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Prix du carburant : y a-t-il moins cher et plus écologique que la voiture ?

Prix du carburant : y a-t-il moins cher et plus écologique que la voiture ?

Un article rédigé par Frédéric Mounier, avec OR - RCF, le 1 juin 2026 - Modifié le 6 juin 2026
Où va la vie ? La bioéthique en podcastFace aux défis écologiques, quels moyens de transport ? (1/3)

À l’heure où le prix du pétrole explose, on est tenté de réfléchir à deux fois avant de prendre sa voiture. Et si des questions économiques pouvaient nous engager vers le choix de mobilités plus respectueuses de notre environnement ? Va-t-on assister à des ventes de voitures en hausse au profit des voitures électriques ?

La voiture a pris une place vraiment croissante dans les modes de vie depuis les années 50." ©UnsplashLa voiture a pris une place vraiment croissante dans les modes de vie depuis les années 50." ©Unsplash

Le secteur des transports représente est le premier poste d’émission de gaz à effet de serre en France. Il représente plus de 30% de la consommation d’énergie en France. Loisirs, travail, vacances… Quels moyens de transports choisir ? À l’heure où le prix du pétrole explose, on est tenté de réfléchir à deux fois avant de prendre sa voiture. Et si des questions économiques pouvaient nous engager vers un choix de mobilité plus respectueuse de notre environnement ? 

La voiture, un mode de vie

Même si pour un certain nombre de foyers, posséder une, voire deux voitures, n’est pas un choix, il semble que les Français soient particulièrement attachés à la voiture individuelle. "La voiture a pris une place vraiment croissante dans les modes de vie depuis les années 50, décrit Aurélien Bigo, où il y a eu très forte phase croissance de l’usage de la voiture."

Nous sommes passés en France d’une voiture en moyenne pour 25 habitants en 1950, rappelle le spécialiste de la transition énergétique des transports, à plus d’une voiture pour deux habitants. Aujourd’hui, entre 80 et 85% des ménages sont motorisés, c’est-à-dire qu’ils ont au moins une voiture.

"On voit bien que la voiture est entrée dans l’histoire de nos vies, progressivement", remarque la théologienne Dominique Coatanea, enseignante chercheur aux Facultés Loyola Paris, présidente de l’Association œcuménique de théologiennes et de théologiens pour l’étude de la morale (Atem). Alors que les deux tiers du temps passé dans les transports concerne la voiture, celle-ci est devenue synonyme d’autonomie. On l’assimile à une valeur forte d’indépendance individuelle.

On peut donc parler d’une dépendance forte à l’automobile en France. Dépendance qui soulève de nombreuses questions à l’heure de la prise de conscience de la crise écologique. Aurons-nous la possibilité un jour d’en sortir ? "La voiture a pris une telle place dans la mobilité, dans les modes de vie, dans la manière dont on a construit cet aménagement du territoire, que ce n’est pas vraiment une disparition de la voiture dans laquelle on peut se projeter", selon Aurélien Bigo.

 

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Les techniques "ne sont pas un horizon ni une fatalité"

Si nos modes de vie ont été profondément transformés par la voiture au point que l'on ne s'en rend plus compte, les enjeux climatiques nous poussent à questionner cet "écosystème" que l’on a façonné autour d’elle. C’est un peu comme avec "les techniques, les technologies de l’intelligence artificielle", on peut se dire que "ce n’est pas une fatalité, suggère Dominique Coatanea, ce n’est pas un horizon ni un destin".

C’est le sens du message que donne Léon XIV dans son encyclique "Magnifica humanitas". Le pape "met en évidence que dans ce monde façonné par des techniques hyper puissantes, l’enjeu c’est de penser quel est cet avenir commun et comment s’en délibérer démocratiquement, résume la théologienne. Léon XIV insiste énormément sur l’exigence que ces défis posent à l’ensemble de l’humanité en soutenant l’effort et en disant : Nous avons les moyens d’y répondre, si et seulement si nous avons en tête de manière permanente ces enjeux de justice sociale."

 

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Voiture électrique, ZFE, vélo, transports en commun… Quelles solutions ?

Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz et l’explosion du prix de l’essence, la voiture électrique semble connaître un regain de faveur. Pour Aurélien Bigo, c’est "la moins mauvaise des technologies pour remplacer le pétrole". Reste la question de son accessibilité à l’achat. Le spécialiste pointe "un besoin de politiques publiques" et aussi la nécessité d’encourager les entreprises à électrifier leur flotte pour développer le marché de l’occasion.

Si l’on considère que "la voiture est aujourd’hui le moyen de transport lorsqu’il n’y a pas d’autre offre plus satisfaisante, ainsi que l’observe Dominique Coatanea, l’enjeu ce n’est pas d’abord la voiture, mais les transports publics". Le principe des ZFE, les zones à faible émission, est ainsi de favoriser les véhicules de transport en commun pour contrebalancer l’interdiction aux voitures individuelles des centres-villes. 

Sujet assez polémique, les ZFE suscitent une forte opposition. Or, "c’est un outil qui a son intérêt pour réduire la pollution de l’air en ville, estime Aurélien Bigo, pour essayer progressivement de sortir des véhicules les plus anciens qui avaient les niveaux de pollution à l’échappement les plus importants... Toute la difficulté, c’est comment avoir une mise en œuvre qui ne soit pas défavorable au point de vue social. Les véhicules plus anciens sont davantage possédés par des ménages qui ont moins de moyens financiers."

Avec une proportion de 4% des déplacements, le vélo a "un potentiel de développement très fort", constate Aurélien Bigo. Ce moyen de transport s’adresse-t-il cependant aux plus âgés ? Aux plus jeunes ? Aux personnes à mobilité réduite ? Chercheur associé à la chaire Énergie et prospérité de l’Institut Louis-Bachelier, Aurélien Bigo éclaire les décisions des acteurs publics et privés dans le pilotage de la transition énergétique. Pour lui, le développement du vélo dépend des politiques publiques. 

Il cite l’exemple des Pays-Bas où la pratique du vélo "est développée chez les plus de 70 ans". Et où "les trois-quarts des enfants vont à l’école en vélo car la pratique est sécurisée". "Le vélo, conclut-il, n’est pas adaptée absolument à tous les publics mais il y a un potentiel de développement élevé."

 

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Les politiques publiques sont-elles à la hauteur des enjeux ?

"L’enjeu est vraiment structurel de politique sociale et de politique publique, résume la théologienne. Les collectivités peuvent engager cette transition en montrant les bienfaits." Dominique Coatanea souligne que l’enjeu de la transition écologique, c’est "l’habitabilité de la terre"

Aurélien Bigo se montre assez pessimiste à l’égard du "manque d’action publique". "Le débat n’est pas toujours au bon niveau sur ces enjeux pour répondre aux défis qui sont au-devant de nous. Ce n’est pas qu’un enjeu climatique, il y a beaucoup d’éléments de santé publique, de réduction des inégalités, de qualité de vie. Il y a de vrais intérêts à faire cette transition !"

 

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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