Une soirée au Carmel
C’est en plein air, dans le magnifique jardin de l’ancien Carmel à Avignon, que la jeune compagnie de théâtre « On a un problème » présentait « La pluie d’été », adapté du roman de Marguerite Duras.
© Tanguy VidalIci, pas de rideaux ni de coulisses, et le public entoure un plateau nu, habité par quelques sacs de pommes de terre, pour une représentation à vue.
Nous entrons chez une famille de la banlieue parisienne dans les années 90.
La mère de sept enfants est venue, il y a longtemps, d’un pays du Caucase, le père, lui, est italien de la Plaine du Pô.
Et puis il y a Ernesto – Vladimir, entre 12 et 20 ans, il ne sait pas son âge, qui revient de l’école et déclare :
L’école, je ne veux plus y aller, on m’apprend des choses que je ne sais pas
L’école, il n’en a pas besoin, par capillarité, il sait tout jusqu’à la création du monde.

Les trois comédiennes : Cécile Goetz, Jeanne Passot, Judith Razon, et Solène Bourdeau, qui dirige la mise en scène collective, sont toutes issues de l’École Jacques Lecoq.
Elles s’emparent de ce texte magnifique de Duras et nous le restituent avec simplicité, drôlerie et profondeur, avec une belle présence, un engagement des corps qui jouent.
Le tout dans un rapport très juste avec le public, qui est en permanence partie prenante de ce qui se passe à l’instant.
Un musicien comédien, Sébastien Rocher, a composé et interprète, en bord de plateau, la musique du spectacle.
C’était une belle soirée de printemps au Carmel et ce fut un bon moment de théâtre.
Comment finir une pièce lorsqu’il n’y a ni rideau ni lumières à éteindre ?
Par un sourire, tout simplement.
Une jeune génération entre en théâtre avec conviction et talent et cela fait du bien.

Souhaitons-leur et souhaitons-nous d’autres moments de cette qualité à partager.
Alain GRAS
RCF Vaucluse
