Pesticides : des femmes d'agriculteurs créent un collectif de soutien aux victimes en Drôme
En Drôme, dans les baronnies provençales, un groupe de femmes d’agriculteurs a créé un collectif de soutien aux victimes des pesticides. Pour elles, le lien entre l’usage des produits phytopharmaceutiques et les maladies ne fait aucun doute.
Agriculteur répandant des produits dans son champs de salade ©PexelsLeurs points communs : être du monde paysan, avoir utilisé des produits phytopharmaceutiques et être tombés malades (cancer, maladie de Parkinson…). Dans les Baronnies provençales, un groupe d’épouses d’agriculteurs a créé il y a quelques mois une association sur le modèle du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest.
"Ce n'est pas de la faute des agriculteurs, mais des industriels"
L'objectif de l'association est triple :
- Apporter un soutien, une écoute, une présence auprès des malades
- Évoquer la dangerosité de ces produits pesticides auprès du monde agricole mais sans jamais être accusateur. "C'est un sujet vraiment très difficile à aborder. Il y a toujours ce souci pour les agriculteurs de se dire "j'ai fait ça, j'ai utilisé des pesticides, je n'aurais pas dû, c'est de ma faute". Or, ce n'est pas de la faute des agriculteurs. C'est la faute des industriels qui vendent ces produits", souligne Dominique Grob-Pinguet, secrétaire de l'association, elle-même victime d'un double cancer du sein.
- Constituer des dossiers de demande de reconnaissance par la MSA, la sécurité sociale agricole, en maladies professionnelles.
En 2024, les dossiers déposés auprès du fonds d'indemnisation des victimes des pesticides ont augmenté de 42,8 % en France. Dans 9 cas sur 10, ils ont été portés par des agriculteurs.
Un cadre de vie pourtant exceptionnel
Montagnes des Préalpes, cultures variées et de petites tailles, espaces peu urbanisés, les baronnies provençales semblent être un lieu épargné par les pollutions. « Nous ici dans les baronnies, on a une image de nature préservée, ce qui n’est pas complètement le cas mais ce qui complique la prise de conscience », confie Dominique Grob-Pinget.
La question des pesticides ouvre selon elle sur beaucoup d’autres difficultés auxquelles doit faire face le monde paysan et notamment la question des revenus. « Mon mari est passé en bio après mon premier cancer. Maintenant, il traite les oliviers avec de l’argile, mais ça lui coûte plus cher que les produits. »
Pour joindre le collectif : collectifvictimespesticidesavd@gmail.com


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