Une sacré œuvre à l'honneur pour le centenaire de l'artiste Arcabas
Avec plus de 6000 œuvres recensées à ce jour, le peintre mosellan qui avait élu domicile en Isère est l’un des plus grands spécialistes de l’art sacré contemporain. Il aurait eu cent ans en 2026. L'occasion de célébrer son travail prolifique au cours d'une programmation spéciale tout au long de cette année.
Le peintre Arcabas aurait eu cent ans en 2026. Une année d'événements rend hommage à son œuvre (©Les Amis d'Arcabas)
Les vitraux d'une petite église de village, le tableau monumental d'une cathédrale, la fresque qui orne les murs du lycée de vos enfants.... Si vous habitez la région Rhône-Alpes, il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé l’une des œuvres d'Arcabas.
La signature de cet artiste spécialiste de l’art sacré s’inscrit sur des centaines d’édifices, religieux ou publics, sur le territoire du Dauphiné mais aussi dans sa Moselle natale et même jusqu’à Bruxelles, Bergame et Rome. Comme autant de témoignages de son travail prolifique, "plus de 6000 de ses œuvres sont recensées à ce jour", comptabilise Isabelle Pirot, la fille de l’artiste. "Et ça n’est pas terminé!"
Le peintre et le prêtre
Né Jean-Marie Pirot en 1926, le début de sa vie est marqué par la Seconde guerre mondiale, pendant laquelle il sera enrôlé de force dans l’armée allemande avant de prendre la fuite. C’est à l’orée des années 1950 que l’artiste pose bagages et pinceaux à Grenoble. D’abord professeur à l’école des Arts décoratifs puis à la tête de l’atelier plastique de l’Éloge de la main à l’Université grenobloise, c’est une rencontre qui va véritablement changer sa vie de peintre : celle du père Raymond Truffot.
Curé de la petite église Saint-Hugues, nichée dans la Chartreuse, il cherche un artiste capable de lui redonner des couleurs et accorde toute sa confiance à Arcabas. Pendant près de 30 ans, l’église va changer de visage entre ses mains : des vitraux jusqu’aux fresques murales, du plafond à l’autel, tout dans cette petite chapelle de montagne porte la marque de l’artiste.

L'art sacré d'Arcabas
Ce travail titanesque lui vaudra le titre de spécialiste de l’art sacré. “Une étiquette qu’il n’aimait pas du tout” assure sa fille, aujourd’hui à la tête de l’Association des Amis d’Arcabas. “Ce n’était pas un peintre religieux, même s’il était homme de foi”, se souvient-elle. “Selon lui, sa vie s’inscrivait dans un dessein imaginé par quelqu’un, quelque chose de plus grand que lui. Tout était donc sacré : sa démarche était la même qu’il peigne une Pietà ou un bol d'olives”.
C’est aussi grâce à Saint-Hugues que sa renommée dépassera largement les frontières de l’Isère. Il répondra à de nombreuses commandes de l’Église, partout en France et en Europe, mais aussi à des appels d’offres publics et privés. “Des écoles, des lycées, des petites églises perdues, des collectionneurs… Arcabas est partout », estime François Gauthier, membre de l’Association des Amis de l'artiste. Encore aujourd’hui on dénombre plusieurs milliers de visiteurs chaque année dans l’église de Saint-Hugues, devenue musée départemental à sa mort, en 2018.
Comment expliquer un succès aussi phénoménal ? « Coloriste de génie, acteur de beauté, il avait trouvé une écriture propre qui visiblement a plu au public » avance François Gauthier. « Dans le Dauphiné, parce qu'il a été professeur et parce qu'il a répondu à beaucoup de commandes, il a été un véritable acteur du territoire, il y a une vraie connaissance de son œuvre”.
Une année de centenaire
Un territoire qui lui rendra hommage tout au long de l’année 2026, à l'occasion du centenaire de sa naissance. Plus d'une soixantaine de rendez-vous sont déjà au programme. Certains de grande ampleur comme l’exposition rétrospective consacrée à l’artiste qui s’ouvrira en avril prochain, au Musée Hébert de la Tronche, mais aussi un colloque artistique au Musée de Grenoble ou encore une messe des artistes. Elle sera cette année retransmise à la télévision, depuis Saint-Hugues, le 28 juin. Le Musée Arcabas en Chartreuse accueillera d'ailleurs aussi une exposition spéciale.
"On a aussi reçu beaucoup de demandes plus modestes d'édifices abritant un bout du travail d’Arcabas et qui souhaitait aussi lui rendre hommage à l’occasion du centenaire par des visites ou des concerts”, ajoute François Gauthier.
D’autres propositions sont plus étonnantes : le baptême d’une rose créée en hommage à l’artiste ou une tournée de concerts pensés autour de son œuvre.
Une vaste programmation d'hommages et d'expositions qui vont encore s’étoffer au fil de l’année dont l’ensemble est à retrouver sur un site dédié : www.centenaire-arcabas.fr


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