Des premiers jongles aux sommets du foot freestyle : le parcours de Yoanna Dallier
Il y a dix ans, Yoanna Dallier découvre le foot freestyle sur internet. Passionnée de football, elle trouve dans cette discipline un style de vie. À force de travail et de détermination, elle devient championne de France à six reprises et s'impose sur les scènes internationales.
Yoanna Dallier © RCF Lyon« La seule chose qu’il y avait au début, c’était le ballon. Je n’étais pas très douée techniquement, pour être honnête, mais j’ai fait du foot avec mon frère parce que je faisais un peu tout comme lui ». De ses cinq à ses dix ans, Yoanna Dallier découvre le football, à la suite de son grand-frère. Un sport qui lui procure des émotions fortes, sans savoir que ce ballon rond allait être son outil de travail quelques années plus tard.
Après une détection ratée dans une école de foot à Toulouse et l'échec à l'exercice de jongle, l'ariégeoise s'entête, rentre chez elle et s'entraîne : « En voulant regarder sur internet, je suis tombée sur une vidéo de foot freestyle et ça a été le coup de foudre. J’ai vu ça et je me suis dit : Wow ! J’ai envie de faire ça en fait, c’est sublime ».
C'est à Marseille qu'elle rencontre ces adeptes de foot freestyle qu'elle regarde en boucle. D'un sport individuel et d'un apprentissage en autonomie, la jeune Yoanna découvre alors un réel côté communautaire autour de cette pratique : « Je suis tombée vraiment amoureuse de ce partage, de se donner des conseils, s'aider à progresser. Mon frère m'aidait du coup financièrement à me rendre à Marseille pour pouvoir m'entraîner avec eux et progresser plus vite. Donc c'est en partie grâce à eux que j'ai eu le niveau que j'ai eu assez rapidement. Et je suis hyper reconnaissante de les avoir rencontrés ».
Je suis tombée sur une vidéo de foot freestyle et ça a été le coup de foudre
Son ascension est alors fulgurante. En trois ans, elle progresse et remporte son premier titre de championne de France en 2019, le premier d'une longue série. En posant ses valises à Lyon à la fin des années 2010, elle commence faire de sa passion son métier : « Petit à petit, à partir de 2019, , à force de poster sur les réseaux sociaux (3.7 millions d’abonnés sur Tiktok aujourd'hui, ndlr), j'ai eu pas mal de retours. On a commencé à me proposer de venir sur des tournages, sur des choses où il y avait de la rémunération. C'est là qu'avec un ami qui s'appelle Johann, qui est du coup mon meilleur ami aujourd'hui, on a commencé à se dire peut-être qu'on peut en vivre de ça ».
Est-ce que c’est quelque chose que je vais faire dans 5 ans ? Est-ce que je suis toujours autant passionnée qu’au début ? Si j’arrête le football freestyle demain, qui suis-je, en fait ?
Elle enchaîne alors les prestations dans les plus grands stades de France, rencontre des personnes influentes, collabore avec des célébrités, mais garde la tête sur les épaules. Cette vie rêvée n'empêche pas la jeune femme de 26 ans de passer par des moments de doutes. Malgré ses nombreuses titres (sextuples championne de France, vice championne du monde en 2025), elle souhaite garder le plaisir de la pratique, de ses premières émotions qu'elle a ressentit dans son adolescence : "Est-ce que c’est quelque chose que je vais faire dans 5 ans ? Est-ce que je suis toujours autant passionnée qu’au début ? Si j’arrête le football freestyle demain, qui suis-je, en fait ? Toutes ces questions, elles arrivent maintenant, à 26 ans, après 10 ans de pratique. Et c’est vrai qu’elles n’étaient jamais trop arrivées avant [...] Je ne suis pas comme les autres années à me mettre une pression monstre sur la course au titre, sur le fait d'être performante à chaque entraînement, de m’entraîner 2 à 3 fois par jour, tous les jours. Je suis beaucoup plus tranquille avec moi-même. C’est l’état d’esprit actuel : juste de la reconnaissance d’être toujours là après 10 ans ».
Le plaisir du ballon, comme au premier jour.


Chaque semaine, Thierry Weber part à la rencontre d'un talent de la région lyonnaise, là où il ou elle exerce sa passion, son métier, son sport, son art. Un entretien portrait de 30 minutes, pour découvrir de nouveaux visages, de nouvelles voix et de nouveaux talents. Première diffusion le mardi à 6h, puis le mercredi à 19h et le samedi à 16h.
