Adriana Karembeu : « L’amour, on ne peut pas totalement le comprendre »
À l’occasion de la sortie de son livre Je t’aime parce que je t’aime et voilà tout, Adriana Karembeu revient sur son rapport à l’amour, entre expérience personnelle, éclairage de spécialistes et réflexion sur la spiritualité. Un témoignage, au micro de Simon Tatreaux, qui interroge la construction du sentiment amoureux et son évolution au fil de la vie.
Adriana Karembeu. Crédits: éditions LeducDans cet entretien, elle revient sur les origines de sa réflexion, nourrie à la fois par son parcours personnel et par les échanges menés avec des spécialistes. Un travail qui interroge les différentes formes d’amour et leur évolution au cours d’une vie.
Adriana Karembeu : une réflexion personnelle sur l'amour
« Quelqu'un m'a récemment dit que je ne comprenais rien à l’amour. C'était dur, mais je me suis dit peut-être que cette personne avait raison » confie-t-elle. Cette remise en question a été le point de départ de son ouvrage.
À partir de là, Adriana Karembeu engage une démarche structurée : confronter son vécu aux analyses de psychologues, psychiatres, médecins ou encore sexologues. L’objectif : mieux comprendre ce que recouvre le sentiment amoureux. « Je vais essayer de tout savoir sur l'amour », résume-t-elle. Une enquête qui lui permet, selon ses mots, d’en apprendre « énormément […] sur ce sujet et sur [elle]-même ».
L'empreinte du premier amour
Lorsque l’on naît, la première relation affectueuse que l’on expérimente est celle du parent. « Quand on vient au monde, on est tout de suite confronté à ce premier amour qu'on ne choisit pas », souligne-t-elle. Élevée par ses grands-parents jusqu’à ses six ans, Adriana Karembeu évoque un attachement fort pour eux mais aussi une relation compliquée avec son père qu'elle décrit comme froid, distant et parfois violent. Une expérience qu’elle qualifie d’« amour fondateur », déterminant pour la suite. Ce constat l’amène également à évoquer ses propres hésitations face à la maternité, par crainte de reproduire ce qu’elle a vécu. Une peur finalement levée avec la naissance de sa fille.
À l’écoute de soi
L’amour est indescriptible, incompréhensible. À la fois singulier et commun, il est le diapason de l’existence et de la dynamique humaine. Il semble être tout et rien, fondateur et destructeur, il nous dépasse. Au fil des entretiens menés pour le livre, une dimension s’impose : celle du spirituel.
« Quand on parle de l'amour […], il a sa place et souvent on ne le considère pas assez », affirme-t-elle.
Avec le sociologue Frédéric Lenoir, elle approfondit cette approche. Elle décrit une forme de dialogue intérieur, qui apparaît notamment dans les moments de difficulté : « Ces sentiments, cette conversation qu'on a avec nous-mêmes […] renforcent, calment, apaisent ». Une manière d’élargir la réflexion au-delà de l’amour strictement relationnel.
Entre foi et réflexion
La mannequin slovaque distingue spiritualité et religion. Adriana Karembeu évoque l’agapé comme une force puissante et omniprésente dans la vie humaine. « On a beau s'interroger, on a beau comprendre, et c'est très important mais finalement, de comprendre l'amour, ça ne résout pas tout ce qu’il est ».
Née en Tchécoslovaquie, elle a grandi dans un contexte où le spirituel n’avait pas sa place. « Croire n’était pas une affaire intime. Ce n’était même pas une liberté intérieure. C’était un risque », écrit-elle dans son livre publié le 5 mars dernier. Dans sa ville, se rendre à l’église pouvait entraîner des sanctions, sous la surveillance des autorités. Elle évolue ainsi dans un environnement où tout doit être contrôlé, visible et expliqué. Un héritage qu’elle dit avoir porté pendant des années : « J’avais l’impression que si je contrôlais tout, alors rien ne pouvait m’atteindre ».
Le doute comme point de bascule
L’actrice slovaque dit avoir longtemps évolué selon une logique fondée sur le visible et le démontrable. Une approche qu’elle remet progressivement en question. « Très tôt, j’ai compris une chose élémentaire : on ne peut pas non plus prouver que Dieu n’existe pas », écrit-elle.
Elle s’inscrit alors dans une forme de doute assumé, proche du « je ne sais pas » socratique. Loin d’être perçue comme un manque, cette incertitude devient pour elle un espace d’ouverture. Elle évoque des moments du quotidien, « une chambre d’hôtel, un taxi, en marchant », où cette réflexion s’impose.
Seule face à elle-même, elle décrit l’émergence d’une forme de dialogue intérieur. « C’est le moment où je n’ai plus besoin de jouer un rôle », confie-t-elle. Une expérience qu’elle associe à une perception plus concrète du spirituel : « Ça circule, ça relie, ça se joue entre nous et quelque chose que l’on ne comprend pas entièrement », souligne Adriana Karembeu.
Trouver un équilibre
La naissance de sa fille marque, selon elle, une étape importante. Adriana Karembeu évoque un sentiment d’apaisement et la volonté de transmettre une certaine vision de l’amour. « Elle va comprendre grâce à ce livre l’importance de l’amour », explique-t-elle. Elle associe également cet équilibre à sa relation avec Marc Lavoine : « C’est cette personne qui m’a amenée à comprendre que je suis tellement bien quand je suis en paix ».
Podcast : retrouvez l’interview d’Adriana Karembeu dans l’émission Portrait sur Radio Notre-Dame et RCF.


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