Nelson Monfort, sport et foi
À l’occasion d’un portrait pour RCF Notre Dame, Nelson Monfort se livre sur sa relation à la foi chrétienne. Entre ses racines protestantes américaines et ses rituels discrets lors du tournoi de Roland-Garros, le célèbre journaliste explique pourquoi il se voit comme un "non-compétiteur" dans un monde du sport dominé par le sponsoring et la compétition. Un témoignage sur la foi comme outil de consolation et de sérénité face aux aléas de la vie.
Nelson Monfort, animateur et journalisteLe sport, une quête de valeurs essentielles
Pour Nelson Monfort, si les organisateurs des JO ont compris l'importance de la spiritualité en créant des chapelles (à la Madeleine ou Saint-Cloud), les sportifs ne cherchent pas systématiquement la foi. Pour lui, la "religion" sur le terrain réside d'abord dans le fair-play, la politesse et le respect d'autrui.
Il exprime une réserve nette sur l'évolution du milieu : « Il est évident que le sponsoring énorme qui est arrivé dans le sport [...] éloigne un petit peu des valeurs essentielles, non seulement de la foi chrétienne mais également de la vie. » La foi n'est pas là pour décrocher une médaille, mais pour offrir une consolation intime après la défaite, quand le cercle des proches ne suffit plus.
Laisser venir les événements
C'est sans doute le point le plus surprenant de son itinéraire : Nelson Monfort n'est pas un compétiteur. Fidèle à la devise de Coubertin, « l’important est de participer », il a toujours préféré laisser les événements venir à lui plutôt que de les solliciter.
Cette philosophie puise sa source dans son héritage protestant et américain.
Il se souvient d'une phrase de son père qui résume bien cette culture : « Un protestant ne vous dira rarement de quelqu’un que cette personne est gentille, il dira cette personne est intelligente. » Cette forme de rigueur d'esprit l'a aidé à tracer son chemin professionnel sans l'agressivité propre aux milieux de pouvoir.
"Vivement demain"
Sa foi est aussi un refuge très pratique. Il raconte qu'à Roland-Garros, les jours où la pression ou les difficultés s'accumulaient, il s'échappait vers le temple le plus proche du stade, à Boulogne. Ce n'était pas pour demander la gloire, mais simplement pour dire « vivement demain », comme pour passer le relais à plus grand que soi.
Aujourd'hui, alors qu'il connaît le succès au théâtre avec une comédie policière légère, celui qui a côtoyé les plus grands, de l'ami Rafael Nadal au légendaire Usain Bolt, reste imprégné par cette présence spirituelle qui l'aide à rester à sa place : celle d'un témoin admiratif plutôt que d'un acteur de la compétition.


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