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Aux Paniers de la Mer, à Lorient, l'anti-gaspi se mêle à l'insertion

Aux Paniers de la Mer, à Lorient, l'anti-gaspi se mêle à l'insertion

Un article rédigé par Benjamin Baillemont - RCF Sud Bretagne, le 31 janvier 2026 - Modifié le 2 février 2026

Le port de pêche de Keroman, à Lorient, accueille depuis 2003 l'atelier d'insertion des Paniers de la Mer. La structure propose à des personnes aux parcours souvent semés d'embûches de construire leur futur dans un cadre rigoureux et adapté à leurs besoins spécifiques. Découverte. 

Fabienne, encadrante technique des Paniers de la Mer, dans l'atelier de Keroman | © Benjamin BaillemontFabienne, encadrante technique des Paniers de la Mer, dans l'atelier de Keroman | © Benjamin Baillemont

La Fédération des Paniers de la Mer compte cinq ateliers sur la façade Atlantique française, dont trois en Bretagne, sur les ports de pêches de Penmarc'h, de St-Malo et de Lorient. Mais aussi à Fécamp ou Boulogne-sur-Mer. Pour un total de cent vingt salariés en insertion par an.

Ils sont une vingtaine de salariés, pour la plupart en contrat à durée déterminée d'insertion, ou CDDI, à s'affairer le matin au sein de l'atelier de la structure. Fabienne Le Scoul, encadrante technique, nous la fait découvrir.

Lutte contre le gaspillage et soutien à l'aide alimentaire

La mission des Paniers de la Mer est triple. La première relève de la lutte contre le gaspillage, via l'achat d'invendus auprès des Offices des Pêches bretons ou normands. Du poisson loin d'être mauvais, simplement moins consommé : "Il s'agit de poissons frais, de la raie, du congre." Et ensuite découpé par les salariés, surgelé, emballé et mis en palettes. Le tout avec un poisson dont la traçabilité est complète. Fabienne nous confie que "souvent le Panier de la Mer c'était un peu « ouais bon, ces gens ils savent pas travailler » et ben là non, on sait travailler." 

Cette production est ensuite vouée à aller à l'aide alimentaire, partout en France, et sous toutes les formes, qu'il s'agisse des épiceries solidaires ou des associations bien connues. Une utilité qui rend fier Vincent, salarié lui-même en insertion depuis un an : "On participe à nourrir les gens les plus pauvres. Donc tout ce qui est Secours Populaire, les Restos du cœur. Et on fait des soupes également, aussi des conserves [...] Je suis très fier. Je suis très fier de mon travail.

En 2024, cette aide représentait 2 650 000 portions de produits alimentaires distribués dans tout l'Hexagone selon la Fédération. 

L'escale en BretagneLes Paniers de la Mer à Lorient, une petite marche pour l'avenir

Une petite marche vers l'emploi via l'insertion

La troisième et principale mission de la structure reste de permettre à ses salariés de construire leur avenir professionnel, en s'imposant un rythme de travail, qui reste relativement clément, ajoute l'encadrante : "Par exemple, nous faisons trois palettes par semaine... Chez les mareyeurs, ils en font vingt-cinq de six heures à neuf heures. Bon, j'exagère peut-être un peu, mais c'est pas si loin." L'objectif est de les réhabituer à travailler à horaire fixe, et aussi en équipe, "ce qui est des fois pas simple parce que ce sont des gens qui sont cassés par plein de choses, qui ont des grosses difficultés, d'insertion avec les autres, des fois même parce qu'ils sont tout seul depuis tellement longtemps que, c'est un peu compliqué."

Pour l'aider dans cette tâche, elle peut compter sur Géraldine Traumat, conseillère en insertion socio-professionnelle des Paniers de la Mer de Lorient. Son travail : soutenir les employés dans leurs parcours souvent compliqués, pour surmonter leurs difficultés et bâtir un avenir pérenne. Le tout, selon la conseillère, "en prenant aussi en compte le rythme de la personne puisqu'il faut qu'elle soit prête. Parce que si on va trop vite, parfois on les met en difficulté et ça peut les mettre en échec." 

Un processus qui fonctionne d'après Géraldine : "Moi je suis là depuis 2019. Tous les ans, on rend compte à nos financeurs de notre activité et pour l'instant, on est autour des 65 % de sorties positives, [c'est-à-dire] une sortie en emploi ou en formation.

Des difficultés à ne pas négliger

Si ces trois aspects sont positifs et bénéfiques, la réalité est souvent plus compliquée. Déjà, au niveau humain, Fabienne reconnaît qu'il y a "quand même pas mal d'ajustements à faire, que ce soit avec les salariés, mon comportement par rapport aux salariés". Avec des cas compliqués : "Il y a les addictions, il y a des gens qui ont un bracelet électronique qui sortent de prison. Il y a des gens aussi malades, des schizophrènes, enfin, on prend un peu tout le monde". 

Mais qui peuvent être surmontées, comme le cas de ce salarié qui pour Fabienne "a été le pire. Il ne supportait pas l'autorité, c'était très compliqué. En plus au début il n'avait pas de logement." et aujourd'hui embauché en CDI, pour la plus grande fierté de l'encadrante. "Ce dont je suis le plus fier, c'est quand les gens reviennent me voir, me payent un café en disant tu avais raison, mais des fois ils mettent deux ans à revenir." 

Mais c'est surtout la question de l'approvisionnement en poisson qui pose problème. Avec parfois des pénuries y compris des invendus habituels. Pour ça, les Paniers de la Mer déploient des alternatives, comme nous le dit Élodie Belbeoc, responsable technique pour la Fédération : "On essaye de diversifier les sources d'approvisionnement, également de diversifier les produits. L'ouverture d'une cuisine Panier de la mer dans le Finistère sud, à Penmarc'h, permet de fournir des plats préparés. C'est une autre activité, toujours liée au poisson, mais avec plus de temps dédié à la préparation du plat."

"Nous avons des partenariats également avec notamment l'ESAT [Établissement et service d'accompagnement par le travail NDLR] d'Hennebont  avec lequel on travaille pour proposer d'autres plats cuisinés, poursuit-elle. Par exemple un cassoulet de la mer." Le tout sans perdre de vue le but initial : "Fournir aussi bien du travail en insertion et fournir les associations d'aide alimentaire."

Pour en savoir plus sur les Paniers de la Mer, rendez-vous sur leur site internet

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