"Sanctus Stephanus de Furano" Pascal Pacaly
Casino, le bombardement du 26 mai 1944, l’ASSE, la Muraille de Chine, Manufrance, La Comédie, la STAS, la Cité du Design, la Fête du Livre, le Musée d’Art Moderne, le CHU, le cimetière du Crêt de Roc, l’Opéra, le Musée de la Mine, les Archives Municipales, Steel et... les kebabs ! L’histoire de Saint-Étienne est si riche qu’il fallait bien en faire un livre. Et encore, il y aurait bien d’autres choses à écrire !
RCF St Etienne / Lire à Saint-Etienne

Chronique de Jacques Plaine
Pascal Pacaly – Sanctus Stephanus de Furano, Histoires de Sainté – Les éditions des Joyeux Pendus – 15 €
Issu d’une famille ouvrière du Chambon Feugerolles, Pascal Pacaly – auteur-éditeur – est un passionné des Verts, du rock français et de la culture américaine.
Il était une fois Saint-Etienne…
Mais pas le « Saint-Etienne en quatre vingt jours » de Gérard Michel Thermeau qui nous fait découvrir la «parochia sancti Stephani de Furanis» de 1195, ni « l’Alerte en Stéphanie » de Maurice Denuzière qui nous promène d’une des sept collines à l’autre bien avant l’âge de pierre, non un « Sanctus Stephanus » mis en musique par quelques citoyens de par ici et qui vivent leur vie stéphanoise sous le soleil d’aujourd’hui.
Qu’il soit jeune ou vieux, grand ou petit, imberbe ou moustachu – directeur du « Steel » et de ses quatre-vingts boutiques ou patron du kebab de la place Carnot – qu’il s’agisse du récit de la première femme à avoir passé le permis de transports en commun, ou du témoignage de la directrice du Musée d’Art Moderne décrivant la formidable aventure de l’art contemporain à Saint-Etienne, peu importe, pourvu qu’il ait le cœur vert, l’âme gagasse et qu’il vive entre Furan et Chavanelet.
A chacun de ces hommes ou de ces femmes, Pascal Pacaly donne la parole - sans préséance mais avec bienveillance - pour qu’il nous fasse partager le sel et le poivre de son histoire. Un livre qui commence par le bombardement de Saint-Etienne à travers le souvenir d’une dame de 94 ans aujourd’hui - douze en ce temps là - qui un beau matin de mai 44, un jour où le ciel n’avait jamais été aussi bleu, se mis à compter les avions qui envasaient l’azur. « C’est pour nous, couchez vous ! » lui cria alors son père. 925 morts.
De page en page vous découvrirez Etienne Mimard, Jean Dasté, Geoffroy Guichard, Jean-Louis Pichon et son voisin du dessous (libraire rue Traversière). Mais aussi Jean Castaneda, pas encore gardien mythique des Verts, mais qui la veille du match de coupe d’Europe contre Eindhoven vit le proviseur du lycée venir le chercher dans sa classe, non par les oreilles mais avec déférence, pour lui signifier que l’ASSE comptait sur lui, certes sur le banc des remplaçants, mais il faut bien un commencement, pas vrai ? C’est aussi un gamin de la Muraille de Chine qui, en Août 1983, vit passer sous sa fenêtre devinez qui ? François Mitterrand. « Arrête tes conneries » fut la réponse de son père à un enflammé « viens voir papa ! Y a le Président de la République là-bas-en-bas-dans-la-rue»
Un patchwork de la vie stéphanoise d’ici et maintenant. Une mosaïque multicolore où se croisent et s’entrecroisent le patron de la STAS et un modeste wattman, le directeur de l’Opéra et le plus discret des machinistes, le goal mythique des Verts et le plus transparent des supporters, le médecin chef du CHU et le plus anonyme des brancardiers, mais aussi le plus créatif des designers et la dernière victime d’une chaise à trois pieds.


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