Tout un été entre Cabarets, Café-concert et Music-Hall.
Cet été, je vous invite à un voyage, entre Cabarets, Café-concert, Music-hall, entre chansons d’époques, « La Belle époque », chansons divertissantes, grivoises, raffinées, poétiques, prosaïques, amoureuses, désespérées, chansons réalistes, surréalistes. Romances oubliées d’un autre temps ou alors, refrains intemporels à jamais ancrés dans nos mémoires. Et qui dit chansons, dit chanteurs ou chanteuses, à la voix pleine ou éraillée, à la voix qui traine, à la voix qui beugle, à la voix au timbre poignant. A ces moineaux, à ces Piafs, à ces aigles vêtus de noir. Du Lapin agile au Cabaret de l’Ecluse, de Montmartre à Saint-Germain-des-Prés, partons ensemble à la découverte d’un demi-siècle de chansons, d’un demi-siècle de poésies.
Photo Philippe Soler. Collection personnelle.
Comment l’idée de ce cycle a germé ?
Après avoir décliné, conjugué, les Poètes, et puis Brassens, Barbara, Piaf, Aznavour, Paris en chansons. Après avoir, dans « Tous mélomanes », au cours d’une émission en hommage à Erik Satie, évoqué les Cabarets du Chat noir et du Lapin Agile, où notre Gymnopédiste à l’époque de sa jeunesse retrouvait Claude Debussy pour accompagner quelques chanteuses, quelques pierreuses comme on les surnommait à l’époque, j’ai ressenti le besoin d’une immersion totale dans cet univers, j’ai ressenti l’envie de partager avec vous, mon amour pour une certaine chanson, celle des Cabarets ou textes, musiques et voix s’imbriquaient en une parfaite symbiose. Un art total, un art parfait, représentatif de notre culture, certains de ces interprètes étant classés au Patrimoine de l’Unesco.

Mais comment présenter la chose ?
Familier de cet art depuis mon adolescence, j’avais un canevas assez précis dans ma tête. Mais pour plus de clarté, de visibilité, il me fallait ordonner les choses d’une certaine manière. Une progression dans le temps s’imposait, allant de 1890 à 1960, une émission par Cabarets ou quartiers, en racontant l’histoire avec l’aide de quelques témoins de l’époque, les chansons étant là pour illustrer, tenter de recréer l’ambiance, l’atmosphère, la couleur de ces lieux. Choisir des titres phares, ancrés dans la mémoire collective, mais également faire découvrir des choses oubliées, quelques raretés. Mettre ces chansons en miroir avec le contexte politique de l’époque, le contexte social, le quotidien des gens, du peuple.
Redonner vie à des figures comme Yvette Guilbert, Mayol, Fragson. Entendre la voix de Jean Cocteau évoquer l’époque du Bœuf sur le toit, avec Darius Milhaud et les pianistes Wiener et Doucet. Redécouvrir les chanteuses réalistes qui devanceront la Môme Piaf, les Damia, Fréhel, Lys Gauty. Vivre les années d’occupation poétisées par Prévert, Aragon chacun à leur manière, chacun avec leur style. Passer une soirée à la Rose Rouge et applaudir Gréco, les Frères Jacques. Croiser Boris Vian dans les Caves de Saint-Germain-des-Prés entouré d’illustres jazzman.

Rendre hommage à Patachou laquelle découvrira Brassens et le mettra sur orbite, une bombe à l’époque. Entendre des enregistrements pris sur le vif au Théâtre des Trois Baudets, de Mouloudji à Gainsbourg en passant par Raymond Devos. Se retrouver nombreux au Cabaret de L’Ecluse pour écouter religieusement « La Chanteuse de minuit » avant que celle-ci ne devienne la grande Barbara.

Et puis assister, dans les années 1960, à la fermeture des cabarets parce que les Yéyés vont débouler, parce que les choses vont se faire d’une autre manière, la radio, le disque matraquant de jeunes adolescents, les propulsant sur le devant de la scène, la télévision tuant quelque part le Music-Hall, dixit Monsieur Léo Ferré. Voir Brel au sommet de son art, tout plaquer, tout abandonner pendant qu’Aznavour s’exportera. Désormais la chanson se conjuguera sur un autre ton, d’une autre manière.

Le montage des émissions.
Un mois d’enregistrement, à découper les interviews, à choisir les extraits les plus parlants des chansons, à tenter de raconter l’histoire de manière fluide, tout cela aidé par une équipe en régie qui s’est surpassée, allant jusqu’à intervenir pour me donner leurs idées à juste titre, une entente parfaite, une complicité, un véritable travail d’équipe. Merci à Camille Viguié, Ugo Vincent, Nicolas Fournel. Merci à Bertrand Lachanat qui m’a donné carte blanche et qui m’a fait, une fois de plus, confiance. RCF NOTRE DAME est une grande famille !
Philippe Soler.
Diffusion tous les samedis du 11 juillet au 29 aout à 12h et 21h.
