Les années 60 : BB à l'assaut du monde
Au cœur des années 1960, l'actrice française accède au rang de mythe. Après le choc provoqué par "Et Dieu… créa la femme", Brigitte Bardot enchaîne les tournages avec les plus grands réalisateurs, de Henri-Georges Clouzot à Jean-Luc Godard en passant par Louis Malle. Star internationale, actrice dramatique, muse de la Nouvelle Vague et bientôt chanteuse, elle construit une carrière unique qui dépasse largement les frontières du cinéma français.
© StudioCanal presse. Aux côtés de Michel Piccoli dans Le Mépris, de Jean-Luc Godard en 1963.Une star mondiale
Au tournant des années 1960, Brigitte Bardot est déjà l'une des personnalités françaises les plus connues au monde. Le succès international d'Et Dieu… créa la femme (1956), réalisé par Roger Vadim, a fait d'elle un véritable phénomène de société. Hollywood s'intéresse à cette jeune actrice dont l'image de femme libre fascine le public américain. Elle participe ainsi à la superproduction Hélène de Troie, mise en scène par Robert Wise, où elle fait une première incursion dans le cinéma hollywoodien. Même si son rôle reste secondaire, cette expérience confirme son rayonnement international. Pourtant, Bardot ne cédera jamais aux sirènes des studios américains, préférant préserver son indépendance et poursuivre une carrière essentiellement européenne.
Des rôles plus exigeants où l'actrice va s'accomplir
L'année 1960 marque une étape essentielle avec La Vérité, film réalisé par Henri-Georges Clouzot, l'un des cinéastes les plus exigeants du cinéma français. Face à Paul Meurisse, Charles Vanel et Sami Frey, Brigitte Bardot interprète une jeune femme accusée de meurtre dans un procès où se mêlent passion, culpabilité et regard de la société. Le tournage est éprouvant, mais Clouzot révèle chez elle des qualités dramatiques jusque-là insoupçonnées. Deux ans plus tard, Louis Malle lui offre le rôle principal de Vie privée, une œuvre qui raconte le destin d'une star victime de sa propre célébrité. Une fiction qui fait étrangement écho à la vie de Bardot, alors poursuivie sans relâche par les photographes et la presse. C'est également dans ce film qu'elle interprète Sidonie, première étape d'une carrière de chanteuse appelée à prendre de l'ampleur.
Le Mépris, le chef-d'œuvre de la maturité
Le 20 décembre 1963, Brigitte Bardot surprend le public en acceptant de tourner avec Jean-Luc Godard, figure de proue de la Nouvelle Vague. Adapté d'un roman d'Alberto Moravia, Le Mépris réunit Michel Piccoli, Jack Palance et le réalisateur Fritz Lang dans son propre rôle. Sous l'objectif de Godard, Bardot abandonne son image de star solaire pour incarner Camille, une femme dont le couple se délite lentement. Accompagné de la musique inoubliable de Georges Delerue, le film divise à sa sortie avant de devenir l'un des plus grands classiques de l'histoire du cinéma. Cette collaboration marque un tournant majeur : Brigitte Bardot n'est plus seulement une vedette populaire, elle devient une actrice reconnue par les plus grands auteurs du septième art.
Icône au sommet de sa carrière
Au milieu des années 1960, Brigitte Bardot est au sommet de sa popularité. Elle retrouve Louis Malle dans Viva Maria ! (1965), où son duo avec Jeanne Moreau fait sensation, avant de s'essayer à la comédie d'espionnage dans Une Ravissante idiote, réalisée par Édouard Molinaro, avec Anthony Perkins. Hollywood continue également de lui ouvrir ses portes : en 1964, elle partage l'affiche avec James Stewart dans Dear Brigitte, réalisé par Henry Koster, une comédie qui joue avec son image de célébrité mondiale. Mais malgré cette reconnaissance internationale, Bardot demeure fidèle à son indépendance et refusera de s'installer durablement aux États-Unis.


"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.


