Les réseaux sociaux, bientôt interdits aux moins de 15 ans ?
La proposition de loi portant sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adoptée par l'Assemblée nationale, ce lundi 26 janvier 2026. Défendue par le gouvernement et le groupe Renaissance, ce texte va voir le jour au nom de la santé mentale des plus jeunes.
© Berke Citak - UnsplashTik Tok, Instagram, Snapchat... Faut-il vraiment bannir les réseaux sociaux aux jeunes ? L’idée, loin d’être nouvelle, a franchi les portes de l’hémicycle. Les députés ont approuvé, ce lundi 26 janvier, une proposition de loi qui vise à restreindre l’accès des mineurs de moins de 15 ans à ces services en ligne.
Porté par le groupe Renaissance et soutenu par la majorité présidentielle, le texte vise à "protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux". Concrètement, il prévoit l’interdiction pour les mineurs de 15 ans d’accéder à tout service de partage de vidéos ou réseau social en ligne, dans l’objectif de limiter les effets néfastes des plateformes sur leur santé mentale.
Lutter contre le cyberharcèlement et l'addiction
Dans le centre-ville de Vannes (Morbihan), l'argument ne convainc pas tous les adolescents. "Je pense que c'est inutile car les gens pourront détourner cette réforme", estime un collégien. À quelques mètres de lui, même son de cloche pour cette élève de troisième, adepte de Tik Tok : "Je trouve que c'est bête car les réseaux sociaux ne font rien sur ma vie, je sais me contrôler."
Pour les partisans du texte, l’enjeu est sérieux. Le projet vise à lutter contre le cyberharcèlement, les troubles du sommeil et les mécanismes addictifs liés à l’usage des écrans. Olivier Le Port, habitant de Betton (Ille-et-Vilaine) et membre du collectif de parents à l’origine du "pacte smartphone" en 2024, se réjouit de cette initiative qui "participe à la sensibilisation générale de la société". Il nuance toutefois : "tout dépend aussi du contenu, du contrôle parental et de la maturité de l’enfant".
Vers une application pour septembre 2026
Certains s'interrogent toutefois sur les modalités d'application. Selon Thomas Lorec, coordinateur et intervenant pour l'association bretonne d'éducation aux médias et aux usages des écrans, Synapse : "les élèves nous rapportent souvent qu'ils ont des sentiments de mal-être ou de flemme" par rapport aux réseaux sociaux. Le professionnel plaide pour "un vrai accompagnement à ces outils qu'on leur a mis dans les mains il y a déjà quelques temps".
Le texte devrait maintenant être étudié au Sénat. S'il est adopté, la France serait le premier pays de l'Union européenne à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, et le deuxième au monde derrière l'Australie.


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