Poignant et documenté : La Bataille de Gaulle, acte II
Ce mercredi 24 juin sort en salles le second volet de "La Bataille de Gaulle" : "J’écris ton nom" de Antonin Baudry. Ce film, dans lequel la résistance à l’occupation s’organise, résonne avec la panthéonisation de Marc Bloch, historien et résistant français.
© 2026 Pathé Films - TF1 Films Production - Belvédère - Auvergne-Rhône-Alpes CinémaLa première partie, en salles depuis le 3 juin, se termine en 1942 avec l’assassinat de l’amiral Darlan à Alger et dessine le portrait d’un homme seul, qui continue à croire, malgré la débâcle de 1940, à la grandeur de la France et de la République, mais peine à faire reconnaître sa légitimité politique.
Le deuxième volet fonctionne sur les mêmes ressorts, dans un contexte qui a changé. La Résistance s’organise, les Alliés anglais et américains se veulent les maîtres du jeu. Face à eux, de Gaulle garde la même intransigeance et la même foi dans sa vision d’un pays libre et souverain.
"J’écris ton nom", extrait du poème d’Éluard
Cet hymne de la Résistance est récité en voix off dans le film par le poète lui-même, sur un montage d’images d’archives de l’insurrection de Paris, juste avant l’arrivée des chars de Leclerc. C’est donc un film à la fois poignant, romanesque et documenté : il y avait deux conseillers historiques sur le tournage, dont l’historien britannique Jackson, auteur du livre à l’origine de l’adaptation.
Un film différent de celui sorti en 2020, "De Gaulle"
Ce sont deux visions très différentes de l’homme, pas forcément incompatibles. "De Gaulle", réalisé par Gabriel Le Bomin, s’intéressait à la vie intime et familiale du grand homme, et notamment à sa femme Yvonne et à leur dernière fille, Anne, porteuse de trisomie 21. Il explorait les fragilités et les doutes du Général dans les mois qui ont suivi la défaite de 1940.
Là où Antonin Baudry dans "La Bataille de Gaulle", au contraire, le présente en chef de guerre certes, mais surtout en animal politique et diplomatique, doté d’une détermination et d’une force de persuasion peu communes. Le réalisateur passe relativement vite sur les épisodes connus, comme le Débarquement par exemple, pour retenir quelques moments clés décisifs, notamment le bras de fer contre le général Giraud, qu’il qualifie de « marionnette aux mains des Américains ».
Y a-t-il un retour en grâce de l’histoire de France au cinéma ?
La force du film est de nous parler autant du passé que du présent, à travers des questions aussi fondamentales que celles de la souveraineté d’un pays, du courage de son peuple et de sa capacité collective à orienter ses choix. Il dépasse donc la simple reconstitution historique pour entrer en résonance avec l’actualité de notre époque.
Le septième art a toujours participé au grand récit national et contribue, à sa façon, à éclairer le passé pour mieux comprendre le présent et anticiper l’avenir. C’est exactement ce que prônait l’historien Marc Bloch.


Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour pour écouter, à 8h45, La Chronique cinéma de Valérie de Marnhac !




