La plus grande carrière à ciel ouvert de France accueille les touristes pour une deuxième année
Les Carrières du Boulonnais, plus grande carrière à ciel ouvert de France, ouvrent leurs portes aux touristes pour la deuxième année. L’occasion de découvrir un site hors-norme et une entreprise familiale centenaire, soucieuse de son empreinte écologique.
L’exploitation des carrières du Boulonnais n’est pas sans impact sur l’environnement ©MRP / RCFImaginez une carrière grande comme neuf stades de France. Un trou de 90 mètres de profondeur. Un balai de camions et de pelleteuses qui s’affairent pour extraire 35 000 tonnes de calcaire par jour.
Cet impressionnant spectacle se déroule aux Carrières du Boulonnais (CB), à Ferques, dans le Pas-de-Calais. Ouverte aux touristes d’avril à octobre, la visite est l’occasion de se replonger dans les 130 ans d’activités de la plus grande carrière à ciel ouvert de France.
Capital 100% Poulain
Il faut remonter en 1896 pour découvrir l’origine des carrières du Boulonnais, lorsque Auguste Poulain décide de lancer l’extraction du marbre.
Au fil des années, les matériaux exploités changent – passant du marbre au calcaire pour la production de granulats – mais pas la famille dirigeante. Si bien que la cinquième génération de Poulain, les cousins Thibault et Ludovic, s’apprêtent à reprendre le flambeau à la direction du groupe CB.
Un groupe qui ne s’est pas limité aux carrières du Boulonnais. L’entreprise familiale indépendante est implantée sur neuf autres carrières, dont trois à l’étranger, ainsi que dans les domaines des minéraux, des réfractaires et du bois.
Métro, nucléaire et reine des neiges
En plus d’un siècle d’activité, les carrières du Boulonnais se sont positionnées comme un incontournable pour l’approvisionnement de granulats, constituant minéralogique du béton à 86%.
La construction du métro Grand Paris Express, le « land » Reine des Neiges à Disneyland, l'EPR 2 de Penly ou, plus localement, les ports de Calais et Dunkerque : les 6 millions de tonnes de granulats produites chaque année par la carrière de Ferques fournissent d’importants chantiers.
Malgré ces contrats, le groupe CB n’échappe pas à la crise économique qui secoue le marché du BTP. D’où sa diversification dans le bois depuis fin 2024 qui lui permet aussi d’exercer une activité à l’empreinte carbone plus faible.
Orchidée sauvage et hiboux font carrière
Car l’exploitation des carrières du Boulonnais n’est pas sans impact sur l’environnement. Rejets de poussières, nuisances sonores, utilisation gourmande d’eau puis transports, chaque tonne de granulats émet entre 4 et 5 kilos de CO2.
Pour l’entreprise, limiter son empreinte écologique passe par l’acheminement d’un quart de ses granulats par le train grâce au terminal ferroviaire construit sur le site de Ferques. Mais aussi par la préservation de la biodiversité dans des zones de réserve où cohabitent pollinisateurs, orchidées sauvages et même hiboux grand-duc.
Cette dimension écologique est aussi à découvrir pendant les deux heures de visite en bus sur les hauteurs de la carrière du Boulonnais. Depuis l’été dernier, le site s’est ouvert au tourisme industriel et a déjà accueilli plus de 1000 visiteurs. « Un moyen de montrer notre activité », explique Vincent Amossé, directeur général de la filière Les Granulats du groupe CB, mais aussi de « rendre au territoire ce que la planète nous donne chaque jour ».


Dédiée à l'écologie intégrale, l’émission Commune Planète vous fait découvrir des solutions qui respectent l'environnement et les plus fragiles. A travers des rencontres, des reportages et des décryptages, Commune Planète cherche à comprendre les enjeux du réchauffement climatique, de la perte de la biodiversité et tente de répondre aux questions qui fâchent avec lucidité et espérance.
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