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Portrait : Rémi Peyrache, guitariste de Lo Radzouka

Portrait : Rémi Peyrache, guitariste de Lo Radzouka

Un article rédigé par Stéphane Longin - RCF Haute-Loire, le 21 janvier 2026 - Modifié le 23 janvier 2026
L'auvergnat de la semainePortrait : Rémi Peyrache, guitariste et cofondateur de Lo Radzouka

Agaçant... C'est l'adjectif le plus adapté lorsque que vous rencontrez Rémi Peyrache, le guitariste du groupe Lo Radzouka. Le musicien à beau user ses cordes depuis des années, le temps ne semble pas avoir le même effet sur lui que pour le commun des mortels. Ses cheveux mi longs, mais un peu blancs, devraient (encore) agacer ceux qui, adolescents, l'ont sans doute maudit de capter tous les regards des jeunes filles. Lui, le musicien aussi doué que déterminé. Alors un petit portrait s'imposait, histoire de l'obliger à ouvrir l'album souvenir avant de parler de "Authentique Soleil" le 5ème album de Lo Radzouka.

Rémi Peyrache, guitariste du groupe Lo Radzouka en répétition à Chadrac en Haute-LoireRémi Peyrache, guitariste du groupe Lo Radzouka en répétition à Chadrac en Haute-Loire

De l'enfance à Lo Radzouka

Le gamin de dix ans n'en pouvait plus des gammes de piano. Mais c'était la règle chez les Peyrache : à six ans il faut faire de la musique et obligatoirement commencer par le clavier "ma mère était pianiste, ma sœur, mon frère et moi on a tous commencé comme ça". Ensuite seulement venait le temps du choix de l'instrument. De cette période Rémi garde un souvenir mitigé "j'étais plutôt bon au piano. Mais pas très bosseur... Du coup ma maman a dû utiliser plusieurs stratagèmes. Parfois le bâton et d'autres fois la carotte"

Finalement, à dix ans, il opte pour la guitare, surtout pour se glisser dans les pas de Patrick "papy" Jourdy, professeur à l'école de musique du Puy-en-Velay. Pieds nus, toujours en sandales et la chemise un peu débrayée, cet enseignant à l'allure anticonformiste l'attire "il y avait chez lui un truc fascinant. Une sorte de liberté qui me faisait rêver. On avait envie de le suivre, de découvrir son monde" se souvient Rémi.

Rémi Peyrache en répétition avec Lo Radzouka sur la scène de la Couveuse à Chadrac en Haute-Loire

Et c'est de ce professeur que viendra le déclic. A quatorze ans, Rémi Peyrache s'imagine déjà musicien professionnel. "Papy" le fait vite redescendre sur terre "il me dit : Ah, tu veux devenir guitariste ? Alors il va falloir t'y mettre !". Un rappel à l'ordre entendu par l'adolescent qui se souvient s'être "réellement" mis à travailler à partir de ce moment. Cinq ans plus tard, à 19 ans, Rémi commence à enseigner la guitare à temps plein "je voulais surtout être professeur. Je me suis orienté dans des études pour enseigner la musique".

 

Parallèlement, comme tout jeune guitariste qui se respecte, Rémi joue dans des groupes. D'abord du rock, puis la musique de Manu Chao et les chansons de Tryo et de la musique plus acoustique. Mais c'est au hasard d'un festival éphémère à Monistrol d'Allier, où il est bénévole, que Rémi fait une rencontre importante "Yvan Marc cherchait un guitariste et ça a bien fonctionné". Il commence à jouer avec lui et accède au statut de professionnel et d'intermittent à l'âge de 24 ans, ce qui lui permet de se consacrer à la composition et à la scène "avec lui j'ai découvert plein de choses, les grandes scènes partout en France, puis des émissions de télévision et de radio". Les expériences musicales se multiplient avec La Cause Perdue, Dédales avec Sylvain le chanteur des Vieilles Valises, Artémis un groupe de Rock Hip Hop ou encore Poto carré avec Yvan Marc parce qu'ils "aiment la ville et le club de l'Asse".  Mais Rémi souhaite aussi laisser s'exprimer d'autres influences comme celle de Samarabalouf, un groupe de Jazz Manouche français. 

 

C'est là que débute le projet Lo Radzouka. Avec Mathieu Pignol, lui aussi ancien élève de Patrick Jourdy "on voulait faire de la musique du monde et comme on venait tous les deux de la guitare classique, on avait les doigts pour explorer cet univers" explique Rémi Peyrache. 

Dix huit ans et cinq albums plus tard, la passion est toujours là "on a des hauts et des bas, comme un vieux couple" plaisante Mathieu "mais ça fonctionne toujours aussi bien car on est très complémentaire. Il est hyper technique et moins un peu dans la création". Leur musique ? "c'est le métissage de nos différentes expériences personnelles. Mathieu à vécu au Pérou, Alban (le trompettiste) c'est la musique des Balkans, David à la contrebasse apporte sa pâte et moi j'ai cette influence Jazz Manouche" explique Rémi. Mais ce qui fait le ciment de Lo Radzouka c'est aussi que les 4 musiciens qui composent le groupe portent le même regard sur le monde explique Mathieu "on est toujours autant révolté par ce qui se passe autour de nous" et Rémi de compléter "même si on fait de la musique instrumentale, nos titres portent nos convictions, ils veulent dire quelque chose"

 

Le groupe Lo Radzouka en répétition à la Couveuse à Chadrac

Seul en scène ou bande de potes ?

Si l'histoire Lo Radzouka commence en 2008, Rémi Peyrache n'hésite pas à se lancer de nouveaux défis. Il enregistre l'album "Rémi", le seul qui porte son nom, et chercherait presque à se justifier "c'était quasi thérapeutique à l'époque. J'étais dans une période pas facile avec une rupture. Des trucs qui arrivent à plein de monde" et de plaisanter "j'avais des trucs à raconter et ça m'a peut être évité de payer un psy". Et s'il n'en garde pas un mauvais souvenir "je pourrai même réécouter les chansons. Ce que je n'ai pas fait depuis longtemps" il ne cache pas qu'il préfère l'exercice collectif "je ne sais pas si c'est pour se cacher. Mais on se sent plus fort quand on est porté par un nom de groupe". Un ensemble qui permet plus de discrétion et surtout qui est synonyme de partage pour Rémi "j'aime quand chacun apporte des idées, qu'il y a cette ambiance de bande de potes" avant d'assurer "ne s'être jamais forcé" à jouer avec quelqu'un.

 

En revanche, jouer et enregistrer pour quelqu'un, Rémi l'a fait en 2025. Germaine, ça maman, a fêté ses 70 ans et le cadeau était tout trouvé. Une surprise en forme de disque qui compile des morceaux classiques joués à la guitare "ma mère m'a entendu jouer cette musique à la maison et elle m'a souvent demandé de l'enregistrer. J'ai souvent répondu que je le ferai plus tard". Une campagne de financement participatif lancée fin 2024 permet d'enclencher le projet, de presser des CD et des Vinyles avant de faire la surprise le jour de l'anniversaire "l'album s'appelle Germaine... c'était un chouette moment" se souvient-il. Il faut dire que le projet ressemble à un énorme merci en direction de ses parents "y'a un petit côté hommage, c'est vrai. Car aujourd'hui j'ai deux enfants de 9 et 12 ans qui font de la musique. Et je me vois que ce n'est pas facile pour eux mais aussi pour les parents qui malgré toutes les activités, le sport, l'école, les copains... doivent rappeler qu'il faut aussi penser à la musique et faire des sacrifices".

De toute façon, n'espérez pas tirer une quelconque nostalgie ou une once de regrets à Rémi Peyrache. S'il est plus à l'aise avec le nous que le je, il l'est aussi beaucoup plus avec le futur que le passé "quand je regarde en arrière je me dis que toutes ces aventures ont été géniales et j'ai encore plein de projets" et de compléter, en guise d'explication "une vie de musicien c'est apprendre à gérer tes frustrations. Tu vois toujours quelqu'un qui joue mieux que toi, ou différemment. Et d'avoir l'impression d'être régulièrement face à une montagne et de devoir faire encore mieux. Parfois on y arrive, parfois non... Mais j'aime me retrouver face à ces défis permanents".

 

 

Pour l'heure, le défi c'est d'être prêt pour le concert de ce samedi 24 janvier. Rémi et les membres de Lo Radzouka joueront en live les titres de l'album "Authentique Soleil" qui vient de sortir. Un bon moment pour le guitariste qui aime cet exercice "tout ce qu'on fait en studio et en répétition c'est pour ensuite le donner au public" même s'il avoue toujours ressentir un peu de stress au moment de se retrouver face au public.

 

 

L'auvergnat de la semaine
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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