Être entrepreneur dans l'esprit "Laudato si": une joie et un défi
Et si l’entreprise devenait un lieu d’espérance et une oeuvre de coopération ? : entrepreneur, cofondateur avec Thomas Lemasle de l’entreprise de vins bio OÉ, François-Xavier Henry a choisi de bâtir son activité à la lumière de "Laudato si". Cette encyclique écrite par le pape François prône l'écologie intégrale, se consacre aux questions environnementales et sociales, et de manière générale à la sauvegarde de la Création. Au micro de l’émission Inspiration sur RCF Lyon, il partage une conviction profonde : on peut entreprendre dans la joie, en prenant soin à la fois de la terre et de l’humain. Face aux crises écologiques et sociales, François-Xavier Henry a choisi d’oser. Oser désobéir aux codes. Oser coopérer. Oser espérer.
François-Xavier Henry - © RCF Lyon« Mettre nos talents au service des clameurs de la terre et des pauvres »
Issu d’une famille chrétienne engagée, nourri par le scoutisme et le goût précoce de l’initiative, François-Xavier Henry a longtemps travaillé dans le redressement d’entreprises en difficulté. Mais en 2015, la lecture de l’encyclique "Laudato si, sur la sauvegarde de la maison commune" agit comme un déclic. « J’ai vraiment perçu que nous traversons une crise à la fois environnementale et sociale ». Avec son associé Thomas Lemasle, il fonde alors OÉ comme une “entreprise à impact”, avec un cap clair : transformer l’agriculture, la consommation et l’entreprise au service du bien commun.
Comment cela se traduit-il concrètement ? OÉ remet au goût du jour la consigne des bouteilles de vin — une première en France dans ce secteur — réduisant drastiquement les émissions de CO₂ et les déchets. L’entreprise développe le zéro déchet, accompagne ses vignerons vers l’agroforesterie, installe nichoirs et bergeries, favorise des sols vivants sans labour, soutient la biodiversité. « Nous ne voulons pas seulement arrêter de faire du mal. Nous voulons régénérer la terre».
Loin d’un idéal théorique, l’engagement a un coût : investissements lourds, résistances du marché, scepticisme ambiant. Mais le pari tient : à moyen terme, ces choix deviennent rentables — et surtout contagieux. D’autres acteurs majeurs du vin suivent désormais le chemin ouvert.
« On ne peut accomplir une mission que dans la joie »
Pour François-Xavier Henry, l’écologie intégrale ne s’arrête pas aux sols. Elle concerne aussi les relations de travail. Chez OÉ, la transparence est recherchée : marges, trésorerie, salaires. Les augmentations ne sont pas décidées par les fondateurs seuls, mais par un cercle de salariés. Une manière concrète de vivre la subsidiarité et la justice. L’entreprise se veut aussi un lieu d’accomplissement : chacun est invité à être pleinement lui- même, avec ses talents, ses fragilités, ses joies. Randonnées d’équipe, soirées mensuelles, accueil de personnes porteuses de handicap : la vie professionnelle devient un espace de croissance humaine.
Si on fait une super mission mais que toute l’équipe est en burn-out, ça ne sert à rien
Une forme de combat et une invitation à oser
Dans un contexte économique parfois hostile aux engagements écologiques, François-Xavier Henry parle d’un “combat extérieur”. Mais intérieurement, le cap est clair. Sa foi nourrit son espérance : « Même quand c’est difficile, savoir que derrière, il y a la lumière ». Le domaine de la Chapelle Saint-Pierre, à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, incarne cette cohérence : lieu d’expérimentation agricole, d’accueil, bientôt d’hospitalité pour des personnes éloignées de la nature.
Au terme de l’entretien, le message s’adresse particulièrement aux jeunes : entreprendre, oui, mais entreprendre en vérité. « Quand on met ses talents au service de ce qui nous tient à cœur, on s’accomplit. (…) Oser être soi dans son boulot, c’est peut-être le plus beau défi ».
Une parole incarnée, à contre-courant des logiques purement financières, qui ouvre un horizon : et si l’entreprise devenait vraiment un lieu de transformation, pour la terre comme pour l’homme ?


Des itinéraires inspirants, des cafés philo, du conseil conjugal et familial et de la Communication Non Violente, le samedi à 16h50 et le dimanche à 9h30.
Lætitia de Traversay donne la parole aux hommes et aux femmes qui construisent ce monde, discrètement et passionnément : spécialistes du couple et de la famille, philosophes, formatrices en CNV (Communication Non Violente), des personnes qui osent s'engager et relever des défis, portées par leur foi en Dieu et leur foi en l'Homme.
