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Western Lover
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Western Lover

RCF Rennes, le 27 novembre 2023  -  Modifié le 27 novembre 2023

Marque Page remonte en selle cette semaine pour une chevauchée dans le grand ouest américain. Vous le savez maintenant, depuis plus de 3 saisons, les colts fument régulièrement sur nos ondes et lorsque nous avons assez de munitions pour dégainer, nous vous tirons notre 6 coups pour vous présenter quelques nouveautés parues dans le wild west du 9ème art et il y a de vrais desperados sur les chemins en cette fin d’année !
 

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Western Love, T1 La teigne et le gentil, d'Augustin Lebon chez Soleil 3.5

Western Love (Lebon - Soleil)

Western Love est une série rafraîchissante, pleine d'action, de romance et d'humour, à mi-chemin entre Et pour quelques dollars de plus et Coup de foudre à Notting Hill !

Lorsqu'il rencontre « Molly La Teigne », dans un bled poussiéreux du Nouveau Mexique, « Gentil » décide de quitter son ancienne vie de hors-la- loi pour la séduire et vivre à ses côtés. Hélas, son passé le rattrape et les deux amants sont séparés...

Augustin Lebon se retrouve pour la première fois, vraiment seul, à la réalisation d’une bande dessinée, scénariste, dessinateur et aussi coloriste. Le résultat, sans être exceptionnel, est plus qu’honorable et fait de ce Western Love, une série B honnête. La trame est plutôt classique mais les rebondissements sont bien dosés pour relancer la lecture. Le duo de personnages est réussi avec l’inversement des rôles, la teigne n’est pas le garçon plutôt fleur bleue, mais bien notre jolie rousse tenancière d'un restaurant ! L’humour est présent sans être trop lourd, et pour les amateurs de western, rassurez-vous, ça tire dans tous les sens avec une attaque de banque, une bande de hors-la-loi, des règlements de comptes, des kidnappings. Bref, on finit cette lecture essoufflé comme nos deux tourtereaux que nous retrouverons pour la suite de leurs aventures. Côté dessin, l’auteur assure parfaitement la mise en scène, son trait semi-réaliste fonctionne tout à fait dans ce registre western et comique (mais pas trop quand même) ! 

Western Love (Lebon - Soleil)


La jeunesse de Durango, T2 De feu et de sang, de Swolfs et Surzhenko chez Soleil3

Texas 1882. Témoin de l'assassinat de trois cowboys , un jeune vagabond échappe lui-même de justesse au tueur, un professionnel armé d'une carabine équipée d'une lunette. Le jeune homme est engagé par le propriétaire du plus grand ranch de la région pour qui travaillaient les trois victime mais ignore qu'en acceptant cet emploi, il deviendra témoin actif d'une sanglante guerre entre éleveurs.

La jeunesse de Durango (Swolfs & Surzhenko - Soleil)

Comme sur le premier tome, notre jeune héros n’est encore qu’un pion parmi d’autres sur l’échiquier mis en place par le scénariste Yves Swolfs. Le héros Durango n’a pas la même place que sur ces aventures ultérieures. Cependant, malgré une classique intrigue de violences entre éleveurs, le récit est riche et suffisamment bien écrit pour intéresser le lecteur. Au dessin, Roman Surzhenko continue, comme sur le tome 1, à se coller au style d’Yves Swolfs avec réussite. 

La jeunesse de Durango (Swolfs & Surzhenko - Soleil)


Bouncer, T12 Hécatombe, de Jodorowski et Boucq chez Glénat 4

Bouncer (Jodorowski & Boucq - Glénat)

 

Une pluie diluvienne s’abat sur Barro-City depuis des jours. Les chemins qui mènent à la banque ne sont plus que boue. C’est là que le Bouncer et ses amis ont déposé l’or mexicain qu’ils ont ramené des confins du désert de Sonora. Mais les lingots entreposés à la banque attisent la convoitise. La ville est non seulement inondée, mais toutes sortes de malfrats et de crapules de la pire espèce déboulent de toutes parts, prêts à tout pour s’approprier cet or. Quand le colonel Carter arrive avec ses hommes pour sécuriser l'or, le maire espère un retour au calme mais la situation dégénère lorsque les lingots se volatilisent comme par magie. Pourtant, le coffre-fort vidé est intact ! La tension est à son comble. Dans une ville où la foule se délecte des procès expéditifs et des lynchages, les victimes collatérales seront nombreuses et les apparences souvent trompeuses. L’extase de l’or génère la pire des violences et la ville pourrait vite disparaître dans un déluge de feu et de sang. Il se pourrait que cet or maudit mène le Bouncer bien plus loin qu’il ne l’aurait voulu, sur une piste funeste et sauvage de courage et de mort.

Pour une fois les auteurs, nous offrent une histoire en seul tenant, près de 150 pages au lieu de la découper en 2 ou 3 tomes comme ils faisaient jusqu’alors. Et force est de constater que le choix est payant, l’histoire se lit d’une traite, dans son ambiance poisseuse : on est pris dans ce déluge d’eau, de feu et de sang jusqu’à arriver à la fin qui annonce une véritable révolution dans l’univers de la série.  
Après une première partie exemplaire, sous une pluie diluvienne qui charrie même les cadavres du cimetière à travers les rues de la ville, lorsque la pluie cesse enfin, le piège des braqueurs est alors bien en place et s’en suivra le jeu de piste et de massacre pour le Bouncer et ses amis pour protéger leur or.

L’intrigue est très solide et la partition parfaitement exécutée, avec ses nombreux rebondissements (malgré tout quelque peu attendus), l’ésotérisme est bien sûr présent comme souvent avec Jodorowsky dans une courte séquence finale mais qui se justifie par le passé du Bouncer et le lieu de l’intrigue. Mais là où les auteurs surprennent vraiment, c’est dans la noirceur encore plus forte qu’auparavant quant à la destinée de tous les personnages.  

Aux pinceaux, François Boucq, le dessinateur de 67 ans, n’a plus rien à prouver. Son talent et sa mise en scène tirent juste à chaque fois, un desperado du pinceau qui met habilement en actions ses personnages, sa galerie de trogne est toujours aussi réussie, comme et surtout donc la mise en page et les ambiances. On sent le plaisir qu’il a, à dessiner ces trombes d’eaux sur cette ville perdue, tout comme le désert et les fusillades. Le tout est mis en couleur à l’aide de son fils Alexandre Boucq, qui renforce avec force talent les traits et les ambiances de son père. Le Bouncer est définitivement bien un incontournable du western en bande dessinée

Bouncer (Jodorowski & Boucq - Glénat)


Golden West de Christian Rossi chez Casterman4

Banni de son peuple pour conjurer une malédiction, le novice apache Woan doit apprendre à survivre. Après avoir affronté, seul, à la frontière nord-ouest du Mexique, les épreuves des éléments naturels et des passions humaines, le jeune homme croise la route d’un guerrier dont les faits d’armes et la spiritualité ont marqué l’Histoire des Etats-Unis et la légende dorée de l’Ouest : Geronimo !
En nous faisant revivre l’ultime élan de résistance d’une civilisation en péril, Christian Rossi donne à lire son œuvre la plus personnelle et la plus inspirée.

Golden West (Rossi - Casterman)

[...] L’histoire prend son temps et se développe sur plus de 150 pages pour toute une vie, de la jeunesse jusqu’aux derniers jours de Woan, et cette importante pagination est presque insuffisante, tant le propos de l’auteur est riche et dense et la lecture de cet ouvrage est exigeante. C’est en effet, un album riche, à la narration décousue, peut-être même un peu frustrant pour le lecteur qui voit les émotions évitées par l’auteur et les moments attendus dans ce genre de lectures souvent contournés comme par exemple la mort de la famille de Woan. Par ailleurs, l’auteur ne s'intéresse pas tant au combat des apaches et des indiens contre les colons blancs, qu’à leur mode de vie, leur lien à la terre, à la nature et aux animaux qui les entourent. Christian Rossi se place du côté des indiens, sans pour autant en faire non plus des saints (il nous montre notamment la dureté de leur éducation). Il nous montre  simplement des hommes et femmes qui vivent au milieu de la nature depuis des siècles et qui se retrouvent chassés de chez eux.

Du côté de la mise en image, il n’y a rien à redire : l’auteur est un amoureux du western, du grand ouest américain et dessine à merveille les paysages. C’est une ode graphique à la nature sauvage.  Ses personnages et sa mise en scène sont tout aussi exemplaires tout comme la mise en couleurs, en couleurs directes pour des images emplies de lumières et d’ombres.

Golden West (Rossi - Casterman)


Programmation musicale :

Gary Blood, The Craftmen Club (Thirty-Six Minutes, 2009)

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