Numérique et environnement : comment nos usages du quotidien pèsent de plus en plus lourd ?
Jérôme Batte, DPO certifié chez Opt-On, revient sur un enjeu encore trop peu connu : l’empreinte environnementale du numérique. Après avoir évoqué lors du précédent épisode la consommation énergétique des infrastructures et l’impact croissant de l’intelligence artificielle, il s’intéresse cette fois aux comportements des utilisateurs.
Empreinte numérique Une explosion de la consommation de données causée par l’usage quotidien
En quinze ans, la consommation de données d’un utilisateur occidental a été multipliée par 38. Une évolution portée par les usages quotidiens : streaming musical et vidéo, réseaux sociaux, visioconférences, GPS ou encore télévision connectée. Derrière ces gestes anodins se cache une réalité technique bien concrète. Écouter de la musique en streaming consomme environ 40 à 50 mégabits par heure. Les appels via WhatsApp ou FaceTime atteignent environ 200 mégabits. Le réseau social TikTok apparaît même comme l’un des plus gourmands, avec une consommation pouvant atteindre 800 mégabits par heure.
Des usages massifs et souvent inconscients du numérique
Selon Médiamétrie, les Français passent en moyenne plus de 4 heures par jour devant des contenus vidéo. Une consommation qui bascule de plus en plus vers le streaming à la demande, au détriment de la télévision linéaire traditionnelle. Cette évolution, combinée à la montée en qualité des images (HD, 4K, et bientôt 8K), augmente fortement la sollicitation des serveurs et des data centers. Même le GPS, pourtant perçu comme un service léger, contribue à cette consommation, avec un usage pouvant aller de 0,5 à 2,5 mégabits par heure.
L’e-mail, un impact sous-estimé
Autre geste du quotidien souvent négligé : l’envoi de mails. Les chiffres présentés par Jérôme Batt sont parlants. Un simple e-mail sans pièce jointe peut représenter l’équivalent de 1 300 litres d’eau consommée (via l’énergie nécessaire aux infrastructures) sur une semaine d’usage modéré. Avec une pièce jointe de 5 Mo, ce chiffre peut grimper à 43 000 litres. Le poids vient surtout des duplications inutiles, des réponses multiples et des pièces jointes renvoyées en boucle.
Des gestes simples pour réduire le poids sur l’environnement
Face à cette empreinte invisible mais bien réelle, plusieurs éco-gestes sont proposés : privilégier le Wi-Fi à la 4G/5G, réduire la qualité vidéo lorsque ce n’est pas nécessaire, limiter les pièces jointes dans les mails, éviter les destinataires inutiles en copie, allonger la durée de vie des appareils et favoriser la réparation et recycler les équipements électroniques. Jérôme Batt insiste également sur la responsabilité des usages numériques professionnels et personnels, mais aussi sur la conception des services numériques eux-mêmes, qui peuvent être optimisés pour consommer moins de ressources.


Nos vies sont de plus en plus connectées : achats en ligne, réseaux sociaux, télétravail, streaming… Mais savons-nous vraiment comment nos données personnelles circulent et comment les protéger ? Dans cette émission, Jérôme Batte nous guide à travers les bonnes pratiques pour sécuriser nos informations : choix des mots de passe, vigilance face aux arnaques numériques, sauvegardes, mises à jour, et utilisation d’outils comme le VPN. Ensemble, nous verrons que protéger ses données, c’est aussi protéger sa vie privée et sa liberté.
