François Camps | L’Asie du Sud-Est n’échappe pas à la crise énergétique
En Asie du Sud-Est, la flambée des prix du carburant fragilise les familles les plus modestes. François Camps, d’Asie Reportages, décrit au micro de RCF Notre Dame les effets de cette crise sur le quotidien et sur les actions d’Enfants du Mékong.
François Camps ® DRL’information ne vous a pas échappé, tant elle fait la Une des journaux et des plateaux : le prix du carburant à la pompe n’a cessé de monter ces trois dernières semaines.
Même en Asie du Sud-Est, le prix du carburant explose
Le prix du carburant continue de grimper partout dans le monde, et malheureusement l’Asie du Sud-Est n’est pas épargnée. À Phnom Penh, les tarifs atteignent des records : près de 6 000 riels le litre de sans-plomb, soit environ 1,20 €, et jusqu’à 1,45 € pour le gasoil. Un coût qui paraît faible comparé à celui payé en Europe. Mais qui, rapporté au salaire minimum cambodgien, qui 185 € par mois, cela représente un fardeau considérable. En pouvoir d’achat, cela reviendrait pour un Français à payer plus de 9 € le litre. Autant dire que la hausse est très difficile à absorber pour toute la population, et particulièrement pour les familles les plus modestes, en particulier pour celles qui dépendent des moto-taxis pour se rendre au travail ou à l’école.
Enfants du Mékong face au défi du transport scolaire
Bien que certains pays d’Asie du sud-est produisent leur propre pétrole, tous subissent les soubresauts des marchés. En Thaïlande, les bateaux de pêcheurs restent à quai car le carburant coute trop cher, aux Philippines, les fonctionnaires sont passés à la semaine de quatre jours pour limiter les dépenses de l’état ; au Vietnam, le gouvernement a encouragé les habitants à recourir le plus possible au télétravail. Et évidemment, nombre de stations essences ont tout simplement fermé, car s’approvisionner devient trop couteux, également pour les distributeurs.
Comment cette crise énergétique se traduit pour les actions d’Enfants du Mékong ? Pour les familles les plus modestes, chaque euros compte. Dans le monde rural par exemple, il faut souvent parcourir plusieurs kilomètres à moto pour se rendre au collège ou au lycée. Une flambée des prix de l’essence peut donc signifier l’impossibilité d’aller en classe, car le déplacement coûte trop cher. Par expérience, nous savons qu’une pause, même très courte, dans le cursus scolaire représente un danger de décrochage. Il faut donc l’éviter à tout prix.
Heureusement, des solutions existent : certains de nos centres sont équipés en vélos et matériel de protection, offrant une solution parfaite, en ces temps de crises, pour les petits trajets. Nous avons également mis en place, il y a déjà plusieurs années, une allocation de déplacement pour nos filleuls les plus ruraux. Il s’agit tout simplement d’un défraiement de quelques euros par mois, qui permet aux collégiens et lycéens de couvrir leurs frais de déplacement jusqu’à l’école. C’est tout bête, ça ne coûte pas très cher, mais ça fait une réelle différence. Certains montent même à deux, voir à trois sur la moto, dans une sorte de « comotorage » dont le seul but est d’aller à l’école.


Association de loi 1901, reconnue de bienfaisance et habilitée à recevoir dons et legs, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
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