Amandine Chaigne : "L'argent est un outil au service de la dignité humaine"
Gérer un patrimoine, ce n'est pas qu'acheter un Pinel ou défiscaliser. C'est comprendre un projet de vie, protéger une famille, préparer une transmission. Amandine Chaigne, fondatrice d'Ade-ci Family Office, exerce ce métier autrement, avec une conviction discrète mais profonde : l'argent est au service de la dignité humaine.
Amandine Chaigne, cofondatrice de Ade-ci Family Office © ACDans le monde du conseil en gestion de patrimoine, le réflexe est souvent le même : proposer des solutions, comme un investissement locatif, un dispositif de défiscalisation ou un placement financier. Amandine Chaigne connaît bien cette approche pour l’avoir pratiquée, en banque privée, pendant des années. Et c'est précisément pour s'en éloigner qu'elle a cofondé Ade-ci Family Office il y a cinq ans.
Dans les patrimoines, l'argent est un outil. Nous nous plaçons à la place de la personne : que veut-elle en faire ? Qui veut-elle protéger ? Quels sont ses projets ?
La différence peut sembler subtile. Elle est en réalité radicale. Chez Ade-ci, pas de produits à vendre, pas de commission sur les placements. A la place, un conseil neutre, global, construit sur la durée et articulé autour d'un projet de vie.
Concrètement, cela suppose de créer une relation de confiance solide.
Les personnes vont nous partager beaucoup de choses. L'argent dit énormément sur ce que quelqu'un veut construire, une entreprise, des emplois, une transmission familiale. Il faut comprendre où en est la personne et où elle souhaite aller.
Pour les dirigeants d'entreprises familiales notamment, cela implique de faire le lien entre tous les experts qui les entourent déjà (notaire, avocat, expert-comptable…) et de tenir ensemble les fils de la fiscalité, du droit civil, des successions, du départ en retraite. Un seul interlocuteur, une vision d'ensemble.
Quitter la banque pour conseiller vraiment
Pour Amandine, le déclic n'est pas venu d'une illumination soudaine. "C'est plutôt la période Covid, pour être honnête." Ou plutôt, quelque temps avant cette période, alors qu’elle est en transition entre deux banques, quand des clients lui confessent quelque chose qui va changer le cours des choses : ce qui les intéresse, ce sont ses conseils. Et qu'en montant sa propre structure, elle serait "sûrement plus neutre par rapport à certaines injonctions."
Ce n'est que plus tard, pendant la période Covid donc, qu’elle saute le pas. Et découvre rapidement ce que cette liberté entrepreneuriale peut changer : "En banque privée, certains conseils ne vont rien rapporter à l'établissement. Mécaniquement, on ne peut pas travailler longtemps dessus." Hors du système, elle peut aller jusqu'au bout, avec des solutions qu'elle choisit pour leur pertinence, pas pour leur rentabilité commerciale. "Je trouve qu'on va beaucoup plus loin, avec plus de neutralité."
Une foi silencieuse, mais structurante
Il y a dans la démarche d'Amandine Chaigne quelque chose qui dépasse la stratégie entrepreneuriale. Membre des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens bien avant d'entreprendre, elle a trouvé dans ce réseau "une confiance, des échanges enrichissants" et surtout, un cadre de pensée. "On partage avec l'éclairage de la pensée sociale chrétienne. Ça nous aide vraiment à réfléchir."
Aujourd'hui impliquée dans le Campus des EDC, où elle contribue à développer des formations pour un management chrétien, elle s'imprègne de plus en plus de notions comme la subsidiarité, cette idée que chaque décision doit être prise au niveau le plus proche de la personne concernée. Une philosophie qui résonne directement avec sa pratique.
Pour autant, elle ne brandit pas sa foi comme une carte de visite. "Je pense que ma foi est une valeur ajoutée, silencieuse, que j'espère être inspirante." Une conviction qui ne se dit pas, mais qui, dans chaque accompagnement, oriente le regard vers l'essentiel : non pas ce que vaut un patrimoine, mais ce qu'il permet de faire pour les autres.


Analyser la vie économique de la région avec les acteurs de terrain, c'est le but de cette émission. Entrepreneurs, associations et organismes professionnels, élus, ils sont tous dans Eco Mag 34. En plus, retrouvez Marie Olivarès et Anne-Sophie Calais chaque quatrième samedi du mois autour d’un entretien inspirant avec un membre des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens Languedoc-Roussillon.





