Guillaume d'Aboville | La confiance dans un monde mouvementé
Dans une époque où l’instabilité semble régner, Guillaume d’Aboville, directeur général d’Enfants du Mékong, invite à choisir la voie de la confiance plutôt que celle du repli. À travers une histoire bouleversante survenue au Cambodge, il raconte comment un acte d’abandon peut devenir source de miracle.
Guillaume d'Aboville © DRChoisir la confiance
Nous vivons dans une période compliquée, tout semble instable, gelé ou impossible à appréhender. Tout bouge tout le temps. Alors nous avons deux choix, soit papillonner partout en surfant ou choisir la confiance en gardant son cap. Cela nécessite un sacré abandon à la providence. Chez Enfants du Mékong, et peut-être dans vos vies, nous sommes sans cesse confrontés à des rencontres, donc à des appels. Face à ces appels, la question qui nous est posée est : dois-je répondre oui ou dois-je répondre non ? La tentation du confort c'est de ne pas répondre ou de dire tout simplement non. Or la vie est un risque. Ose-la, nous disait Mère Thérésa.
Un lingot pour sauver une vie
15 décembre, un de nos volontaires au Cambodge nous appelle. Un jeune Cambodgien de 14 ans que nous soutenons, est en danger de mort. Il a une scoliose dégénérative et d'autres graves complications. S'il n'est pas opéré dans les six mois, il en meurt. Coût de l'opération : 20 000 euros. Alors silence au bout du fil, silence car l'association n'a pas les moyens à ce moment-là de payer une telle somme. Nous prenons 24 heures pour discerner, puis de dire oui pour opérer, sans avoir l'argent. Acte d'abandon.
Huit jours plus tard, nous recevons dans une enveloppe anonyme un petit colis venant du département du nord de la France. En l'ouvrant, nous découvrons un petit lingot d'or. Nous le vendons, 19 800 euros. Oui, c'est important. Le chirurgien qui opère est touché par l'histoire. Il fait un don de 200 euros. Le jeune est sauvé. Voilà notre abandon et confiance récompensées.
Alors une vie vaut bien plus qu'un lingot d'or évidemment, mais en ces temps, nous pouvons être tentés de dire non. William Arthur Ward, auteur américain, nous soufflait si justement :
C'est impossible, dit la fierté.
C'est risqué, dit l'expérience.
C'est sans issue, dit la raison.
Essayons, murmure le cœur.


Association de loi 1901, reconnue de bienfaisance et habilitée à recevoir dons et legs, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
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