"L'inconnu des barricades" Pierre MAZET
Saint-Étienne 1834, la grève des passementiers est noyée dans le sang. Dans les rues du pourtour du quartier de Chavanelle, on ramasse des cadavres. D`une impasse, les brancardiers sortent celui d`un homme dont le visage ne rappelle nulle origine connue. C`est alors que Floréal Leroux, journaliste débutant, entre en scène, s’assignant une double mission : identifier l’inconnu, afin de lui rendre, en partie, sa dignité. Et, bien entendu, trouver le coupable.
"L'inconnu des barricades" Pierre MAZET

Chronique de Jacques Plaine
Pierre Mazet – L’inconnu des barricades – Editions du Caïman – 15 €
Né à Sorbiers, Pierre Mazet après une maîtrise d’Histoire et une carrière à l’INSEE consacre aujourd’hui son temps à l’écriture de polars. Le dernier, « L’inconnu des barricades » a reçu deux Prix à la Fête du Livre de Saint-Etienne 2025 : le Prix Lucien Neuwirth et le Prix Claude Fauriel.
Il y eut la révolte des Canuts à la Croix-Rousse en 1831, voilà celle des passementiers en 1834 à Saint-Etienne. Nous sommes en avril. Le 12 exactement, et au soir d’une journée particulièrement agitée - un mort côté police, beaucoup de l’autre côté des barricades - le commissaire Dubost se frotte les mains. Il est satisfait et va pouvoir consacrer ce qui lui reste de cette journée à sa femme et à ses cinq filles, voire à sa couturière préférée. Caussadière le principal agitateur, chef des républicains stéphanois, est sous les verrous
Caussidière, c’est sa bête noire, non seulement parce l’individu n’a pas les quatre pieds blancs mais aussi parce que le maire de la ville le déteste et a demandé, à lui commissaire Dubost, sans honte et sans pudeur « de charger la barque ». Or non seulement Caussidière a été harponné tout près de l’endroit où « l’agent Eyraud a cessé de respirer » mais aussi à deux pas de l’impasse de la Croix Courette où un drôle de type a été égorgé. Il est donc facile d’en faire un coupable même si un agent a vu l’assassin lever le bras droit alors que Caussidière est gaucher et qu’il a été prouvé que son arme n’avait pas de trace de sang mais d’oxyde de fer.
Reste à découvrir qui est ce drôle de type au « teint sombre sans être totalement noir ». Ce macchabée à la vue duquel une femme « jaillie de la file de badauds » s’est écriée « Mais, c’est Moembé ». Un citoyen couleur café affublé d’un drôle de manteau et attaché à une sacoche de cuir « qu’il protège comme un talisman. ». Pour l’assister dans son enquête et retrouver l’origine géographique de ce fantôme, le commissaire va avoir l’aide d’un jeune journaliste fervent admirateur de La Pérouse et de ses exploits dans le Pacifique. Un marin d’eau douce néanmoins plus coutumier des Rambertes que de l’Astrolabe.
Reste enfin à comprendre. A élucider pourquoi, lors de son interrogatoire, Caussidière a craché au nez du commissaire « Vous êtes le pantin du maire. Il lui faut un coupable et je sais pourquoi il s’acharne sur moi. »


Magazine littéraire en lien avec l'association de promotion de la lecture "Lire à Saint-Étienne".
