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Un camion pour recréer du lien social dans les villages du Saumurois
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Un camion pour recréer du lien social dans les villages du Saumurois

Un article rédigé par Marion Bastit - RCF Anjou - RCF Anjou,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Depuis janvier, le camion d'Au Coin de la Roue s'installe chaque mardi à Dénezé-sous-Doué. Objectif : permettre aux habitants de se rencontrer, dans un village où il n'y a plus de commerces.
2020 RCF Anjou - Le camion d'Au Coin de la Roue affiche les 70 noms de celles et ceux qui ont contribué à le financer ou à l'aménager. 2020 RCF Anjou - Le camion d'Au Coin de la Roue affiche les 70 noms de celles et ceux qui ont contribué à le financer ou à l'aménager.

Un camion pour recréer du lien social dans les villages du Saumurois : c’est l’idée de l’association Au Coin de la Roue, créée par deux Gennoises.

Elles ont récupéré un ancien véhicule de la médecine du travail, qu’elles ont aménagé pour en faire un café mobile.

L’idée est de s’installer dans les villages où il n’y a plus de commerces, une demi-journée par semaine, pour proposer aux habitants de venir prendre un café ou participer à une activité.

Café, chouquettes et grand sourire

Depuis début janvier, le camion bleu et vert est garé tous les mardis matins, devant la salle des fêtes de Dénezé-sous-Doué. Claire Millou, l’animatrice d’Au Coin de la Roue, y accueille les visiteurs de 8 h 30 à 12 h.

« Bonjour, bienvenue chez nous ! » lance-t-elle avec un grand sourire, tandis que la porte tinte d’un joyeux bruit de grelot. A l’intérieur, on se croirait plus dans un salon que dans un camion.

Un mini-lieu social de 20 m²

« On a des bénévoles qui ont mis du parquet, on a une belle table, des rideaux, des plantes vertes, des bouquins… un peu comme à la maison ! Un petit lieu sympa où les gens peuvent se retrouver », résume Claire Millou.

 « L’objectif c’est que les gens se re-rencontrent, fassent connaissance et puis recréent de la vie dans le village », explique-t-elle. Assises autour de la table, deux jeunes mères au foyer sont venues prendre un café, après avoir emmené leurs enfants à l’école.

Enfin un lieu de rencontre

Camille, 35 ans, se réjouit de rencontrer une autre maman. « On vit souvent dans des lieux-dits à l’extérieur du village, donc on vient, on emmène nos enfants et on repart, et c’est vrai qu’on ne prend pas toujours le temps de s’arrêter », constate-t-elle.

« Et puis on ne se connaît pas toujours bien, donc on n’ose pas se parler, confesse-t-elle. Du coup, d’avoir un lieu extérieur avec une personne extérieure qui nous met en contact, ça fait du bien ! »
Ecouter le reportage :  « Mis à part l’école, on n’a pas grand-chose autour de nous pour voir d’autres personnes, renchérit Jennifer, 28 ans. Donc c’est sympa de pouvoir venir pour découvrir d’autres personnes, apprendre des choses… Je vais apprendre à tricoter ! » s’amuse-t-elle.

Sans voiture, l'isolement

Mathilde, 88 ans, vient pour la première fois, déposée par son fils. « C’est pour avoir de la compagnie, parce que je suis veuve depuis cinq ans et que je suis seule », explique-t-elle. Elle habite un hameau à 5 kilomètres du bourg.

 « Je conduisais beaucoup mais pour l’instant, j’ai arrêté à cause d’un problème d’yeux, raconte-t-elle. Rester enfermée toute une vie dans une maison, c’est dur ! En un mois, vous ne voyez personne à part le facteur… Enfin, s’il met ça dans la boîte aux lettres, on ne voit même pas le facteur ! Ce n’est pas facile… »

Après avoir pris part à l’atelier-mémoire, Mathilde pourra repartir avec un livre de la bibliothèque, une solution de transport, et pourquoi pas le téléphone des deux mamans pour s’échanger quelques coups de main.

Des appels Skype pour les aînés

Dans un coin du camion, un petit bureau s’apprête à recevoir un ordinateur. « Je ne donnerai pas de cours d’informatique, précise Claire Millou, mais si quelqu’un a un problème pour aller chercher sa facture EDF par exemple, maintenant que tout est dématérialisé, je pourrai le dépanner. »

« On pourra aussi faire des visioconférences par Skype, ajoute-t-elle, pour appeler les petits-enfants qui habitent à l’autre bout de la France par exemple. Que les aînés puissent les voir, parler avec eux en les regardant, pour eux c’est important d’avoir une relation visuelle. »

Jules le camion cherche un abri

En plus de Dénezé-sous-Doué tous les mardis matins, le camion s’installera à Louerre, tous les lundis matins, sur la place de l’église, à partir du 2 mars. A terme, l’objectif est d'être présent dans huit villages chaque semaine.

Enfin, l’association Au Coin de la Roue cherche un abri pour Jules, son camion. Il faut avoir de la place : il fait 9 mètres de long, 3,55 mètres de haut et 2,55 mètres de large.

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