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Roland-Garros : l'origine du mot "tournoi"

Roland-Garros : l'origine du mot "tournoi"

Un article rédigé par Jean Pruvost - RCF, le 8 juin 2026 - Modifié le 9 juin 2026
Le mot de la semaineRoland-Garros : l'origine du mot "tournoi"

Après la finale du tournoi de Roland-Garros, qui opposait hier l’Allemand Alexander Zverev et l’Italien Flavio Cobolli, Jean Pruvost choisit de revenir sur l’origine du mot « tournoi ».

Jean Pruvost © Pascal HausherrJean Pruvost © Pascal Hausherr

Hier, un tournoi de tennis connaissait son point d’orgue avec la finale haletante entre Alexander Zverev et l’Italien Flavio Cobolli.

La « finale » d’un tournoi

S’agissant de la « finale », je l’ai déjà évoquée il y a deux ans, mais je souhaiterais simplement ajouter que cet adjectif dérivé du mot « fin », un point « final » par exemple,  est devenu, en 1895, un nom désignant au féminin la dernière épreuve : « la finale » d’un championnat ou d’un tournoi. Et si j’insiste sur le féminin, vous allez comprendre pourquoi. Ce féminin existe déjà depuis 1721 pour désigner « la finale » d’un mot, par exemple une finale accentuée, ou encore la note finale d’un air ou d’un chant. Céline évoque ainsi un de ses personnages qui, dans Voyage au bout de la nuit, escamotait au piano les plus belles finales.

Mais il faut maintenant signaler une caractéristique étonnante du mot lorsqu’il correspond à un emprunt à l’italien « final[é] », prononciation non reprise en français, pour désigner le dernier morceau d’un opéra. Or, en passant en français, sans accent, il s’est imposé au masculin. On dit donc, en ce sens, « le finale », genre masculin attesté depuis 1779. Ainsi, Eugène Delacroix déclarait admirer le « finale de Mendelssohn », et les critiques de Victor Hugo, à propos de Booz endormi, signalaient son très beau « finale ».

Soulignons par ailleurs que le mot voisin « finaliste » dispose, depuis 1827, d’un sens philosophique. L’interprétation finaliste d’un texte signifie, par exemple, qu’elle correspond à une certaine forme de déterminisme. Ainsi, on dira que Bernardin de Saint-Pierre est un « finaliste » naïf lorsque, en 1815, dans ses Harmonies de la nature, il affirme que le melon, avec ses côtes très marquées, est conçu pour correspondre à un fruit familial dont les parts sont déjà dessinées.

Bien sûr, le sens le plus courant du mot « finaliste » reste, depuis 1924, celui du concurrent, de la concurrente ou de l’équipe qui dispute une finale. J’aime assez la définition humoristique qui associe le « finaliste » au « bon dernier », entendons le « bon » qui peut gagner… L’exemple courant des dictionnaires est : « Il ou elle a été finaliste du tournoi ». 

Aux origines du mot « tournoi »

En réalité, le mot « tournoi », attesté dès 1175, est issu du verbe « tournoyer ». Il s’est d’abord présenté sous la forme « tornei », avant d’adopter son orthographe et sa prononciation actuelles.

Or le verbe « tournoyer », anciennement « torneier », signifiait à l’origine « faire tourner l’épée », d’où l’idée d’aller en tous sens, ce qui constituait un moyen de surprendre et de toucher l’adversaire. De là est né le tournoi du Moyen-Âge, ce spectacle public au cours duquel, comme le définit l’Académie française, des chevaliers « s’opposent à armes courtoises en combat singulier ou par petits groupes, à cheval ou à pied ». À la fin du XVIe siècle existaient aussi des tournois d’éloquence

Enfin, une nouvelle extension du terme apparaît à la toute fin du XIXe siècle, lorsque les « tournois » s’imposent dans le cadre des compétitions sportives.

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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