Helena Joy, les bijoux lyonnais qui habillent les plus grands
Influenceuses, modeuses sur le festival de Cannes et même Aya Nakamura lors de ses concerts parisiens… toutes portent les bijoux de la marque lyonnaise Helena Joy. Rencontre avec la fondatrice de la joaillerie lyonnaise qui a paré plus d'une quarantaine de personnalités.
Helena Joy produit bagues, colliers, boucles d'oreilles pour les plus grands noms - © Helena JoyHelena Joy fait aujourd’hui travailler six salariés dans trois boutiques dont deux à Lyon pour un million d'euros de chiffre d'affaires. Pourtant, l’histoire est née dans un showroom rue de Brest à Lyon, à partir du rêve concrétisé par Sandie Illouz il y a dix ans. La jeune femme, passionnée de diamants, reconnaît sa chance d’avoir eu la confiance de très bons partenaires. Et pour cause : la marque n’a que trois ans d’existence quand ses premiers bijoux apparaissent sur le tapis rouge du festival de Cannes, un incontournable pour la fondatrice : « une marque [doit] avoir de la visibilité. Cette visibilité, elle est 360 degrés sur les tapis rouges. Quand je suis arrivée il y a sept ans, je ne connaissais personne mais je me suis fait confiance. J'aime bien parler avec tout le monde et j'ai noué des contacts au fil des années ». Puis, le bouche-à-oreille fait son office, « c'est un petit monde, donc on voit toujours les mêmes gens, on finit par se connaître. Et chaque année, les stars portent avec plaisir nos créations. Et chaque année, elles veulent reporter. Donc, elles nous recontactent ».
L’or, un « accessoire » autour du diamant
Commence alors l’effet boule de neige pour Helena Joy, qui a dévoilé cette année une collection inédite avec l'influenceuse française Fanny Russo, à découvrir jusqu'au 7 juillet. Une collection baptisée FANNY née d’une amitié et d’une envie de créer un bijou en commun. Ce bijou sera une petite bague sur le thème de la marquise, diamant favori de Sandie Illouz : « on a créé autour de la marquise pour que vraiment, ce diamant puisse être vu en premier lieu et que l'or soit juste un accessoire autour. On a fait un bijou de caractère avec beaucoup de lumière ».
Dès qu’elle parle diamants, Sandie Illouz s’anime car si l’or n’est qu’un support pour elle, le diamant est la vraie source d’inspiration de toutes les créations Helena Joy. Comme une chasseuse de gemmes, Sandie Illouz sélectionne chaque pierre en fonction du budget et de la forme désirée par chaque client, star ou non. Helena Joy a ainsi habillé les oreilles de Philippine Leroy-Beaulieu pour son rôle de Sylvie Grateau dans la série Netflix Emily in Paris. La personnalité de cette redoutable directrice d’agence de marketing a particulièrement plu à la créatrice, qui a vu dans cette femme d'affaires libérée une source d’inspiration.
L'entreprenariat féminin, c'est vraiment le sujet sur lequel je me bats à chaque fois et j'essaye de dire à chaque femme qu'il faut croire en ses rêves. On peut trébucher, se relever et on ne doit rien à personne. On a tous quelque chose caché en nous. On a tous une flamme pour quelque chose et il faut la chercher. Il faut gratter jusqu'à ce qu'on trouve ce qu'on aime vraiment et qu'on puisse bosser dans ce qu'on aime.
La passion de Sandie Illouz s’exprime donc dans la fabrication de bijoux de luxe exclusivement en diamants naturels, malgré les nombreux défis environnementaux que cela comporte.
L’or, « un énorme investissement de trésorerie » pour les joaillers
L’extraction des métaux précieux et des gemmes génère une importante consommation d’énergie et d’eau : chaque carat de diamant taillé extrait génère 160 kg de CO², soit l’impact environnemental de 2,5 smartphones. À cela s’ajoutent l’usage de produits chimiques toxiques (cyanure, mercure) pour séparer les minerais, les déchets qui contaminent sols et cours d’eau et le transport.
Une lourde facture environnementale face à laquelle Sandie Illouz est lucide : la bijouterie écologique est loin d’être une réalité, bien qu’Helena Joy travaille avec des fournisseurs membres du Responsible Jewelry Council, organisation à but non lucratif qui certifie les pratiques responsables, éthiques et environnementales d’une entreprise sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement d’or et de diamant. « On tend vers l'écolo, mais on n'y est pas encore. Aujourd'hui, on est dans l'effort de pouvoir préserver notre planète parce qu'on est tous concernés. Il va falloir trouver des solutions rapidement pour nos enfants » reconnaît la créatrice qui doit aussi faire face à une autre contrainte : le cours de l’or. Porté par les incertitudes économiques et la frilosité des marchés, il atteint des sommets historiques, à plus de 4 465 dollars l’once. « Aujourd’hui, on ne peut prévoir qu'à court terme. C'est un énorme investissement de trésorerie. On est obligé de voir à un mois, deux mois. Ce n'est pas grand-chose. On est obligé de spéculer, c'est comme la bourse, il faut suivre. On est au jour le jour, pratiquement ».


Chaque jour de la semaine à 12h, Anaïs Sorce reçoit celles et ceux qui font bouger la région lyonnaise, le Roannais et le Nord-Isère, en rendant notre quotidien meilleur.




