Ulysse, l’histoire d’un petit garçon ‘pas comme les autres’
Le film de cette semaine, c’est un prénom : Ulysse. Mais c’est aussi tout un programme : "Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage", écrivait le poète Du Bellay. "Ulysse", c’est l’histoire d’un petit garçon pas comme les autres qui, avec l’aide de ses parents, poursuit ses rêves malgré les difficultés. Le septième long métrage de Laetitia Masson transmet un puissant message d’espoir, de persévérance et de tolérance.
©Ulysse/ARP SélectionBeau, sensible, poignant, romanesque, vécu, exaltant et libérateur… Car Ulysse, c'est aussi le héros de l'Odyssée. Ce long métrage de Laetitia Masson est une véritable odyssée du quotidien, inspirée de son histoire à elle et de celle de son fils Alphonse.
"Ulysse", l'histoire d'un petit garçon "pas comme les autres"
L'histoire d'Ulysse est racontée dans ce film, de sa naissance à ses 18 ans ! Il est donc interprété par quatre acteurs successifs, dont le plus âgé est le véritable fils de la réalisatrice. L’histoire commence dans la joie d'un couple devenu parents. Le père est pianiste, la mère sociologue, et l'arrivée de ce bébé fait leur bonheur. Sauf que les mois passent et qu'Ulysse grandit peu, ne marche pas, refuse de manger et reste insensible à leurs voix comme à leurs gestes. Le diagnostic tombe : syndrome génétique. Ulysse ne se développera pas comme les autres ; il sera différent.
Aucun parent n'est armé pour une telle annonce, mais Alice et Luc vont y faire face. Elle est jouée par Élodie Bouchez (qui nous avait déjà bouleversés dans le film "Pupille"). Ici, elle est un mélange de force et de douceur, qui impressionne par sa détermination, sa confiance et sa foi en Ulysse. Pour le père, c'est plus compliqué… Il a besoin de mettre une distance physique entre lui et son fils, sans pour autant l'abandonner. La musique va servir de pont entre eux, par-delà l'océan.
Une différence, mais de grandes espérances
La réalisatrice dit que, si le titre n'était pas déjà pris, elle aurait pu intituler son film « Les Grandes Espérances ». Car, comme tout parent, Alice et Luc placent de grandes espérances dans l'avenir de leur enfant. Et ce qui est beau, c'est que le film garde cette espérance vivante jusqu'au bout : elle change simplement de nature. Il ne s'agit plus de réussir ou de performer à l'école, au travail ou en société, mais de grandir en humanité, d'élargir son regard, d'apprendre des autres, de puiser sa joie dans les petits riens du quotidien et de poursuivre sans cesse ses rêves.
Ulysse en a un : devenir chef cuisinier. Et Alice va se battre pour cela, contre les limites et les absurdités des institutions, au point de frôler, elle aussi, parfois le déni ou le burn-out. Mais, par amour pour son fils, elle ne cesse de lui ouvrir des portes jusqu'à ce qu'il trouve, par lui-même, sa place dans le monde.
Le film se termine dans un Café Joyeux
Cette chaîne de restaurants, qui emploie plus de 50 % de salariés en situation de handicap, existe vraiment. Si vous ne les connaissez pas, cherchez vite celui qui est le plus près de chez vous. Il en existe dix-sept en France et quatre à l'international. Y aller, c'est vivre concrètement l'expérience et la richesse de la diversité et, comme dans le film de Laetitia Masson, ressentir à quel point chacun, sur cette terre, a quelque chose à m'apporter.


Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour pour écouter, à 8h45, La Chronique cinéma de Valérie de Marnhac !




