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Stéphane Allix, quinze ans d'enquête sur la mort et l'au-delà

Stéphane Allix, quinze ans d'enquête sur la mort et l'au-delà

Un article rédigé par Thierry Lyonnet, Odile Riffaud - RCF, le 15 janvier 2024  -  Modifié le 22 janvier 2024
Visages Stephane Allix,la mort n'existe pas

 

Expériences de mort imminente, mediums, chamanisme... Stéphane Allix a entrepris d'enquêter sur les phénomènes paranormaux et sur la mort. Allant jusqu'à expérimenter lui-même des états modifiés de conscience chez les chamanes d'Amazonie.

 

"Si on laisse tous ces phénomènes dans le flou et on ne les étudie pas, ça laisse le champ à tout le monde et à n’importe qui de pouvoir raconter ce qu’il a envie de raconter." ©Melania Avanzato "Si on laisse tous ces phénomènes dans le flou et on ne les étudie pas, ça laisse le champ à tout le monde et à n’importe qui de pouvoir raconter ce qu’il a envie de raconter." ©Melania Avanzato

 

"Qu’est-ce je peux vérifier ?" se demande toujours Stéphane Allix. Cela fait plus de 15 ans qu'il enquête sur la mort et les phénomènes paranormaux. Et parce qu'il s'agit de phénomènes paranormaux justement, il mène l’enquête de la façon la plus rigoureuse qui soit. En allant interroger des scientifiques, en recueillant les témoignage de personnes qui ont approché la mort. Mais aussi en allant lui-même explorer les états modifiés de conscience.

Enquêter sur la mort

C'est la mort brutale de son frère Thomas, le 12 avril 2001, en Afghanistan, qui a tout fait basculé. "J’étais dans la première voiture donc j’ai assisté à l’accident, j’ai ramassé le corps de mon frère…" Stéphane Allix avait 32 ans et une vie déjà bien remplie de photoreporter de guerre. Mais il n’a pas pu reprendre sa vie d’avant. La mort de son frère l’a laissé devant un questionnement immense, quand il a entendu parler des expériences de mort imminente (EMI). "L’EMI c’est une expérience d’intense conscience, précise-t-il, qui se produit à un moment où a priori le cerveau est en cessation d’activité ou en souffrance sévère." L’idée que l’on peut faire l'expérience d'une autre réalité sans que cela soit une hallucination est devenu son "fil rouge".

Ce qui pour certains aurait été le point de départ d’une conversion religieuse ou d’un retour à la foi, a été chez Stéphane Allix un nouveau départ professionnel et le début d’une enquête journalistique. "Assez rapidement je me suis aperçu que les certitudes dans lesquelles nous vivons dans notre monde, à savoir tout est matière tout est explicable en terme de cause et d’effets… tout ça n’est pas du tout démontré scientifiquement. C’est une hypothèse qui, pour des raisons sociales, culturelles et philosophiques, et devenue une certitude, une vérité d’évangile."

Les EMI, mais aussi le travail des médiums de communiquer avec les morts, ou encore l’expérience chamanique… ce sont autant d’expériences où "l’ego se dissout" et libère "les filtres de l'inconscient et du conscient". Et que Stéphane Allix aborde avec une méthodologie rigoureuse et les mêmes questions : qu’est-ce que les scientifiques en disent ? Qu’est-ce qui est objectivable dans leur discours et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

 

→ À LIRE : Expériences de mort imminente (EMI) : qu'en dit l'Église catholique ?

 

Ne pas laisser le paranormal aux charlatans

Stéphane Allix n'a pas hésité à consulter des médiums et même à se rendre chez les Chipibos d’Amazonie pour vivre des expériences chamaniques. Sous l’effet de l’ayahuasca, considérée comme drogue en France, mais comme une plante spirituelle, "patrimoine national" au Pérou, par exemple, il est entré "dans une autre voie d’exploration du réel". Mais les expériences qu’a menées Stéphane Allix ne sont pas données à tout le monde, elles peuvent s'avérer dangereuses si l'on n'est pas accompagné par les bonnes personnes.

C’est justement pour cela que Stéphane Allix a cofondé l’Inrees (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires) en 2007. "Si on laisse tous ces phénomènes dans le flou et on ne les étudie pas, explique-t-il, ça laisse le champ à tout le monde et à n’importe qui de pouvoir raconter ce qu’il a envie de raconter." L’Inrees propose à la fois un réseau de psychologues et "crée des espaces de repères pour que les gens qui sont dans la fragilité puissent trouver les bons livres, les bons soutiens". 

La conclusion de l’enquête ? "L’âme est une réalité"

Les grandes traditions spirituelles nous le disent, nous avons une âme et celle-ci quitte le corps au moment de la mort. Qu’en pense le journaliste ? "L’âme est une réalité, répond-il, elle est démontrée." C’est d’ailleurs tout le propose de son ouvrage "La mort n'existe pas" (éd. Harper Collins, 2023) de montrer que "la science ce n’est pas une affaire de preuve définitive : ça, ça appartient aux mathématiques".

"Une partie importante de la communauté scientifique vous dit : Non, on n’a pas assez d’éléments aujourd’hui pour attester que la conscience a une dimension spirituelle et que l’âme est une réalité. Mais vous en avez d’autres qui disent le contraire ! Vous en avez plein qui sont extrêmement éminents, qui travaillent dans plein de domaines différents, qui vous disent : Si, les données accumulées sur les EMI et d’autres attestent que l’âme est une réalité et que l’homme a une dimension spirituelle."

L’enquêteur devenu croyant

"La mort est un passage, dit l’enquêteur, une métamorphose, une mutation. Elle n’existe pas pour notre conscience parce que notre conscience, notre âme, elle, elle est vivante dans notre corps et elle est immortelle." En disant cela, Stéphane Allix sait bien qu'il ne fait que redire ce que nous enseignent depuis des siècles les grandes traditions spirituelles et religieuses.

D’ailleurs, son "expérience de journaliste enquêteur, rationnel, cartésien" est enchevêtrée avec ses "expériences psycho-spirituelles". "Je ressens profondément que Dieu est en chacun de nous, témoigne-t-il, en chaque atome de cette réalité qui nous entoure. Et que notre âme, c’est un fragment de Dieu, c’est un éclat, c’est un reflet de Dieu en chacun de nous… Aujourd’hui intellectuellement amoureusement convaincu de cette réalité spirituelle."

A-t-il peur de la mort ? "A priori je dirais que non, répond Stéphane Allix, je n’ai plus du tout peur de la mort… J’ai le sentiment que j’ai déjà traversé la dissolution de l’ego."

 

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