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Un "die-in" pour dire non aux spéculateurs de la faim #JeudiPhoto
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Un "die-in" pour dire non aux spéculateurs de la faim #JeudiPhoto

Un article rédigé par Stéphanie Gallet, Melchior Gormand - RCF, le 5 octobre 2022  -  Modifié le 17 juillet 2023
Jeudi Photo - Agir pour le monde Un "die-in" pour dire non aux spéculateurs de la faim #JeudiPhoto

Chaque jeudi, Stéphanie Gallet décrypte une photo sélectionnée par le CCFD-Terre solidaire. À quelques jours du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies qui se tiendra du 10 au 13 octobre à Rome, le CCFD-Terre solidaire a choisi une photo de Pascal Montory pour dénoncer les profiteurs de la faim, ceux qui spéculent sur les biens alimentaires.

© Pascal Montary © Pascal Montary

Que peut-on voir sur la photo ? 


"Non aux profiteurs de la faim". Ce slogan, il est imprimé en lettre capitale sur une grande bannière rouge siglée CCFD-Terre solidaire. Une bannière tenue par quelques militants qui sont adossés à des grilles devant une vaste colonnade.

La bannière est au centre de la photo et occupe presque un tiers de l'espace. Mais ce qui intrigue, c'est ce qu'il se passe au premier plan, au bas de la photo : il y des corps tout de noir vêtus et qui sont allongés sur le sol.

 

Où et quand cette photo a-t-elle été prise ?

 

C'est une photo toute récente, elle n'a même pas une semaine. C'était samedi le 1er octobre, et le lieu n'est pas anodin : nous sommes devant la bourse. On reconnaît bien les célèbres colonnes du palais Brongniart. Le palais Brongniart, c’est le symbole historique des marchés financiers français.

 

C'est un happening ?

 

On parle même de "die-in" dans ce cas. On connait les "sit-in", s'asseoir en pleine rue pour protester, et avec les "die-in", on s'allonge pour simuler des morts. Samedi, une cinquantaine de bénévoles et de salariés du CCFD-Terre solidaire s'était donc donné rendez-vous pour monter cette mise en scène funèbre, donner une image de ceux qui meurent de la faim et dénoncer ceux qui s'enrichissent sur le dos des plus pauvres.

 

Profiteurs de la faim = profiteurs de la guerre ?

 

En parlant de profiteurs de guerre, si on continue de regarder la photo, nos militants du CCFD, ceux qui sont debout comme ceux qui sont couchés, portent des assiettes en carton, sur lesquelles est écrit "Crise alimentaire, stop à la spéculation, faim = scandale". Notez qu'en mai dernier, le prix du blé a augmenté de plus de 70 % sur le marché financier de Paris. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’en moyenne, sept acheteurs sur dix ne sont pas des commerçants, mais des spéculateurs privés. Eux, ce qui les intéressent, c’est de faire monter les prix pour faire du profit. Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux acteurs financiers profitent ainsi des craintes de pénuries mondiales pour spéculer sur le prix de notre alimentation. Ces « profiteurs de la faim » s’enrichissent pendant que des millions de personnes, notamment dans les Pays du Sud, peinent à se nourrir convenablement.

 

Quel est le message du CCFD-Terre solidaire ?

 

Derrière cette mise en scène photographiée par le photographe parisien Pascal Montary, il y a une réalité bien plus cruelle. Il faut rappeler qu’aujourd’hui la faim dans le monde touche 828 millions de personnes. Un Comité pour la Sécurité Alimentaire mondiale des Nations Unies (CSA) devrait se tenir prochainement. Le CCFD-Terre solidaire veut profiter de cette échéance pour exiger que les décideurs politiques identifient les spéculateurs qui profitent de la faim et leur interdisent l’accès aux marchés agricoles. Derrière ceux qui s’enrichissent indûment, il y a en a d’autres qui meurent.

 

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