JavaScript is required
Accueil
Entre inquiétudes et revendications, bilan de la chasse au gibier d’eau en Hauts-de-France

Entre inquiétudes et revendications, bilan de la chasse au gibier d’eau en Hauts-de-France

Un article rédigé par Vincent Cottard -Anne Henry - RCF Hauts de France, le 28 janvier 2026 - Modifié le 17 février 2026
Commune planète (Hauts-de-France)Chasse : comment concilier passion cynégétique et préservation des oiseaux migrateurs ?

Alors que la fermeture de la chasse au gibier d’eau se profile le 31 janvier prochain, la période 2025/2026 a été marquée par des directives européennes dénoncées par les chasseurs et les inquiétudes toujours vives des associations environnementales. La Voix du Nord et RCF Hauts de France ont réuni Patrick Thiery, président de l’association Picardie Nature et Simon Régin, vice-président de la Fédération régionale des chasseurs des Hauts-de-France pour débattre de cette question dans l'émission Commune Planète.

Patrick Thiery de Picardie Nature, Anne Henry de RCF, Fabrice Bourgis de la Voix du Nord et Simon Régin de la Fédération régionale des chasseurs des Hauts-de-France Crédit Emilien Vandenbussche RCF Hauts de FrancePatrick Thiery de Picardie Nature, Anne Henry de RCF, Fabrice Bourgis de la Voix du Nord et Simon Régin de la Fédération régionale des chasseurs des Hauts-de-France Crédit Emilien Vandenbussche RCF Hauts de France

La saison s’achève avec des prises satisfaisantes. Simon Régin, par ailleurs Président de la Fédération départementale des chasseurs du Nord, fait un bilan de saison à deux vitesses : 

On a eu une première partie de saison calme puis on a eu la chance d’avoir de bonnes conditions depuis décembre

La saison a été également perturbée dans le Nord, par de nombreux foyers de grippe aviaire, limitant sur certains districts la pratique. Notons aussi le déploiement de de l’appli “Chasse Adapt” pour déclarer les prises, “une révolution” pour Simon Régin. Cette application a pour but de mieux contrôler les prises d’espèces soumises à des quotas. Des restrictions qui concernent malgré tout des espèces “déjà en danger de disparition” ajoute Patrick Thiery, de Picardie Nature. Une inquiétude partagée également par Eric Fouvez, président de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) Hauts-de-France qui reste sceptique sur l’efficacité de cette application qui n’empêchera pas les sous-déclarations.

 

Des captures en baisse 
 

Les espèces les plus chassées dans les Hauts de France sont les canards colvert mais aussi les oiseaux migrateurs comme la sarcelle d’hiver et le canard siffleur” souligne Simon Régin. L’Office Français de la Biodiversité dans ses comptages de 2024 note tout de même une baisse nationale des captures de gibier d’eau depuis 10 ans : à cette époque, 694 000 canards colverts avaient été capturés, ainsi que 300 000 sarcelles d’hiver, 154 0000 canards siffleurs ou143 000 bécassines des marais. La seule hausse à noter se trouve chez le canard Souchet avec 135 000 captures. Les chiffres 2025 pourraient ou non confirmer ces tendances.

 

 

Une directive européenne mal tolérée


Cette saison de chasse a été également marquée par une tentative européenne de restreindre le nombre d’espèces à chasser et la durée de chasse.  A l’aube de l’ouverture de la saison l’été dernier, une directive européenne restreignait la chasse de certaines espèces menacées en imposant des quotas, notamment sur le canard pilet, le canard souchet ou la sarcelle d’hiver. Des restrictions sur lesquelles les chasseurs sont revenus et ont réussi à réduire ces contraintes. Patrick Thiery estime néanmoins que ces avancées européennes sont “satisfaisantes” mais poursuit ,

 si la population diminue, l’Europe réagira. 

De leur côté, les chasseurs “ ne se sont pas laissés faire” face à des “quotas qui mettaient en péril la chasse.”

 

Alerte à la maltraitance animale


Autre sujet de crispation de la saison 2025-2026 entre chasseurs et écologistes : la maltraitance des oiseaux chassés, notamment en Baie de Somme. L’écologue Pierre Rigaux et son association Nos Viventia réalisent depuis trois ans des documentaires à ce sujet. Ils ont dénoncé une nouvelle fois l’été dernier le fait que certains chasseurs tirent sur des oiseaux sans forcément les ramasser, finissent des oiseaux blessés en les tapant plusieurs fois contre la crosse de leur fusil ou en les faisant tournoyer par le cou. Et dans les marais, Pierre Rigaux alerte sur les conditions de vie des oiseaux appelants, censés attirer leurs congénères. Certains sont transportés dans des toiles de jutes avant d’être attachés dans les marais des journées complètes. Plus largement, les écologistes regrettent que ces pratiques soient toujours en cours et mal sanctionnées.

Mais précisons que la Fédération de la chasse des Hauts de France désapprouve certaines de ses pratiques en Baie de Somme, jugées non éthiques. Une position rappelée par Simon Régin durant le débat.

On voit bien donc que les pratiques de la chasse au gibier d’eau restent encore l’objet de tension dans les Hauts-de-France. Même si des évolutions sont à noter, permettant de maintenir une tradition, tout en assurant la sauvegarde d’espèces d’oiseaux migrateurs.

 

Commune Planète Hauts de France
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Commune planète (Hauts-de-France)
Commune Planète Hauts de France
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.