Le film de la semaine : La Bataille de Gaulle, d’Antonin Baudry
Que doit-on attendre du premier opus de "La Bataille de Gaulle" d’Antonin Baudry ? En salles à partir de ce mercredi 3 juin, il avait été présenté en avant-première au Festival de Cannes. Analyse de Valérie de Marnhac.
Affiche du film "La Bataille de Gaulle" ©DRLa première partie de "La Bataille de Gaulle" sort ce mercredi 3 juin au cinéma sur plus de 800 écrans, et sera suivie le 3 juillet prochain de l’épisode intitulé "J'écris ton nom".
Un portrait incarné de Charles de Gaulle
Le premier opus de "La Bataille de Gaulle" s’intitule "L’Age de fer" et a été projeté en avant-première au Festival de Cannes, juste après le film en compétition sur la Collaboration, "Notre Salut" d’Emmanuel Marre.
"La Bataille de Gaulle" en offre une sorte de contre-point. Aussi saisissant sur le fond que sur la forme, les deux films sont une illustration parfaite, s’il en était besoin, de l’importance du septième art pour éclairer notre passé.
"L’Age de fer" débute par une scène à la fois spectaculaire et rocambolesque qui donne le ton au film. C’est à la bataille de Moncornet, en mai 1940, que l’on découvre un caporal déterminé, imperturbable face au danger, et avec un brin de folie cachée sous une forme d’impénétrabilité.
Simon Abkarian, qui interprète le rôle-titre, est impressionnant, non pas de ressemblance physique mais de présence, par sa silhouette, ses postures et son ton de voix.
Entre rigueur historique et cinéma
Le film a été écrit à quatre mains par Antonin Baudry et sa femme Bérénice Vila, à partir d’une biographie anglaise de l’historien Julian T. Jackson, intitulée De Gaulle, une certaine idée de la France.
On est loin d’une hagiographie chauvine : le scénario a une liberté de ton et un humour en effet tout britannique, avec un vrai point de vue sur l’homme, réaliste, documenté. Plusieurs conseillers historiques ont d’ailleurs fait partie de l’aventure, dont J. Jackson.
Et c’est en même temps du très grand spectacle ! Antonin Baudry, est aussi le réalisateur du Chant du Loup. On se souvient de ses opérations secrètes à bord de sous-marins. Ici, il franchit un cap avec la reconstitution époustouflante de combats, notamment l’attaque par les Anglais du port de Dakar, ou la bataille de Bir-Hakeim, absolument épique !
Qu’apprend-on de nouveau dans ce film ?
J’avoue que je connaissais mal toute la partie africaine de la Seconde Guerre mondiale et comment tout a été préparé à partir de là.
Ce qui frappe, c’est le mélange de force et de fragilité de cet homme, ses doutes, ses échecs et sa détermination. En 1940, c’était un tout-nouveau général de brigade, totalement inconnu, mais qui portait en lui une haute idée de son pays, une foi en l’Homme, en Dieu, et en la Liberté, une valeur quasi-sacrée à ses yeux, qu’il place au-dessus de toute autre contingence. C’est beau, émouvant et exaltant.
Le film est aussi romanesque avec en parallèle – et je ne vous en dirai pas plus – l’histoire d’un jeune lycéen parisien qui entend l’appel du 18 juin et décide de rejoindre la Résistance.


Le mercredi c'est le jour où sortent les nouveaux films au cinéma. C'est aussi le jour pour écouter, à 8h45, La Chronique cinéma de Valérie de Marnhac !




