Les 30 jours qui ont mené à la Première Guerre mondiale
Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire d’Autriche-Hongrie est assassiné par un nationaliste serbe. Un mois plus tard, la guerre est déclarée. Romain Mauffrey, amateur d’histoire et de littérature raconte cet enchaînement fatidique dans Les hommes de juillet (éditions Hervé Chopin).
Romain Mauffrey ©RCF NOTRE DAMERomain Mauffrey travaille dans la finance mais est passionné d’histoire. Avant de s’intéresser précisément à la Première Guerre mondiale, il avait comme unique base ce qui est enseigné dans les manuels scolaires. Aujourd’hui, il estime que « la version qui nous a été donnée (...) est extrêmement simpliste, voire fausse ». Selon lui, « il n’y a aucune nécessité à traduire un assassinat par une déclaration de guerre ». D’autant plus que François-Ferdinand était, selon Romain Mauffrey, « un personnage secondaire » qu’il décrit comme peu apprécié de l’empereur et du peuple austro-hongrois. Et pourtant, un mois jour pour jour après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, l’empire d’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Quelques jours plus tard, l’Allemagne, la Russie, la France et la Grande-Bretagne entrent aussi en guerre. Une escalade qui s’explique par un enchaînement de « mauvais choix », selon Romain Mauffrey, notamment de la part de Raymond Poincaré, alors président de la République.
Raymond Poincaré aurait-il pu éviter la guerre ?
En juillet 1914, malgré les tensions qui agitent l’Europe, Raymond Poincaré part en croisière diplomatique en Russie et se coupe ainsi « des communications et du gouvernement de la France à une heure où la crise monte », explique Romain Mauffrey. Un choix qu’il a du mal à comprendre de la part de quelqu’un « d’une intelligence indiscutable ». Du côté de Raymond Poincaré et du gouvernement, faire ce voyage, c’est aussi envoyer un signal rassurant aux Français. Y renoncer serait leur faire sentir que la guerre est aux portes de l’Europe. Un autre point à souligner, selon Romain Mauffrey, est que Raymond Poincaré se sent apprécié en Russie et a sûrement « noué des liens avec le tsar et sa famille ». La Russie essaie, selon l’auteur des Hommes de juillet, « d’entraîner derrière elle la France », mais il estime que la France aurait pu « retenir le bras de la Russie » et ainsi éviter la Grande Guerre.


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