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Le manque de bénévoles menace-t-il les festivals morbihannais ?

Le manque de bénévoles menace-t-il les festivals morbihannais ?

Un article rédigé par Chloé Stevant - RCF Sud Bretagne, le 4 juin 2026 - Modifié le 5 juin 2026

À l’approche de l’été, les festivals se préparent en coulisses mais derrière les scènes et l’effervescence, plusieurs événements sont fragilisés, voire annulés comme le Carnaval de Ploërmel ou encore la Madone des motards. Le point commun entre eux : le manque de bénévoles. 

Le Festival international du film insulaire de Groix ne compte pour le moment que 90 bénévoles pour sa prochaine édition. © Joey Thompson - UnsplashLe Festival international du film insulaire de Groix ne compte pour le moment que 90 bénévoles pour sa prochaine édition. © Joey Thompson - Unsplash

Le festival de l’Accordéon à Augan n’aura pas lieu en 2026. Dans les locaux de l’association, l’atmosphère est marquée par cette décision difficile, prise après plusieurs départs au sein du bureau, qui ont fragilisé son organisation. "Les filles du bureau n’étaient plus que quatre", témoigne Édith Blanchard, ancienne coprésidente. Après avoir annoncé son départ, elle est finalement restée pour aider et accompagner la transition, sans reprendre ses fonctions.

La question se pose désormais de la suite à donner au projet. Pour l’ancienne coprésidente, le festival ne peut exister sans une présence active et régulière tout au long de l’année, bien au-delà du seul engagement le jour de l'évènement.

L’association cherche donc à se réorganiser et à se projeter autrement, avec l’idée de faire évoluer sa programmation. "On voudrait moderniser l’accordéon, ouvrir à d’autres instruments, proposer autre chose", explique Édith Blanchard.

Pour éviter que le rendez-vous ne s’essouffle, une première initiative est envisagée : réunir les anciens bénévoles et tenter d’en attirer de nouveaux. "Une soirée est prévue pour retrouver les gens et voir si une nouvelle génération veut s’impliquer", ajoute-t-elle. 

Même constat sur les îles

Le manque de bénévoles ne se joue pas seulement avant mais aussi le jour J. C’est notamment le cas du Festival international du film insulaire de Groix (FIFIG), qui mobilise habituellement entre 180 et 200 bénévoles pour assurer le bon déroulement de l’événement."L’année dernière, on avait presque tout bouclé en juin. Cette année, on est que 90", s’inquiète Mathieu Martin, coprésident, à deux mois des festivités. 

Une situation liée notamment à la localisation du FIFIG, organisé sur l'île de Groix. À cela s’ajoute un coût supplémentaire par rapport à des festivals situés sur le continent, notamment lié à la traversée maritime, mais aussi à l’hébergement des bénévoles. "Avant, on avait des réductions sur les traversées et le camping nous faisait moitié prix. Aujourd’hui, c’est beaucoup moins évident", affirme-t-il.  

Au-delà des coûts, la nature des missions proposées complique aussi le recrutement. Certaines tâches, moins visibles et plus contraignantes, peinent davantage à trouver preneurs. "On a des missions un peu moins cools comme la conciergerie ou le ménage, et forcément ça attire moins"

Mathieu Martin observe aussi une évolution dans l’engagement : "les gens viennent sur leur temps de vacances et n’ont pas forcément envie de passer leur temps sur ce type de tâches".

Des grands festivals moins touchés

Tous les événements ne sont toutefois pas confrontés aux mêmes difficultés. Pour la Fête du Bruit, à Saint-Nolff, l’appel aux bénévoles ne pose aujourd’hui pas de problème particulier."On travaille main dans la main avec des associations locales qui reviennent année après année", indique Baptiste Beauchamp, chargé de communication du festival.

Ce rendez-vous musical s’appuie en effet sur un réseau fidèle de bénévoles, au point que certaines demandes ne peuvent parfois pas être satisfaites faute de places disponibles. Au total, près de 950 personnes participent bénévolement à l’organisation, une mobilisation essentielle pour assurer l’ensemble des missions : montage, accueil du public, restauration, prévention…

Pour Baptiste Beauchamp, cette fidélité s’explique avant tout par le lien tissé dans la durée."On est vraiment sur une relation humaine avant d’être sur une relation de programmation", souligne-t-il.

Si les réalités diffèrent selon la taille et l’ancrage des événements, un constat reste partagé : sans bénévoles, aucun festival ne peut fonctionner. 

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