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Les Aubert du Petit-Thouars, une dynastie angevine à la conquête des océans

Les Aubert du Petit-Thouars, une dynastie angevine à la conquête des océans

Un article rédigé par Thomas Cauchebrais - RCF Anjou, le 1 juin 2026 - Modifié le 1 juin 2026
L'Anjou en héritageLes Petit-Thouars : une dynastie angevine au bout du monde

Originaires du château de Boumois, près de Saumur, les Aubert du Petit-Thouars ont marqué l'histoire maritime et scientifique française entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Botaniste, héros de guerre, explorateur et diplomate, trois membres de cette famille angevine ont porté leur nom aux quatre coins du monde, des côtes de l'océan Indien jusqu'aux rivages de Tahiti. 

De gauche à droite Aristide, son frère Louis-Marie et leur neveu Abel Aubert du Petit-ThouarsDe gauche à droite Aristide, son frère Louis-Marie et leur neveu Abel Aubert du Petit-Thouars

Certaines familles semblent avoir l'aventure dans le sang. C'est le cas des Aubert du Petit-Thouars. Installée au château de Boumois, près de Saumur, cette lignée d'origine poitevine s'enracine en Anjou avant de donner naissance à plusieurs figures remarquables de la marine, de l'exploration et des sciences. 

Pour l'historien Jean-Pierre Bois, les trois membres les plus célèbres de cette famille incarnent parfaitement l'esprit de leur époque, marqué par les grandes découvertes maritimes et les expéditions scientifiques. À la fin du XVIIIe siècle, la mer attire autant les militaires que les savants, désireux d'explorer des territoires encore méconnus et d'inscrire leur nom dans l'histoire. 

Louis-Marie, le botaniste voyageur

L'aîné des deux frères, Louis-Marie Aubert du Petit-Thouars, se passionne très tôt pour la botanique. Initialement attiré par la marine, il participe indirectement aux recherches lancées pour retrouver l'expédition disparue de La Pérouse, sans jamais parvenir à rejoindre véritablement la mission. 

Ses voyages le conduisent dans l'océan Indien, notamment à l'île Bourbon, aujourd'hui La Réunion, et à l'île de France, l'actuelle Maurice. Sur place, il entreprend un immense travail de collecte, d'identification et de classification des espèces végétales. Ses recherches donnent naissance à un herbier considérable qui contribue à l'essor de la botanique moderne. 

Au fil de ses expéditions, il rassemble des milliers de spécimens et participe à l'inventaire scientifique d'espèces encore inconnues des Européens. 

Aristide, héros de la bataille d'Aboukir

Son frère Aristide choisit quant à lui la carrière militaire. Après plusieurs campagnes navales contre les Britanniques, il s'illustre lors de la bataille d'Aboukir en 1798, au cours de la campagne d'Égypte de Bonaparte. 

Commandant du vaisseau Le Tonnant, Aristide Aubert du Petit-Thouars est grièvement blessé par un boulet de canon qui lui emporte une partie de la jambe. Malgré la douleur, il refuse d'abandonner son poste et continue à diriger son équipage. Conscient qu'il va mourir, il ordonne à ses marins de ne jamais abaisser le pavillon français, symbole de la reddition. 

Son attitude héroïque lui vaut d'entrer dans la légende de la marine française, même si la bataille se solde finalement par une victoire britannique. 

À Angers, son souvenir demeure encore aujourd'hui à travers une partie de la rue du Petit-Thouars, baptisée en référence à son engagement lors de la bataille d'Aboukir. 

Abel du Petit-Thouars, l'homme qui rattacha Tahiti à la France

Quelques décennies plus tard, leur neveu Abel Aubert du Petit-Thouars poursuit la tradition familiale. Officier de marine, il participe à de nombreuses missions d'exploration dans le Pacifique avant de jouer un rôle déterminant dans l'histoire de Tahiti. 

En 1842, sous le règne de Louis-Philippe, il obtient la signature d'un traité plaçant Tahiti sous protectorat français auprès de la reine Pomare IV. Cette initiative provoque rapidement des tensions diplomatiques avec le Royaume-Uni, dont les représentants tentent également d'étendre leur influence sur l'île. 

L'affaire manque de provoquer une grave crise entre Paris et Londres. Grâce à l'habileté diplomatique de François Guizot, les relations entre les deux puissances sont finalement préservées, tandis que la France conserve son influence sur Tahiti. 

Abel du Petit-Thouars poursuit ensuite une brillante carrière. Vice-amiral, membre de l'Académie des sciences puis député de Maine-et-Loire, il demeure l'une des grandes figures de l'expansion maritime française du XIXe siècle. 

© RCF Anjou
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'Anjou en héritage
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