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Moselle : un nouveau lien stratégique entre entreprises et Armées pour anticiper les crises

Moselle : un nouveau lien stratégique entre entreprises et Armées pour anticiper les crises

Un article rédigé par Cédric Rouillon - RCF Jerico Moselle, le 2 mars 2026 - Modifié le 3 mars 2026
Focus en MoselleUn comité de liaison entre les entreprises de Moselle et les Armées en Moselle

À l’heure où les tensions géopolitiques se multiplient, l’Union des Entreprises de Moselle (UE57) a lancé le 2 mars à Metz un "comité de liaison défense et sécurité" (CLD 57) destiné à rapprocher les entreprises mosellanes des Armées et des forces de sécurité intérieure, afin de mieux préparer le tissu économique aux chocs à venir et aux exigences d’une économie de guerre potentielle. Rencontre avec le lieutenant-colonel Tanguy De Brosse, officier référent « monde économique », qui coordonne des dispositifs semblables dans 6 régions françaises.

Lancement du comité de liaison défense et sécurité MoselleLancement du comité de liaison défense et sécurité Moselle

Dans un contexte international marqué par l’incertitude, les entreprises mosellanes pourraient faire face à des risques de rupture d’activité, de cyberattaque ou de désorganisation de leurs chaînes d’approvisionnement. Elles peuvent également devenir une ressource, et c'est pour les aider à passer d’une logique de réaction à une démarche d’anticipation que l’UE57 a lancé à Metz son comité de liaison défense et sécurité.

Structurer le dialogue entre Armées et monde économique


Ce comité s’inscrit dans le dispositif national de comités de liaison défense porté par le MEDEF, que le lieutenant-colonel De Brosse, officier référent « monde économique », est chargé d’animer au niveau national. Militaire d’active mis à disposition du MEDEF, il rappelle que « les armées et le monde économique, notamment via le MEDEF, entretiennent des relations très fermes depuis des années », fondées à la fois sur la cohésion nationale et sur des enjeux plus économiques.

Sur le volet cohésion, il souligne que « les armées travaillent sur la réserve opérationnelle, la réinsertion des blessés, la reconversion des militaires qui quittent l’institution, l’emploi des conjoints et l'acculturation réciproque », afin de consolider le lien armée–nation. Sur le plan économique, l’objectif est de « créer une relation gagnant-gagnant entre les entreprises et les armées » et d’amener les entreprises à réfléchir à la manière dont elles peuvent se préparer à « une montée en gamme de l’effort de défense » voire, dans un cas « que l’on espère ne jamais voir arriver », à « la mise en application d’une économie de guerre ».

En Moselle, ce nouveau comité ne part pas de zéro : le lieutenant-colonel De Brosse rappelle que « le dialogue entre les entreprises et les armées existait bien avant l’inauguration » de ce CLD 57, et que la démarche vise surtout à « structurer l’existant ». L’enjeu est de donner aux Armées, à la Direction générale de l’armement et aux autres services de l’État des interlocuteurs clairement identifiés côté entreprises, et de permettre à des PME éloignées a priori des marchés de la défense de comprendre « quel genre de marchés » sont passés, qui « ne concernent pas que des chars », mais aussi l’entretien d’espaces verts, la plomberie ou l’habillement.

Des référents dédiés pour la défense et la sécurité


Pour assurer le relais opérationnel, Philippe Goisnard, entrepreneur et ancien commandant en second du 3ᵉ régiment d’hélicoptères de combat d’Étain, a été désigné référent défense entre l’UE57 et les Armées. À ses côtés, Jean-Philippe Brechon, dirigeant du groupe LORWEB et réserviste de la Gendarmerie, prend la responsabilité du comité sécurité et du développement des relations avec la Gendarmerie, la Police nationale et le SDIS, afin de couvrir l’ensemble du champ sécurité–crise au service des chefs d’entreprise.

Pour le lieutenant-colonel De Brosse, la dynamique locale est déjà bien engagée : « le nombre de participants à cet événement est assez marquant, on ne s’attendait pas à avoir autant de monde », observe-t-il, en soulignant que « quand les armées vont parler avec les entreprises dans les territoires, il y a tout de suite quelque chose qui accroche ». Il insiste enfin sur la nécessité, pour les entreprises, de se préparer au pire scénario, en appliquant l’adage « si vis pacem, para bellum » : « j'invite les entreprise à se préparer au pire, et si jamais cela arrivait, elles seraient préparées ».

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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