Olivier Delacroix : Se libérer du poids du regard des autres
À l'occasion de la sortie de son roman "Le Syndrome de l'imposteur" (Éditions Fayard), Olivier Delacroix est l'invité de RCF Notre Dame. Dans ce portrait intime, le journaliste revient sur les failles qui ont jalonné sa vie, de son enfance à sa carrière médiatique. Il explique comment il a transformé son hypersensibilité et son manque de confiance en une force d'écoute, tout en partageant son espérance profonde et son cheminement spirituel. Un témoignage poignant sur la guérison et la quête d'authenticité.
Olivier Delacroix, chanteur et animateur françaisLa fiction au service du réel
Pour Olivier Delacroix, la fiction n'est jamais loin de la réalité. Grand amateur de séries et du cinéma d'Audiard, il a choisi le roman pour synthétiser plusieurs trajectoires de vie rencontrées au cours de sa carrière. Si son héros s'appelle Théo, Olivier Delacroix reconnaît qu'il y a énormément de lui dans ce personnage : « Le syndrome de l’imposteur c’est vous, c’est moi, ce sont des femmes et des hommes qui se sont livrés sur le manque de confiance en soi. »
Ce manque de confiance, l'auteur explique l'avoir ressenti dès l'âge de 11 ans, suite à une « erreur d’aiguillage » durant l'enfance. Il aurait aimé qu'un adulte l'invite alors à ne plus se refléter dans le jugement des autres, mais à se fier à ses propres émotions. Cette hypersensibilité l'a suivi jusque dans le milieu professionnel, un univers souvent marqué par la violence et l'égocentrisme, où il a dû, comme son héros, slalomer pour trouver sa place.
De la souffrance à l'excellence
Le syndrome de l'imposteur est décrit dans le livre comme une « mauvaise liane » qui enserre et fait vaciller. Pourtant, Olivier Delacroix y voit un double tranchant : si ce doute permanent peut mettre en péril la santé mentale, il pousse aussi vers une forme d'excellence par peur de mal faire.
Ce n'est qu'il y a trois ans que le journaliste estime s'être véritablement « rencontré ». Cette naissance en tant qu'homme, il la doit en partie au lien créé avec le public à travers ses émissions. La confiance et l'estime reçues dans la rue lui ont permis de comprendre la valeur de ce qu'il avait su bâtir : une écoute unique et une sincérité profonde.
Un cri d'espoir : « Alléluia »
Le roman se termine sur une note de résurrection. Le dernier mot, « Alléluia », résonne comme un cri de joie et un message d'espoir. Malgré les épreuves tragiques de sa vie, la perte d'un père et d'un fils qui l'ont un temps mis en colère contre Dieu, Olivier Delacroix ne s'est jamais éloigné de l'idée du divin.
Son récit est parsemé de références bibliques, illustrant la quête d'un homme qui cherche un chemin de sens. Aujourd'hui, cette foi l'aide à entretenir l'espoir d'un monde meilleur et de relations humaines plus réparatrices. Pour lui, l'écriture a été une manière d'accepter ses racines pour mieux avancer vers la lumière.


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