Michaël Opdenacker, un ingénieur informaticien collaboratif
Michaël Opdenacker est un ingénieur informatique spécialisé dans les systèmes informatiques embarqués. Son savoir-faire le mène à intervenir auprès de divers professionnels voulant connecter leur produit à un système informatique, que ce soit un drone, une machine à café, une caméra médicale... Il nous fait découvrir son univers qui peut sembler froid, technique voire même incompréhensible mais que lui vit comme métier de la rencontre et du service.
image libre de droits issue de freepick.comCe qu'il faut retenir :
- système informatique open source Linux
- systèmes informatiques embarqués
Découvrir l'ordinateur par un livre
Il est de la génération de ceux qui étaient collégiens quand l'ordinateur est timidement entré dans nos maisons. Lui n'en avait pas. C'est la lecture d'un livre emprunté à la bibliothèque qui enthousiasma son esprit logique. Grâce à un codage basique, le jeune de collégien comprit que l'on pouvait organiser des données et leurs interrelations pour les rendre lisibles, accessibles et utilisables. Comme un mécanisme abstrait, ses premières lignes de code furent rédigées sur un simple bout de papier. Cet exercice mental fut le premier pas de sa formation informatique.
... pour en faire son métier
Autodidacte sur son premier PC domestique et titulaire d'un bac dit « C » (maths, physique, chimie), il s'orienta vers une prépa « Maths sup/ Maths Spé » avant d'intégrer l’ENSIMAG (École Nationale Supérieure d'Informatique et Maths Appliquées de Grenoble).
Après cinq années de formation à divers codes informatiques, Michaël se laissa tenter par la voie logique universitaire, celle d'un DEA (Diplôme d’Études Avancées), première marche vers la recherche. La pensée d'un chercheur manipule des concepts très abstraits et pointus afin de créer ce qui n'existe pas encore ou de comprendre ce qu’on n’explique pas encore. Notre invité, très peu attiré par cet exercice, préféra mettre ses compétences au service de ceux qui en avaient besoin.
Un premier poste d'ingénieur dans la plus grande entreprise de fabrication de puces électroniques révéla son goût pour la programmation d'objets connectés.
Curieux et autodidacte, à côté des objectifs de son emploi, Michaël poursuivit ses propres recherches de développement de systèmes informatiques. La collaboration internationale d’informaticiens échangeant leurs réflexions à propos d’un système informatique libre de droits et adaptable à différents équipements (Linux) lui ouvrit un champ des possibles plus que réjouissant. Seul derrière son écran, il partageait son savoir avec un réseau de nombreux passionnés convaincus que l’entraide enrichit plus la recherche que la volonté de garder secrètes ses découvertes. Cette dimension humaniste le touchait profondément et depuis, il ne cesse de nourrir ce réseau de ses propres participations et conférences.
« Les découvertes des uns enrichissent la recherche des autres, qui à leur tour, viendront enrichir le savoir commun. »
... et choisir de créer son entreprise
Ses connaissances de Linux grandissantes, il décida de créer sa première entreprise proposant des systèmes embarqués qu'il pouvait adapter aux demandes spécifiques de clients spécialisés dans leurs professions. Loin de lui le projet de se rendre indispensable à ses clients. Il ne conçoit pas son intervention comme une vente de produit protégé ni comme une aliénation technique. Il préfère installer un système accessible à d'autres potentiels informaticiens et accompagner ses clients vers une gestion autonome de leur système. Idée florissante, puisque Michaël gérait une quinzaine d’informaticiens pour répondre à ses nombreuses commandes !
Sa seconde entreprise, Root Commit, n'est pas la réalisation d'une réorientation de son domaine d'intervention. Elle est simplement la concrétisation d'une envie de revenir aux cœurs des projets de programmation, là où son statut de chef d'entreprise était devenu un travail de gestion.
Conseils pour choisir cette voie professionnelle
Passionné par son activité, il conseille le domaine de l'informatique aux étudiants qui possèdent un esprit logique, une rigueur de travail, mais aussi une curiosité pour d'autres univers professionnels, ainsi qu'une capacité d'écoute et de compréhension des besoins de l'autre.
Au-delà de ce profil idéal, la question de l'arrivée de l'IA engendre un doute quant à l'avenir du métier. Pour notre invité, il est évident que la nouvelle génération d'étudiants ne devra pas déléguer sa réflexion à cet outil révolutionnaire et facile à solliciter ni renoncer aux efforts de mémoire. Selon lui, dans quelque temps, l'enthousiasme actuel à faire traiter la question informatique par l'IA devra se confronter à une « dette technique ». Seuls des informaticiens aguerris pourront remédier à cet état de délabrement numérique causé par une accumulation désorganisée, lourde et fragile de codes informatiques créés par une IA qui aura répondu ponctuellement à des demandes de commanditaires non outillés pour l’univers du numérique. Pour remédier à cette crise, il leur faudra une solide culture informatique et technique.
Dans l'émission suivante, notre invité reviendra sur la question de l'IA et de la richesse de la communauté Linux


L'orientation scolaire a ses codes, ses techniques, son vocabulaire. Catherine Esquer, praticienne en orientation chez Avenir Factory décortique avec ses invités, tous les mots clés pour mieux préparer l'avenir.


