Damien Verny | « La Paix soit avec vous ! »
Au milieu des violences qui ravagent la Birmanie, la promesse du Christ « La paix soit avec vous », prend chair dans l’action humble et déterminée de Sœur Eunan et des sœurs du Bon Pasteur. Entre écoles de fortune, soutien aux plus fragiles et espérance tenace, leur engagement incarne une paix fondée sur la justice et la dignité, jusque dans les camps de déplacés.
Damien Verny © DRUne paix à croire malgré la guerre
« La Paix soit avec vous ! ».
Cette parole du Christ, vainqueur de la Mort, nous rejoint aujourd’hui comme une bénédiction et nous encourage à ne pas perdre espérance, malgré les guerres et les mauvaises nouvelles qui nous entourent chaque jour.
En Birmanie, dans une guerre oubliée qui a déjà causé la mort de dizaines de milliers de personnes, le général en chef de la Junte militaire est devenu président après 5 années de régime autoritaire. Alors, quand on est Birman, comment croire encore à cette promesse « La Paix soit avec vous » ?
L’archevêque de Rangoun, Charles Bo, s’adressait dernièrement à ses fidèles : « Si nous aspirons à la Paix, nous devons nouer des liens, aller à la rencontre les uns des autres, nous serrer la main et nous impliquer auprès de ceux qui sont dans la détresse ». Quelle belle exhortation qui encourage chacun à agir concrètement !
Le 12 mars dernier, les sœurs du Bon Pasteur ont célébré leur 160ème anniversaire de présence en Birmanie. Elles sont aujourd’hui une cinquantaine de sœurs au service de l’éducation et de la protection de l’enfance traumatisée par la guerre. L’archevêque a souligné leur parcours qui témoigne d’un amour sans limites et d’une mission qui ne cesse de s’épanouir.
Des écoles de la paix au cœur du chaos
Sœur Eunan vit dans la ville de Loikaw, capitale de l’État Kayah et l’un des principaux théâtres du conflit actuel. Des combats urbains intenses entre l’armée birmane et les milices ethniques, des bombardements aériens quasi quotidiens ont détruit de nombreuses infrastructures dont des églises, écoles et hôpitaux. Aujourd’hui, on y compte plus de 120 000 déplacés internes fuyant les routes et les forêts peu sûres.
Avec ses sœurs du Bon Pasteur, Sœur Eunan visite des familles pauvres du quartier, les malades du sida ou de la malaria. Elle a mis en place des écoles de fortune dans les camps de déplacés pour scolariser les enfants du primaire au collège. Quand elle pénètre au petit matin dans le camp, le visage de Sœur Eunan semble dire aux enfants qui se pressent devant l’école : « La Paix soit avec vous ».
La semaine dernière, Léon XIV exhortait les Algériens venus l’écouter : « Dieu souhaite la Paix pour toutes les nations : une paix qui ne soit pas seulement une absence de conflit mais l’expression de la justice et de la dignité ».
Justice et dignité sont deux défis relevés par Sœur Eunan avec ses écoles de la Paix, qui évitent aux enfants la tentation de prendre les armes et aident ces jeunes à recevoir cette bénédiction du Sauveur.
À l’approche de la fête du Bon Pasteur – qui est aussi la journée mondiale des vocations – prions pour ces religieuses dévouées et pour les cinq cents filleuls qu’Enfants du Mékong parrainent à travers elles dans cinq pays.


Association de loi 1901, reconnue de bienfaisance et habilitée à recevoir dons et legs, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
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