Reconditionnement de jouets en prison : la seconde main pour une seconde chance
Jacques Grimont est le cofondateur de Yoti, une start-up de reconditionnement de jouets par des détenus. En activité dans la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy dans les Yvelines, le but de Yoti est de d’offrir une seconde chance aux détenus. De fait, la réparation de jouets leur permet l’apprentissage d’un métier pour préparer leur réinsertion, et les forme à la rigueur du travail.
©Freepik“Il y a tout un sens à ce que des personnes détenues qui n’ont pas forcément d’emploi quand ils rentrent en détention [...], se préparent à la rigueur du travail” commence Jacques Grimont. La participation aux ateliers proposés par Yoti représente ainsi une vraie opportunité aux détenus : “travailler en détention c’est une chance puisqu’il n’y a pas assez de travail par rapport à la demande”. En effet, au-delà de la rigueur et la minutie du travail que cela leur inculque, les détenus bénéficient également d’un salaire. Deux éléments qui leur permettent de préparer au mieux leur réinsertion : “ils se mettent en marche pour préparer la sortie et donc bénéficient souvent d’un aménagement de peine”.
Concrètement, des collectes de jouets sont organisées à l’extérieur de la prison. Ceux-ci sont ensuite transportés jusqu’à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, où ils sont réparés par les détenus. Selon les jouets, "on ne reconditionne pas de la même manière", précise le cofondateur de la start-up. Prenant l’exemple des jeux de société, il décrit un processus comprenant la vérification de la complétude du jeu, son nettoyage, une série de photos, puis la mise en ligne d’une annonce de vente. "Tout est fait depuis l’atelier, y compris l’expédition des commandes", affirme Jacques Grimont. Toutefois, si Yoti reconditionne une grande variété de jouets, certains objets restent interdits : les armes factices et les faux téléphones ne sont pas autorisés dans les ateliers. En somme, "tout ce qui est interdit en détention l’est aussi en mode jouet".
Quant aux relations entre Yoti et les détenus, "c’est d’abord une relation contractuelle". En effet, les prisonniers sont employés et salariés par la start-up. Cependant, ils bénéficient aussi d’un accompagnement, ce qui permet de maintenir "une relation relativement honnête et franche", selon Jacques Grimont. À leur sortie, l’idéal est d’obtenir un aménagement de peine "qui permet une sortie organisée, progressive". Après leur libération, le cofondateur continue de suivre ses anciens employés : "on va les suivre encore 6 mois pendant leur parcours de réinsertion professionnelle".


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