retentit et les appels s’enchaînent au standard du CHV Saint-Martin. Lorsque les propriétaires constatent un comportement inhabituel de leur animal, ils appellent directement la clinique ou composent le 3115, le numéro des urgences vétérinaires. Et c’est ici que sont transférés les appels. À 15h, en semaine, elles sont deux secrétaires à répondre au téléphone, qui peut sonner plus de 200 fois par jour. “Quand on a une urgence au téléphone, on essaye d’aller vite”, décrit Séverine Pecci. “On prend les éléments essentiels, on pose des questions, si c’est un chat ou un chien, ce qu’il s’est passé, dans quel état il se trouve.” Elle relate sa dernière conversation téléphonique, qui avait pour motif “un chat qui est tombé de plusieurs étages du haut d’un balcon”, un accident fréquent lorsque les beaux jours arrivent.
Au cœur des urgences vétérinaires
Après cette première prise de contact, les propriétaires amènent leur animal et patientent quelques minutes, voire plusieurs heures en fonction de leur état de santé. Lorsque leur tour vient, les urgentistes comme le Docteur Zia Zwiller prennent le relais. Elle accueille l’animal, le stabilise s’il a besoin de soins immédiats, comme une aide pour respirer s’il est en détresse respiratoire. Ensuite, le docteur va effectuer des examens complémentaires pour trouver l’anomalie, elle va solliciter l’avis de plusieurs spécialistes en fonction du problème et enfin, elle doit organiser et réaliser une chirurgie si besoin.
On se doit de tenir informés les propriétaires le plus vite possible
À savoir que la facture des consultations peut être salée, jusqu’à plusieurs milliers d’euros. Privilégiez votre vétérinaire référent, avant d'appeler les urgences.
Des conseils pour aborder la saison printanière
Chenilles processionnaires, tiques, petites bêtes… En ce moment, les interventions augmentent fortement. Sur l'année 2024-2025, à la clinique vétérinaire, le nombre d'urgences en moyenne par mois est passé de 438 en hiver à 555 au printemps, soit une hausse de 26%.
Les propriétaires sont donc amenés à rester vigilants, à domicile ou à l’extérieur. Leila Hocine, co-responsable du service d’urgence et de soins intensifs au CHV Saint-Martin donne quelques conseils aux propriétaires. Elle rappelle que “les chats ne retombent pas toujours sur leurs pattes et qu'il est important de sécuriser les fenêtres et les balcons d’appartement avec des filets de sécurité adaptés”. Stériliser les animaux réduit également les risques d’accident, selon le docteur, qui indique que “non stérilisés, les chats vont avoir tendance à avoir un territoire plus grand et les mâles vont davantage se battre. Les chiens quant-à-eux, ont plus tendance à fuguer”.
Les risques liés à la nature vont aussi de pair avec le début du printemps. Le vétérinaire recommande de brosser les animaux après chaque balade et de bien vérifier s’il n’a pas de tique ou d’épillet caché dans ses poils, particulièrement au niveau des yeux, du nez et entre les doigts. Les propriétaires peuvent protéger les animaux des tiques, en amont, en utilisant des traitements spécifiques. Pour ce qui est des chenilles processionnaires, il faut rappeler son animal dès qu’on en voit, souvent présentes sous les pins. Leila Hocine précise qu’il “ne faut pas taper dessus pour s’en débarrasser, car les poils urticants peuvent voler et toucher d’autres zones de l’animal. Il faut plutôt faire appel à un professionnel”.
Le CHV Saint-Martin est le plus gros de la région savoyarde. Il fait partie des 16 CHV qui existent e France. ©Anaïs Binghinotto/RCF Savoie Mont-Blanc
120 personnes travaillent au Centre hospitalier vétérinaire de Saint-Martin. ©Anaïs Binghinotto/RCF Savoie Mont-Blanc
Une des tables d'opération où les urgentistes procèdent. ©Anaïs Binghinotto/RCF Savoie Mont-Blanc
Opéré en urgence, un chien de 10 ans s'est fait opéré par le docteur Zia Zwiller. ©Anaïs Binghinotto/RCF Savoie Mont-Blanc

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