JavaScript is required
Accueil
"Un jour avec mon père" : le premier film nigérian primé à Cannes et aux BAFTA

"Un jour avec mon père" : le premier film nigérian primé à Cannes et aux BAFTA

Un article rédigé par Valérie de Marnhac - RCF, le 25 mars 2026 - Modifié le 25 mars 2026
La Chronique cinéma"Un jour avec mon père" : le premier film nigérian primé à Cannes et aux BAFTA

Premier long métrage d’Akinola Davies Jr., Un jour avec mon père reconstitue en 24 heures intenses à Lagos en 1993, les ultimes instants d’un père avec ses deux fils au cœur de la crise électorale nigériane. Semi-autobiographique, tourné en 16 mm au grain nostalgique. Ce récit onirique mêlant grande Histoire et souvenirs d’enfance a conquis Cannes (mention Caméra d’or) et le BAFTA du meilleur premier film.

Un jour avec mon père ©DRUn jour avec mon père ©DR

C’est un très beau premier long métrage, qui a obtenu une mention de la part du Jury de la Caméra d’or à Cannes l’année dernière. Il était aussi le premier film nigérian en compétition de toute l’histoire du Festival.

Au cœur de l’histoire nigériane, le récit d’une jeunesse

Il a été écrit à quatre mains par Akinola Davies et son frère aîné, Wale, en se basant sur les souvenirs de leur père décédé alors qu’ils étaient de tout jeunes enfants. Une absence qui a marqué leur jeunesse passée au Nigéria et qui leur a inspiré ce récit. 

Un mélange d’onirisme et de réalisme politique, puisque l’histoire se déroule à un moment clé de la vie du pays :  le 12 juin 1993. C’est le jour où ont eu lieu les premières élections démocratiques organisées par le général Ibrahim Babangida, qui était à la tête de la junte militaire au pouvoir. C’est aussi le jour choisi par Folarin, le père de Rémi et Akin, pour emmener ses deux fils à Lagos, et tenter de récupérer les salaires que son patron lui doit.

Un récit ponctué de parenthèses énigmatiques

Durant ces 24 heures, se mêlent la grande et la petite histoire, vues à travers le regard de ces deux garçons. D’abord la découverte d’un homme qu’ils connaissent peu. Une très belle figure paternelle jouée par l’acteur britannique Sope Dirisu. Il incarne un mélange d’autorité, de charisme. Il est un éducateur soucieux de transmettre des valeurs de fraternité, de respect de l’autre, capable de douceur et de sensibilité, alors que la menace gronde autour d’eux. Elle est représentée par des militaires omniprésents et au regard terrifiant.

C’est donc un récit d’enfance où la mise en scène illustre bien cette frontière floue qui existe entre leurs souvenirs effacés, et un imaginaire nourri de rêves et de réalité. Cela donne de très belles séquences montées en flash rapide et qui reviennent en boucle, à la fois mystérieuses et inquiétantes : des oiseaux qui tournoient dans le ciel, un sac de tissu bleu offert dont on ne comprendra l’usage qu’à la toute fin, leur père qui saigne du nez… Ce sont autant d’indices qui nous guident et nous permettent à la fin de reconstituer le déroulement des faits.

Un choix d'esthétique cinématographique 

L’essentiel des films sont, aujourd’hui, tournés en numérique. Le 16mm et l’argentique ont la particularité de donner un grain spécial à l’image, proche des images d’archives de l’époque que le réalisateur a intégré au film. Les couleurs sont jaunies, un peu à la manière des vieilles photographies, pour créer une atmosphère hors du temps et empreinte de nostalgique.

Le réalisateur et son frère qui vivent et travaillent en Grande-Bretagne ont tenu à revenir dans leur pays d’origine pour ce projet réalisé entièrement sur place. L’occasion pour eux aussi de valoriser les atouts industriels du Nigeria, deuxième pays derrière l’Inde en nombre de films tournés par an. Ce qui lui vaut l’appellation de « Nollywood », en référence à « Bollywood », contraction de Nigeria et Hollywood.

Un Jour avec mon père d’Akinola Davies a obtenu le BAFTA de « meilleur premier film », l’équivalent britannique des Oscars.

Émission La chronique Cinéma © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
La Chronique cinéma
Émission La chronique Cinéma © RCF
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.