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Unique en France, des ballons de foot "responsables"

Unique en France, des ballons de foot "responsables"

Un article rédigé par Amaury Guillem - Dialogue RCF (Aix-Marseille), le 19 juillet 2023  -  Modifié le 19 juillet 2023
Esprit d'Entreprise A Marseille, des ballons de foot "responsables"

Un ballon de foot est fait de 100 % de plastiques ni recyclables, ni réparables, et est souvent produit en Asie dans des conditions de travail peu respectueuses des travailleurs. A Marseille, une jeune entreprise, Ballon & Co, ambitionne de révolutionner le marché du ballon rond - 60 millions de ballons par an - en inventant un produit écologique et produit par des personnes en insertion. Entretien avec son fondateur, Jean-Baptiste de Tourris.

Les premiers ballons de Ballon & Co seront commercialisés en mars 2022. DR Les premiers ballons de Ballon & Co seront commercialisés en mars 2022. DR

Après plusieurs expériences d’entrepreneuriat social, en France ou à l’étranger, c’est à Marseille, capitale du football, que Jean-Baptiste de Tourris a posé ses valises, pour ce nouveau projet, « Ballon & Co » : « Mes études de finances étaient intéressantes mais, selon moi, déconnectées du réel. Je voulais mettre en œuvre des projets qui aient un impact direct et positif sur la société et l’environnement » témoigne le jeune entrepreneur, également amateur de ballon rond : « J’ai fait beaucoup de foot, j’ai moi-même acheté, utilisé… et jeté beaucoup de ballons ! Un ballon classique, c’est 100 % plastique, produit avec 800 litres d’eau pour un seul ballon et 8 plastiques différents, donc impossibles à recycler. Ça ne répare pas, ça ne réutilise pas, ça se jette. » Et ce sont ainsi 60 millions de ballons qui sont produits dans le monde chaque année, dont 5 millions pour la France.

Un ballon, c’est donc extraire du pétrole, le mélanger à des produits polluants pour fabriquer un objet de loisirs 100 % plastique qui va durer quelques mois et finir à la poubelle, « avec des personnes qui fabriquent le ballon en Asie et qui touchent 2 à 4 % maximum de la valeur finale de vente du ballon, en-dessous des salaires vitaux des pays comme le Vietnam ou le Bangladesh, tandis que les actionnaires des grandes marques qui vendent ces ballons en touchent 30 % » : cette prise de conscience a été le déclic pour Jean-Baptiste, qui ambitionne donc de créer l’alternative qui n’existe pas encore avec un ballon « responsable ».

Sa jeune entreprise, Ballon & Co, est lancée et va commencer à commercialiser en mars 2022 des ballons dont la première partie de production se fait au Kenya, dans un atelier unique au monde qui fabrique des ballons à partir de cuirs de fauteuils de voitures ou d’avions récupérés et la deuxième, à Marseille, avec des personnes en insertion.

1 500 points de couture

« Un ballon, c’est 1 500 points de couture ! souligne Jean-Baptiste. C’est un geste très technique, principalement fait à la main. J’ai l’habitude d’accompagner des jeunes qui sont en galère pour trouver du travail. Avec Ballon & Co, je vais pouvoir proposer à ces jeunes sans emploi de travailler sur un produit très technique et respectueux de l’environnement. Pour moi, l’insertion des personnes éloignées de l’emploi est un facteur clé pour faire société. »

Première entreprise de France à vendre des ballons fabriqués intégralement par des personnes en insertion et partiellement en France, première entreprise aussi à fabriquer ces ballons à partir de matériaux de récupération, Ballon & Co s’adresse prioritairement aux footballeurs amateurs : « On ne va pas chercher à toucher les 15 000 clubs de foot de France tout de suite, mais plutôt des parents ou des grands-parents qui sont prêts à payer un peu plus cher pour acheter un ballon qui va durer plus longtemps et qui aura un impact écologique et social très positif. »

Jean-Baptiste a calculé que la production d’un ballon Ballon & Co utilise 6 fois moins d’eau qu’un ballon classique ; il prévoit aussi que ses ballons puissent être réparés pour leur assurer une durée de vie plus longue : à l’heure de l’obsolescence programmée, c’est un choix presque politique qui mérite d’être souligné.

« Il y a tout à créer, avoue le jeune entrepreneur, mais c’est ce que j’aime. Faire bouger les lignes. Même les échecs me donnent de l’énergie ». Celui qui vient de présenter son ballon au stade Vélodrome semble bien prêt à mouiller le maillot pour aller quiller son ballon en pleine lucarne, aux quatre coins du monde.

 

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