Guillaume Mariau | L'intelligence associative : la seule IA qui sauve le monde
Entre malentendu volontaire et plaidoyer engagé, Guillaume, d’Enfants du Mékong, détourne avec humour le sigle « IA » pour rappeler la force et la nécessité de l’intelligence associative. Face à la baisse des aides publiques et aux difficultés croissantes du secteur solidaire, il appelle à reconnaître la valeur du bénévolat et à soutenir ces acteurs essentiels de la fraternité.
Guillaume Mariau © DRJ’aimerais vous dire aujourd’hui à quel point je suis persuadé que l’IA va sauver le monde. L’IA est capable de choses incroyables. L’IA, c’est la solidarité, c’est la créativité. Nous devons impérativement la soutenir, l’encourager. C’est évident, l’avenir de l’humanité passe par l’IA.
Je ne parlais évidemment pas de l’intelligence artificielle, mais de l’intelligence associative.
Si vous me permettez une analogie avec la montagne : l’intelligence artificielle, c’est un peu comme la neige en bas des pistes. Elle fait le job, mais on ne peut pas dire qu’elle ait beaucoup de saveur.
Ce dont je vous parle aujourd’hui, c’est plutôt de la neige éternelle, c’est la poudreuse des glaciers qui surplombe nos vallées depuis toujours. Je vous parle bien d’une IA éternelle, l’Intelligence Associative !
Depuis que l’homme est homme, les associations existent pour se serrer les coudes, s’entraider, inventer des solutions quand tout semble bloqué.
Pourquoi nous faire aujourd’hui l’apologie de l’intelligence associative ?
Il y a quelques temps, j’entendais le directeur général des Restos du Cœur expliquer une chose frappante : si l’État devait faire tout ce que les bénévoles des Restos du Cœur accomplissent chaque jour auprès des personnes de la rue, cela coûterait huit fois plus cher aux contribuables. Alors je vous le dis très simplement : l’intelligence associative est indispensable à notre société.
Chez Enfants du Mékong, nous estimons chaque année la contribution du bénévolat à plus de 3,5 millions d’euros. Autrement dit, si nous devions rémunérer tout le travail réalisé par nos bénévoles, cela représenterait 3,5 millions d’euros de charges supplémentaires pour l’association.
Est-ce que cette intelligence associative se porte bien ?
Justement, non. Depuis début 2025, 42 % de l’aide publique internationale a été brutalement supprimée. Partout, les associations et plus largement le secteur de l’économie sociale et solidaire sont en grande souffrance. 188 associations de solidarité internationale viennent de lancer un appel au secteur des médias, de la publicité pour relayer cette situation.
Réduire l’aide au développement ne peut que avoir que des conséquences dramatiques à long terme. D’après une étude de l’Unesco, 1 dollar investi dans l’éducation peut générer jusqu’à 15 dollars de rendement à long terme.
C’est pour cela que nous avons besoin, plus que jamais, de cette IA-là : l’intelligence associative. Alors, chers auditeurs, chers médias, plus que jamais le monde associatif a besoin de votre soutien !


Association de loi 1901, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
Retrouvez la chronique Loin des yeux, près du cœur les mercredis une semaine sur deux à 6h46 et 17h22.




