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« L'intelligence artificielle doit rester au service de l'humain » Valentin Rambault

« L'intelligence artificielle doit rester au service de l'humain » Valentin Rambault

Un article rédigé par Thomas Cauchebrais - RCF Anjou, le 23 juin 2026 - Modifié le 28 juin 2026
Le grand entretien« L’IA doit être au service de l’humain et non l’inverse » Valentin Rambault

Alors que l'intelligence artificielle s'impose dans tous les secteurs de la société, Valentin Rambault, chef d'entreprise angevin et spécialiste des enjeux du numérique, appelle à ne pas céder aux peurs tout en rappelant la nécessité de préserver le discernement humain. Pour lui, l'IA constitue une révolution industrielle comparable à l'arrivée d'Internet, mais elle ne remplacera jamais « la conscience, l'amour, le doute ou la foi ».

Valentin RambaultValentin Rambault

L'intelligence artificielle est-elle une menace ou une formidable opportunité ? Pour Valentin Rambault, chef d'entreprise angevin spécialisé dans les solutions juridiques intégrant l'IA, la réponse est claire : « C'est un outil créé par l'homme, pour l'homme. L'intelligence artificielle doit être au service de l'humain et non l'inverse. »

Invité du Grand Entretien sur RCF Anjou, il estime que nous assistons à « la sixième révolution industrielle », une transformation profonde qui bouleverse déjà les entreprises, les administrations et le quotidien des Français.

« Jamais une technologie n'avait été adoptée aussi vite dans l'histoire de l'humanité », rappelle-t-il. Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, l'intelligence artificielle est devenue accessible à tous. « Elle n'est plus réservée à une caste d'ingénieurs ou de chercheurs. Elle est désormais à portée du clavier et de la voix. »

Une nouvelle fracture numérique

Pour Valentin Rambault, le véritable risque ne réside pas dans la technologie elle-même mais dans le retard que pourraient prendre ceux qui refuseraient de s'en emparer.

« Celles et ceux qui ne prendront pas le tournant de l'intelligence artificielle, ou au moins de son usage raisonné, seront en marge d'une société de progrès. »

Contrairement à certaines idées reçues, il ne pense pas que les personnes âgées soient les plus en difficulté face à ces nouveaux outils.

« L'intelligence artificielle est beaucoup plus simple d'utilisation que les technologies précédentes. J'ai une maman de plus de 70 ans qui utilise ChatGPT pour ses recettes de cuisine ou pour poser diverses questions. »

Des métiers transformés, mais pas supprimés

L'intelligence artificielle modifiera profondément le monde du travail, reconnaît-il. Les métiers intellectuels seront particulièrement concernés, mais ils ne disparaîtront pas pour autant.

« La question n'est pas de savoir si l'IA va voler nos métiers. Elle est mal posée. Les professionnels devront apporter ce supplément d'âme que la machine n'aura jamais. »

Il cite notamment les professions juridiques, médicales ou de conseil.

« Le médecin de demain ne sera plus seulement celui qui détient l'information, mais celui qui sait la contextualiser, la nuancer et prendre une décision. »

L'IA peut déjà détecter certains cancers avec une précision supérieure à celle de l'œil humain. « Mais ce n'est pas elle qui annoncera à un patient qu'il est malade. Pour cela, il faut de l'humain. »

Selon lui, cette révolution créera également de nouveaux emplois.

« Il faudra des analystes, des spécialistes des données, des ingénieurs, des consultants… L'intelligence artificielle représente potentiellement un million d'emplois en France. »

Ne jamais renoncer à son esprit critique

Le principal danger réside davantage dans l'usage que dans la technologie elle-même.

« L'intelligence artificielle est aussi capable de produire des fake news. Il faut apprendre à distinguer une bonne réponse d'une réponse simplement convaincante. »

L'entrepreneur rappelle que certains outils inventent encore des références juridiques inexistantes.

« De nombreux avocats ont constaté que les jurisprudences proposées par ChatGPT étaient totalement fausses. Cela montre qu'il faut toujours garder un regard critique. »

À ses yeux, le discernement humain demeure irremplaçable.

« Il faut être capable de faire un pas de côté, d'analyser les réponses de la machine et de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie. »

L'éducation restera une affaire d'humains

L'une de ses principales inquiétudes concerne le risque de voir les nouvelles générations déléguer leur réflexion aux machines.

Mais là encore, Valentin Rambault se veut rassurant.

« L'éducation ne peut pas être transmise par une intelligence artificielle. Elle appartient à la famille, à l'école, aux échanges humains. »

Selon lui, les écrans ne remplaceront jamais les relations humaines.

« Il est préférable de voir un enfant lire un livre ou discuter avec ses parents que passer sa journée à poser des questions à une intelligence artificielle. »

Une arme géopolitique

Au-delà des usages quotidiens, l'IA est devenue un enjeu stratégique mondial.

« L'intelligence artificielle est aujourd'hui une arme géopolitique. La rivalité entre les États-Unis et la Chine est une bataille pour définir les règles du monde de demain. »

Il regrette toutefois que l'Europe soit davantage préoccupée par la réglementation que par l'innovation.

« Nous avons parfois cette capacité extraordinaire à vouloir tout normer avant même de laisser émerger les initiatives privées. »

Une question éthique majeure

Valentin Rambault salue enfin les mises en garde du pape Léon XIV sur les dérives possibles de l'intelligence artificielle.

Pour lui, la véritable interrogation dépasse largement le cadre technologique.

« Si une machine écrit, compose, crée, soigne ou console, qu'est-ce qui nous reste d'irréductiblement humain ? La conscience, l'amour, le doute ou la foi. »

Et de conclure :

« Une intelligence artificielle plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée d'hommes. Plus que jamais, l'IA doit rester au service de la dignité humaine et du bien commun. »

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le grand entretien
© RCF Anjou
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